Mardi 30 décembre 2008

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        http://www.pakita-boudoir.com/images/dossiersbillets/lilas/lilas.jpghttp://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/L.gifilas a huit ans lorsque les allemands viennent occuper son pays, sa ville, son quartier.

Elle loge avec ses parents , ses deux frères et sa petite sœur, encore bébé dans un appartement de la rue de Genève, à  Annecy, juste en face de la caserne... où les allemands se sont installés souverainement.
Ce qui lui  fait peur tout d'abord, ce n'est pas tant ces hommes en uniformes que le fait que ses parents se soient mis à parler plus doucement... à presque chuchoter.
La nuit, elle entend sa mère pleurer...  Elle aimerait se lever et la consoler...  Mais elle n'ose pas.

La premier matin où, avec ses deux frères, elle reprend le chemin de l'école, elle réalise  que plus rien ne sera comme avant.  Elle a envie de demander à ses frères d'avancer plus vite, de se taire, d'arrêter de parler fort... Mais ils ne l'entendraient pas, occupés à n'être que des gosses...

Chaque fois, son cœur s'emballe  lorsqu'ils passent devant la caserne. Elle n'arrive plus à respirer ni  à marcher correctement. Elle gronde ses frères qui font les fiers devant ces soldats ennemis...  Le plus jeune, qui n'a que 6 ans tente d'imiter leur démarche en rigolant et l'autre grand nigaud qui a pourtant bientôt 10 ans, et qui devrait avoir plus de conscience, se tord de rire à son tour. 

Plus les jours passent, moins elle supporte cette insouciance qui pourtant semble bien faire rire les soldats allemands. Il vont parfois même jusqu'à passer une mains tendre sur la tête des garçons.  Pensent-ils à leurs propres enfants restés au pays ? Elle ne veut rien savoir. Elle les détestent... et détestent aussi ses frères de sourire à ces monstres et de l'obliger à vivre cela.

Ces frères la traitent de lâche, de pimbêche, d'emmerdeuse... Elle s'en fout...

Un matin,  n'y tenant plus, après deux ou trois avertissements, elle gifle le plus jeune. Immédiatement, un soldat vient sur elle en la grondant dans cette langue qu'elle a en horreur. Elle pleure, toute petite fille pleine d'incompréhension... avec l'envie de n'être plus de ce monde.
Ses frères courent déjà comme des lâches pour s'éloigner de la scène.
Lorsqu'elle se libère du "bourreau", elle ne prend pas le chemin de l'école mais retourne chez elle...  incapable de penser... incapable de comprendre.

Sa mère la console, la berce... ce qu'elle n'avait pas fait depuis bien longtemps.

Le soir, ses parents décident d'envoyer les trois aînés  à la campagne, chez la cousine de sa mère. Là-bas ils seront bien... en sécurité... et elle-même aura plus de temps à consacrer au travail et au bébé.

Commencent alors les plus beaux jours de sa vie dans ce village loin de la peur et loin du bruit... Il y a pleins d'enfants déjà ! Elle ne savait pas qu'elle avait autant de cousins et de cousines !

Même si sa tante est sévère, même si il y du travail à faire... elle est près de la nature, près des animaux. Et surtout... près de Paul, ce cousin dont immédiatement elle tombe éperdument amoureuse.

C'est un grand, il a déjà 11 ans ! mais il s'attache très vite à cette petite cousine de la ville, bien plus en vérité qu'à ses frères qu'il a du mal à supporter... le plus grand surtout qui semble croire qu'il en sait plus que tout le monde.

Paul et Lilas ne se quittent plus. Même à l'école qui n'a qu'une classe et qui n'enseigne que le matin... la plupart des enfants étant trop utiles à la ferme en ces temps de disette.

L'après-midi, ils vont dans les champs, surveiller les génisses ou les veaux. C'est à eux de s'occuper des œufs aussi... précieux trésor que la mère de Paul met sous clefs avec les billets et les bijoux.

Seules les nuits restent un cauchemar. Lilas n'arrive pas à se retenir de faire pipi. Chaque soir, elle passe de longs moments aux toilettes... Elle se retient de boire après le repas de midi. Plus une goutte, quoi qu'il arrive, même lorsque la chaleur du printemps, puis de l'été revient. Pour plus de précaution elle met le pot juste à côté de son lit... Mais invariablement, ses draps sont trempés à son réveil. Alors sa tante lui crie dessus, l'insulte, lui ordonne de laver ses saletés. Et son oncles et ses frères se moquent d''elle.

Mais Paul prend sa défense et vient l'aider à laver ce drap si lourd qu'il lui faudra ensuite essorer et étendre sur la corde en priant que le soleil de la journée suffira à le sécher, car il n'y en aura pas d'autre. 

Parce qu'il est là, avec elle... parce qu'il lui dit qu'il comprend, que ce n'est pas grave, qu'il va l'aider... parce qu'elle le croit... alors tout est supportable et déjà elle sait qu'elle l'aimera toute sa vie.

Elle reste 2 ans auprès de son cousin...  sans presque penser à ses parents qui viennent les voir de temps en temps avec sa petite sœur qui est si mignonne et qu'elle aurait aimé garder auprès d'elle. Mais sa mère n'arrive pas à s'en séparer... d'ailleurs, un autre bébé va bientôt arriver... et c'est la perspective de cet enfant à venir qui lui fait supporter l'idée de se séparer de Paul...  Elle croit sa mère qui lui dit qu'ils se reverront souvent... qu'ils viendront passer les vacances d'été et puis les fêtes de noël... Elle ne sait pas encore que les adultes adorent faire des promesses qu'ils ne tiendront pas.

 *** 

 

http://www.pakita-boudoir.com/images/dossiersbillets/lilas/lilas02.jpg     Elle a 17 ans...  Même si elle est un peu trop grande, elle est en réalité bien plus belle que ce que ses sœurs ne veulent admettre. Tout le monde se moque d'elle parce qu'elle croit en Dieu et que ses meilleures amies sont deux tantes religieuses...

Elle s'est forgé un caractère solide et se moque bien de tout ça.  D'ailleurs, elle veut elle aussi rentrer dans les ordres... mais ça mère, athée refuse obstinément.

Comme sa mère et ses frères, elle a régulièrement des aphtes qui lui gâchent bien des journées. Jusqu'à cet été 1951 où le médecin en comptera 37 à l'intérieur des joues, sur le palet, sur la langue, plus ceux qu'il ne peut pas voir mais qui  lui encombrent la gorge.  Elle ne peut plus manger et à peine boire.  La fièvre ne veut pas tomber, on va jusqu'à craindre pour sa vie.

Finalement, les médicament et le temps viennent à bout de cet enfer, mais Lilas est épuisée.  Sur les conseils du médecin, elle part en convalescence à la campagne... dans cette maison qui l'a abritée avec ses frères sous l'occupation.

      A sa grande déception, son cousin Paul, qu'elle n'a jamais revu depuis, n'est pas là. Il fait son service militaire dans les Alpes en tant que chasseur http://www.pakita-boudoir.com/images/dossiersbillets/lilas/lilas03.jpgalpin. Peut-être viendra-t-il en permission, mais ils ne savent jamais à l'avance.

Sa tante est toujours aussi rude, mais elles s'entendent bien. Elles se remémorent le passé en sirotant du thé. Elles arrivent même à parler des draps souillés en rigolant.   Pourtant, elle a eu un nouveau bébé il y a trois ans... mais il est gravement malade et ne survivra pas.   Son hydrocéphalie est très avancée et aucune opération n'a pu être effectuée.

Elle revoit aussi avec plaisir ses cousines. L'une d'elles vit encore ici, mais les deux aînées se sont mariées et vivent dans les grandes villes aux alentours. Elles reviennent le week-end pour aider leur mère qui souffre du dos et qui doit regarder, impuissante, l'agonie de son dernier né.

 Lilas se remets bien et il est presque temps de partir. Encore quelques jours et elle devra faire ses valises. Elle a mis à profit ces moments de calme et de solitude pour prendre sa décision. Quoi qu'on lui rétorque, elle sera religieuse. Elle sait que ses deux tantes parleront en sa faveur.

      Le dimanche suivant, alors qu'elle aide au repas, elle entend une moto se garer dans la cour.    http://www.pakita-boudoir.com/images/dossiersbillets/lilas/lilas04.jpg
Paul n'a que 3 jours de permission. Il a su par une de ses sœurs que Lilas était chez ses parents... alors il a fait le chemin.

Elle est encore plus belle que ce que sa sœur lui en a dit dans son courrier.  Grâce à sa fièvre aphteuse, elle a perdu les quelques kilos en trop qu'elle avait pourtant fini par accepter... et l'air de la campagne a encore accentué son côté Espagnole qu'elle tient de son arrière grand-mère.

Leur amour d'enfance se réveille instantanément...

Avant de partir rejoindre son unité, Paul fait un détour par Annecy pour demander la main de Lilas à son père.

Il avait pensé un temps s'installer dans les montagnes enneigées, avec son chien et ses skis...     mais il n'y a plus que Lilas qui compte aujourd'hui. De son côté, il n'est plus question pour elle de rejoindre les ordres.  Ne serait-ce pas pêcher finalement que de ne pas accepter cet amour qui entre dans sa vie ?

   http://www.pakita-boudoir.com/images/dossiersbillets/lilas/lilas05.jpgIls ont vécu 45 ans ensembles, amoureux comme au premier jour. 

Ils ont eu 5 enfants.
Je suis la dernière des 5.

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Lundi 29 décembre 2008

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     http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/C.gifomme je le remarquais lors des commentaires sur la vidéo  : "dans son monde",  je ne sais pas ce qu'une personne qui ne connait pas l'autisme, ou le connait mal, peut voir dans le comportement de notre enfant...

Aussi, pour mieux aider à la déchiffrer, je me permet de faire un petit résumé des signes qui sont traducteurs de son attitude et qui pourraient, heureusement, passer inaperçus.

* En premier lieu, remarquez comme il est important pour lui, dés qu'il est assis, de toucher le sol. Il n'y a que lorsqu'il est assis dans le coin qu'il s'en abstient, mais il a alors besoin de toucher les herbes et l'air afin de trouver un repaire.

* Ensuite, lorsqu'il marche avec son papa (c'est une scène hélas très rapide), il lui tient la main par l'intermédiaire de son lapin. C'est un bon compromis... qui permet de garder le contact en respectant son espace.

* Toujours avec Loup, lorsqu'il boit avidement son coca cola (ce fut une très belle journée),  regardez bien l'intensité de son regard juste après que Loup lui caresse tout doucement la joue. Il ne dit rien, ne tourne pas la tête, ne sourit pas... mais il ne recule pas non plus... et son regard semble plus brillant... plus heureux.
C'est ma scène préférée...  De plus, sur la vidéo initiale, j'ai aussi le regard de Loup plein d'amour... ce qui rend la scène magnifique.

* Ensuite, il est dans son lit et je veux m'approcher. Mais il me demande de sortir en me disant stop puis au-revoir avec sa main et il "s'enferme" sous son coussin. Cette époque du coussin a duré plusieurs mois...  A la fin, il lui en fallait trois. Nous passions le voir plusieurs fois dans la nuit afin de nous assurer qu'il pouvait respirer correctement.

* Lorsqu'il marche en équilibre sur le petit muret, il n'était pas préparé à être touché par les feuilles de l'arbre. Il réagit assez bien cela dit...  son jeu devait lui plaire suffisamment.

* A l'ordinateur, n'oubliez pas qu'il n'a alors que 3 ans et demi. Il est déjà un as à tous les jeux de voitures, motos et autres. Il sait installer un jeu, le désinstaller... chercher des nouvetés  sur le Net... comprend presque instantanément les consignes. C'est stupéfiant.
L'ordinateur lui a fait beaucoup de bien sur sa capacité d'attention et son apprentissage, car dépourvu de rapport affectif.

* Lorsqu'il est dans son bain (La baignoire est trop grande et le terrorise. Il faut une bassine à sa taille) , Théo est comme en sécurité... c'est là qu'il parlait le mieux... enfin... qu'il essayait de parler car à l'époque son langage était incompréhensible pour ceux qui ne vivait pas avec lui.
Nous avions édité un "dictionnaire Théo" d'une cinquantaine de mots...
Son langage était très beau... un peu comme celui de certaines tribus des indiens d'Amérique.

* Au dernier plan, on voit bien qu'il est tenté de me regarder... mais que c'est trop difficile. A plusieurs reprises  son regard glisse sur moi puis se détache.
Finalement (on ne le voit pas car j'ai coupé la séquence à ce moment là) il a préféré se lever et partir. Je l'ai laissé tranquille.

Voilà, ça fait un peu "explication de texte" et brise certainement la poésie qui pouvait s'échapper de ces instants sous la merveilleuse musique de Pat Metheny : "letter from home"... mais il m'a semblé important, pour que cette vidéo joue son rôle de témoignage, d'ajouter ces informations.

Il serait intéressant pour moi d'avoir vos remarques,  sur ce que vous aviez vu avant... et sur votre nouvelle vision.

 
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Dimanche 28 décembre 2008

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 été 2007

http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/I.gifl va si mal en ce moment que j'ai eu besoin de me raccrocher à ces images prises il y a un peu plus d'un an maintenant.

Je sais que la particularité des enfants autistes est d'enchaîner les phases de progression et celles de régression.
Mais, outre la peur que, peut-être,...cette fois-ci...  il y aurait autre chose...  Ces périodes de "repli sur soi"... de forteresse intérieure que décrivait si bien Bettelheim nous jettent à la face la solitude de notre enfant.

Sa mémoire phénoménale nous berne la plupart du temps... et nous avons beau savoir... il est presque impossible de toujours douter... ce serait l'enfer.
Alors nous croyons qu'il comprend. Nous croyons qu'il sait... enfin...Nous pensons partager avec lui... et qu'il sait pouvoir compter sur nous...

Et puis arrive une situation qui nous oblige à ne plus nier la réalité. Il ne comprend pas. C'est juste un schéma qu'il a appris par cœur. C'est juste des phrases qu'il sait qu'elles s'accolent la plupart du temps... C'est juste un remake d'une situation qu'il a mémorisée... Mais le concept est loin... et sa solitude... si présente.

Alors je regarde ces images et je lis sur son petit visage innocent qu'il n'est pas en danger dans sa solitude. Il nous ouvre la porte de temps en temps... lorsqu'il en a le courage... et nous donne quelques clés pour mieux le suivre.

Il y a des nuits, comme celle-ci, où je ne peux fermer les yeux... parce qu'alors la peur m'envahit... de le perdre... qu'ils nous perdent.

Que sommes-nous... parents d'un enfant tel que lui ?!  Qui semble directement lié à la terre... Directement lié au monde.
Sommes-nous dignes de lui ?
Je voudrais que notre amour immense pour lui suffise... je le voudrais tant.

 
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Vendredi 26 décembre 2008

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http://www.pakita-boudoir.com/images/illutrationbillets/lelangageducorps.jpghttp://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/I.gifl faut que je le dise franchement... je psychosomatise à fond depuis longtemps...
Chez moi, l'expression consacrée : le langage du corps, est à prendre au premier degré.
Le gros travail à faire, étant de ne pas tout mettre sous cette étiquette... et de séparer le psychologique du somatique... bonjours le boulot !
Et pour quoi faire ce travail ?
ben...  parce que...

Jusqu'à mes 10 ans environs, je crois avoir été une enfant sans problème de santé particulier... plutôt solide même.
Et puis, suite apparemment à une angine mal soignée, à l'apparition de streptocoques  et d'un  staphylocoque doré,  j'ai contracté un rhumatisme articulaire aigu accompagné par un léger problème cardiaque.
Pour la sportive que j'étais et pour la violoniste et pianiste, c'était une catastrophe.
J'ai été vue par une tripotée de médecins plus ou moins spécialistes, plus ou moins consciencieux, qui n'ont finalement eu qu'un seul point commun : n'avoir sur moi aucun résultat.
J'ai tenu à coup de corticoïdes, Pénicilline (très douloureuse en intramusculaire) et anti-inflammatoires... 
Mais... (ben oui, vous vous attendiez à quoi de ma part ? :-)
Même si j'ai des souvenirs de crises douloureuses et de séjours hospitaliers bien ennuyeux...  j'avais alors ma mère pour moi toute seule.
Ma mère... femme adorable au tempérament bien trempé, mériterait un ou plusieurs longs billets rien que pour elle... pour bientôt sûrement.
Elle a toujours aimé les bébés... les petits enfants... mais... allez savoir pourquoi (bon... j'avoue avoir une vague idée), à partir de 8 ou 9 ans, elle avait plus de mal. Non pas qu'elle nous délaissait !!! Bien au contraire !
Elle nous a tout donné de sa vie sans jamais s'en plaindre ! Elle n'a jamais faillit à sa tache... mais il y avait comme un détachement affectif... comme un espace infranchissable entre elle et nous... qui m'a personnellement beaucoup marquée à partir du moment où j'en ai pris conscience...
Mais lorsqu'on était malade ! Alors il n'y avait pas de mère plus tendre, plus attentionnée, plus patiente, plus présente.
Elle m'a accompagnée chez un nombre incroyable de médecins ! N'hésitant pas à faire pour cela des centaines de kilomètres en train ou en voiture afin de trouver le bon...  Nous avons même été jusqu'à consulter un soi-disant grand Ponte  à Londres ! 
Elle s'installait avec moi dans les chambres d'hôpitaux sur les pauvres lits de camps que invariablement on lui proposait...
Elle ne quittait pas la maison lorsque je devais rester alitée...
Elle arrivait dans les 5 minutes lorsque l'école puis le collège lui téléphonait pour qu'elle vienne me chercher.
C'est elle qui me faisait toutes mes piqûres, me prodiguait les soins des plus basiques au plus rébarbatifs.
Elle a été mon ange.
Pour autant, lorsque les crises me laissaient tranquille, elle ne s'est jamais opposée à ce que je vive librement, comme tous les autres. Sport, (sauf le volley rigoureusement interdit), violon, sorties avec les amis... il n'y avait aucune restriction.   En ce qui concerne cet état de fait particulier à mon enfance... ma mère a été parfaite.

Vers mes 17/18 ans environs, les crises se sont espacées puis ont quasiment disparu.
Je n'habitais plus chez ma mère depuis l'age de mes 16 ans... mes études musicales m'ayant poussée jusqu'à Lyon.
Mais j'ai souvent été embêtée par pleins de petits soucis mineurs...
Aphtes (avant un examen oral... souvent)...  céphalée (bien souvent lorsque je devais supporter la présence de personnes qui m'insupportaient justement)... maux de ventre (lors de la plupart de mes concours) etc etc...
Rien de bien remarquable... d'ailleurs, personne ne remarquait rien, moi compris à cette époque.
Jusqu'à ce qu'un jour, je tombe sur une lettre. Une lettre de mon premier mari... qui, l'ai-je finalement compris assez vite, ne m'était pas destinée...  Je laisse votre imagination faire son travail quant au sujet de cette lettre.
Le lendemain je tombe dans les pommes à cause d'une névrite optique (inflammation du nerf optique) qui m'a littéralement vrillé la tête.
Hospitalisation, batterie d'examens tant le douleur était intolérable... IRM, Scanner, EEG,  ponction lombaire (arggggg !) ...   Pour que finalement, au bout de 3 jours, la neurologue qui m'avait prise en charge (et en affection) me demande, assise sur le bord de mon lit, le regard plein de bienveillance, si je me rappelle avoir vu quelque chose de particulier... quelque chose qui m'aurait blessée ou fait du mal...
Je ne lui ai pas répondu. Mais je me suis posé mille questions ensuite. Comment savoir ?!

Retour à la maison.

Aux milles questions que je posais je n'avais aucune réponse.
Un jour, je m'en rappelle comme si c'était hier, j'ai dit :
" ça ne sert à rien que je te parle... ça ne fait rien avancer... ça te sert juste à mieux te servir de moi".
Le soir même j'étais aphone. Vraiment aphone ! Pas juste une petite extinction de voix qu'on attrape les lendemains de concert ou de manifestation ! Muette... plus un seul son.  Je n'ai retrouvé un filet de voix que deux ou trois jours après...
Que penser de ça ?!
Plus proche d'aujourd'hui, il y a presque 6 ans. Je me lève un matin et dit à Loup. "J'arrête de fumer".
Je prend mon paquet de cigarette et le jette à la poubelle. Loup me regarde comme si j'avais une tâche d'huile sur le nez et me demande ce qui m'arrive (je fume depuis que j'ai 15 ans non stop sauf pour les neuf mois de mes grossesses respectives)
Je lui réponds que je me suis levée avec le dégoût de la cigarette. Que je n'en veux plus. Trois semaines après, j'apprends que je suis enceinte... 
etc etc...
Bon... je fais quoi de tout ça moi ? Hein ?
Je m'en accommode ? J'en rigole ? Je relativise ?
Mais lorsque, comme en ce moment par exemple...  une bronchite résiste depuis fin août à des doses incroyables d'antibiotiques, corticoïdes et autres traitements... je dois en tirer quoi comme conclusion ?
Lorsque mon ventre me tiraille... mon dos se coince... mes yeux se collent... hein ?  Sans raison apparente ...
Oui... je sais... la poule et l'œuf... je connais.  Pourquoi pas...
Mais je sais bien... tout au fond de moi... que mon corps est honnête... et qu'il me parle.

 


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Mardi 16 décembre 2008

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http://www.pakita-boudoir.com/images/dossiersbillets/avecmesfils/avecmesfilsinvitesdeletang02.jpghttp://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/I.gifl est une question...  Une pensée... qui m'est primordiale, et qui, en chaque chose s'installe et s'affirme.
Quel est le sens de notre vie ?


Je suis athée,   j'ai donc toujours à l'esprit que c'est le sens que nous donnons à notre propre vie qui en fait son entière valeur et non un dessin divin.

Mais... l'individu n'est pas seul.

Il est un au milieu de tous.

Il est un au milieu de tout et son existence en est entièrement transformée, entourée… pour ne pas dire définie.

Je refuse de croire que nous sommes le seul fruit de notre inné pas plus que je ne peux admettre que nous ne soyons que le résultat de notre éducation, même si indéniablement ces deux facteurs sont importants.

Je pense que chacun se forge en soi, faisant à chaque passes propres choix. Qu’il ait décidé d’être bon, mauvais, ou seulement médiocre ne dépendra que de son courage, de sa valeur, de son envie… et n’influencera pas forcément sur son bonheur… hélas…

Il y a bien longtemps que je ne crois plus au mérite.

Ainsi, et je sais que chacun en connaît dans son entourage... j'ai croisé et côtoyé des gens merveilleux issus de milieu infâmes ou même orphelins (mon loup vient un peu des deux) et à l'inverse des individus à l'âme quasi repoussante qui avaient pourtant grandit dans des familles tout à fait honorables et méritantes...
Il y a des gens bien au milieu des tas d'ordures de Bogota et des violeurs chez les bourgeois ! Point barre...

Alors quoi ?!  Puisque (toujours selon ma posture) il n'y a pas de Paradis, pas d'enfer, pas de punition ou récompense, pas de rédemption possible si ce n'est terrestre...  Quoi ???
Les criminels récompensés ? Il y en a toujours eu et je ne vois pas les choses évoluer dans le meilleur sens...
Les gens biens, condamnés et piétinés ? Impossible de les compter tant ils peuplent la planète...
Les enfants en souffrance, les femmes violentées, les hommes bafoués, fatigués,humiliés…
Les Surpuissants, riches, oisifs, méprisants... encore... toujours...

Les vicieux, les sadiques, les salauds… face aux gentils, naïfs,inoffensifs…

Qu'est qui fait que nous tenons toujours la rampe... que nous ne cédons pas au mal... que le bien garde encore son attrait ? Lorsqu'il n'y a pas la loi...lorsqu'il n'y a pas l'église ???

Le sens de la vie...

Car sinon, à quoi bon ?

Je crois en l'humain... Je crois en la capacité (à ne pas confondre avec volonté) de l'homme à surpasser son état animal. A organiser sa pensée afin de devenir cet animal social qui fait toute la différence.
Je crois qu’une minorité de "bons" peut sauver un peuple tout entier... Nous n'avons qu'à nous retourner un peu... juste un peu... et constater le travail d'une poignée contre l'oppression permanente...
Combien de résistants pour tant de collabo ! Combien de "citoyens"pour tant de "troupeaux"...

Le sens de la vie...

Nous ne sommes pas égaux (si ce n'est en droit bien sûr)... Nous n'avons donc pas tous les mêmes devoirs.
Que ceux qui peuvent le fassent. Que ceux qui savent l'enseignent. Que ceux qui veulent accèdent. Que ceux qui n'en peuvent plus se reposent. Que ceux qui hésitent attendent... et viennent. Ne laissons pas tomber les plus faibles aufond des ruisseaux… n’oublions pas les lents, les maladroits, les insoucieux !Ne brutalisons pas les âmes en devenir.
Le respect de la différence, de la pluralité, de la diversité... de l'humanité.

Comme s'organisaient les cités Grecs, regardons ce que chacun vaut et ce que chacun est... et trouvons lui la place qui convienne autant à lui qu'à la société !
Le fort au charbon, la douce à la couture, l'intellectuel au livre, l'artiste sur scène, l'enfant dans la cour, le beau au yeux de tous, et le laid aussi,pour qu'ils s'accordent... Et qu’ils changent quand bon leur plaisent !

Le sens de la vie...

Parce que la souffrance est une invention de l'homme sur l'homme... parce que la souffrance, lorsqu'on a cette capacité d'adaptation ... cette force d'action, de pensée, d'évolution...  est absolument... définitivement intolérable !
Parce qu'un seul homme qui serait heureux grâce au malheur d'un autre est une idée à châtier !
Parce que le bonheur aujourd'hui devrait être impossible puisque nous savons qu'ailleurs l'enfer est sur terre !
Parce que le monde est une insulte... parce que l'homme est une insulte au monde...

Le sens de la vie... 

Je ne suis pas juste une goutte d'eau. Je ne suis pas cette minuscule tache sur la terre. Je ne suis pas insignifiante.
Je suis le premier pas, la première goutte, le premier souffle... celui qui peu rejoindre à tous moments d'autres premiers pas, d'autres premières gouttes, d'autres premiers souffles... pour former à nouveau le visage du monde... humain.
En cela, il en serait être question que je me sente exonérée de mes responsabilités. Mon entière responsabilité.
C'est à cette seule condition que je pourrais prétendre réclamer la liberté.
C'est la seule raison que je peux donner à la vie.

 Quoi qu'il en soit...c'est la seule que je donne à ma vie.

 
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