Mardi 28 février 2012

44 commentaires

http://www.pakita-boudoir.com/images/illutrationbillets/torturedentaire.jpg   http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/J.gife vous ai déjà parlé de ma phobie du dentiste ?
Enfin, je sais que le mot phobie est employé un peu à toute les sauces, comme le mot autisme, ou populisme.
Alors disons pour être plus constructive que j’ai une peur irrationnelle des dentistes.
Euh… irrationnelle ?
Pardon de titiller ainsi sur les termes, mais depuis que vous me lisez, vous savez comme j’aime les mots, comme j’aime leur capacité à dire la vérité, à dénicher les nuances.
Ma peur des dentistes n’est pas irrationnelle en vérité. Elle a une histoire.
 
J’ai passé quasiment tous les mercredis de mon enfance chez le dentiste à me faire charcuter.
Madame Bouvey, paix à son âme,  était une femme charmante, mais une dentiste déplorable qui m’a fait souffrir de toutes les manières possibles.
Anti anesthésie pour des raisons que je n’ai jamais comprises. Perte de temps disait-elle, la piqûre te fera aussi mal que ce que je vais te faire à ta dent, ce qui était absolument faux bien sûr !
Elle forçait sur ma mâchoire du bas pour la maintenir ouverte et devant mes larmes silencieuses riait gentiment en disant que j’étais une petite fille bien douillette ma foi ! Que pourtant je n’en avais pas l’air, elle semblait étonnée.
Elle avait une conception de l’hygiène tout de ce qu’il y avait de plus personnelle, travaillant sans gants, sans prendre la peine de se laver les mains alors qu’elle venait de farfouiller dans ses papiers ou pire se gratter le cuir chevelu qui semblait vouloir la démanger sans cesse.
Elle avait un péché mignon et mangeait sans arrêt des tropézienne. Vous savez , ces gâteaux remplis de crème pâtissière ! Il lui en restait tout le temps sur le coin de la lèvre et ça m’obsédait littéralement. Parfois elle en ramassait un petit bout avec son index qu’elle fourrait dans sa bouche d’un air gourmand et elle revenait dans ma bouche sans s’imaginer que j’avais envie de hurler, de pleurer, de la mordre, de m’évanouir.
Elle me remplissait la bouche d’un nombre hallucinant de cotons parce qu’elle détestait la bave ! « Ah ! Que je déteste la bave !! Mais pourquoi j’ai fait dentiste » ?  disait-elle à tout propos en rigolant.
Et moi j’aurais voulu lui demander effectivement pourquoi, mais je ne pouvais pas, parce que toute mon attention était retenue par mes efforts désespérés pour respirer avec ces dizaines de rouleaux de coton dans la bouche.
Je la voyais alors avec horreur sortir sa crème pour les mains.
« Avec tout ça, j’ai les mains toutes sèches ! C’est douloureux » ! Et de se badigeonner les mains avec cette crème au citron que je haïssais plus que tout. Elle recommençait alors à fourrager dans ma bouche et cette odeur de crème au citron me donnait envie de vomir.

Pendant que ma mère prenait le rendez-vous suivant, cette drôle de petite bonne femme m’offrait une sucette pour me récompenser d’avoir été bien sage, traduisez, d’avoir subi sa torture sans lui avoir bouffé un doigt.  Une sucette, bien sucrée, bien grosse, au caramel la plupart du temps et personne ne trouvait rien à redire.  Et moi, comme une conne, je la bouffais sa sucette à la con !
 
Lorsque j’ai été en âge de tenir tête à ma mère, j’ai refusé tous les rendez-vous chez cette femme. Je savais que plus jamais je n’accepterais d’ouvrir la bouche devant elle. J’ai pris l’habitude de ne plus parler de mes caries. Même lorsque j’avais mal à en pleurer, je me taisais en espérant que ça passerait le plus vite possible.
 
Alors que j’avais 14 ans et que nous étions à Paris ma mère et moi pour rendre visite à un rhumatologue,  j’ai eu un abcès dentaire de la taille d’une balle de golf. Elle m’a emmenée chez le premier dentiste venu qui, horrifié m’a retiré une couronne qui, a-t-il dit, avait été posée en dépit du bon sens sur une dent cariée ! Une couronne en or qu’il a gardée bien sûr… au prix de l’or, pourquoi se gêner !
 
Une fois adulte j’ai pris l’habitude de nier tous les problèmes dentaires. Je n’ai jamais pu emmener mes enfants chez le dentiste,  je ne pouvais même pas leur prendre de rendez-vous.C'est devenu un sujet à éviter devant moi.  
J’ai tenté une fois ou deux d’aller chez le dentiste pour des caries un peu insistantes, mais prise de vertiges devant la porte d’entrée j’ai rebroussé chemin, tremblante et désespérée.
Et puis le destin qui parfois est un drôle de rigolo, ou un sale con, ça dépend comment on décide de prendre la chose à fait que mon ex-mari a décidé de prendre pour maîtresse une dentiste.
Je vous passe les détails croustillants qui n’ont rien à faire avec ce billet du jour, mais vous admettrez qu’il y a de quoi rire non ? En fait non, j’avoue, je n’ai pas ri.
J’ai fini par péter le nez de cette fille qui venait me faire des leçons de morale chez moi et j’ai eu le sentiment, cela faisant, que je me vengeais de tous les dentistes qui m’avaient fait souffrir auparavant. Au passage je me suis cassé deux doigts, mais j’étais tellement en rage que je n’ai quasiment rien senti. C'est la seule fois de ma vie où j'ai frappé quelqu'un et encore aujourd'hui, je n'ai aucun regret à ce sujet. En fait si, j'ai un regret, celui de ne pas lui avoir cassé également une dent ou deux, j'aurais trouvé ça juste.
 
Alors que je venais de me séparer de mon mari justement, j’ai eu de telles douleurs dentaires que je n’ai pas pu faire autrement que d’ouvrir à nouveau la porte d’un cabinet dentaire.
D’après ma mère cet homme-là  était merveilleux, il ne faisait pas mal, il était rassurant, il connaissait son travail.
Et moi comme une conne, j’ai oublié que c’était ma mère qui m’amenait chez cette madame Bouvey, qui faisait alors partie de ses amies.
 
J’ai eu droit à 6 mois de torture en règle.
Arrachage de dents presque sans anesthésie locale, greffe de gencive à la mode boucherie, et pour couronner le tout, parait-il que mes dents risquaient de tomber les unes après les autres parce que je faisais de l’ostéonécrose. Mais que je ne m’inquiète pas !! Il avait la solution. Il fallait tout simplement traumatiser l’os pour l’obliger à réagir. Pas con, hein ? Pourquoi n'y avoir pas penser avant ?
Et voilà ce cher monsieur (j’ai décidé ce jour-là de ne plus le considérer comme un dentiste) a sorti de sa trousse une espèce de burin assorti à ce qu’il faut bien qualifier de marteau et à commencer à taper sur l’os qu’il venait de mettre à vif. Je précise que c’était la mâchoire du haut et que je souffrais à l’époque de sinusites chroniques. Ce n’est pas que je veuille en rajouter à tout prix hein ? Mais j’aime bien que les choses soient dites.
Ah, ça, il l’a bien traumatisé mon os !! Et pas que lui je vais vous dire !
Mais il a été gentil, il m’a laissé rentrer chez moi après ça.
Je suis restée assise une heure sur les marches des escaliers, juste devant sa porte, pleurant comme un bébé. Puis je suis allée au café du coin téléphoner à ma mère pour qu’elle vienne me chercher. Je n’étais absolument pas en état de rentrer toute seule.
J’ai eu 5 jours de fièvre suite à cette séance.
 
Je suis retourné voir ce boucher quelques semaines après pour régler ce que je lui devais et lui dire qu’en ce qui me concernait il n’aurait plus l’occasion de fourrager dans ma bouche.
Il m’a demandé 3 000 euros pour un implant, une greffe et une séance de torture et m’a souhaité de bonnes vacances.
J’ai encore pris la peine de lui faire remarquer que mes vacances en l’occurrence se trouvaient sur son bureau sous forme d’un chèque d’un montant quasi insultant et j’ai claqué sa porte dans un dernier geste de révolte.
 
C’était en 2000. Je ne suis plus jamais retourné chez le dentiste.
Chaque années mes dents qui, malgré toutes les séances subies durant mon enfance, malgré le soin particulier que je leur apporte quotidiennement et ce depuis toujours, sont décidément incapables de rester dans ma bouche en état de fonctionner. Elles se cassent, se brisent, se vident, s’arrachent.

J’ai fermé les yeux lorsqu’une dent du fond est tombée, entrainant celle d’à côté qui avait servi à faire le bridge. J’ai un peu râlé mais pas trop lorsque l’implant qui m’a coûté un bras est tombé à son tour. Je n’ai presque rien dit lorsqu’une dent, puis deux, puis trois se sont ouvertes en 4 comme une fleur pour tomber par petit bout sur ma langue.
Et puis les dents de devant s’y sont mise. J’ai appris à rire moins fort, à ne plus sourire à tous propos. J’ai appris à choisir un pain plus mou, à ne plus manger de sandwich. J’ai fait une croix sur les sucreries et les chewing-gum.
Mais une pomme est venue à bout d’une autre et finalement en fin d’année, une bête petite noisette qui me faisait de l’œil depuis plusieurs heures a cassé la dernière.
Bilan.
8 dents en moins, cassées en deux en trois, entièrement, avec ou sans racine, je ne sais plus.
Ai-je besoin de vous parler des douleurs qui vont avec ? Honnêtement je ne crois pas.
Et pourtant, toujours pas de dentiste.
 
Je vous ai déjà dit que nous étions restés 5 ans sans avoir accès aux soins ?
Je ne sais pas ce qu’il en aurait été si ça n’avait pas été le cas. Aurais-je finalement pris le chemin d’un cabinet dentaire avant d’en arriver là ? Oui, non, je ne veux pas me mentir. Je n’en sais rien.
 Car depuis presqu’un an, nous avons retrouvé une couverture mutuelle et pour autant je n’y suis pas retournée alors qu’entretemps j’ai perdu 4 dents de plus.
 
Et puis voilà.
J’y suis allée ce matin.
La peur au ventre, après une semaine à ne penser qu’à ça, après plusieurs nuits d’insomnie, la tête en vrac. J’y suis allée.
Je voulais un devis, savoir ce qu’il en était, connaître l’étendue des dégâts, me pencher sur d’éventuelles solutions, franchir le premier pas, me dire que j’étais encore capable .
Je suis allée à un centre mutualiste histoire de rester dans des prix abordables. N’oublions pas qu’après 6 années de RMI nous venons à peine de retrouver un salaire. On ne va pas non plus pouvoir payer l’équivalent d’une Porsche pour me refaire la bouche !
 
Première victoire, j’ouvre la porte. Je ne m’effondre pas, je ne pleure pas, je ne tremble même pas. J'ai juste fermement serré dans ma main droite ma ventoline et dans ma main gauche une petite boite de lexomil.
La secrétaire est adorable. Elle comprend ce que je lui explique en deux mots. Rupture de soin + phobie = situation actuelle.
Le dentiste est gentil également. Il fait attention à moi, regarde dans ma bouche sans me faire la morale sans me demander toutes les 5 secondes comment j’ai pu me laisser aller comme ça.
J’en suis même venue à me demander si j’étais la seule dans ce cas-là. Vue la conjoncture et la dégradation des soins en France actuellement, il a peut-être, hélas, l’occasion d’en voir des comme moi, que le système de santé a bien fracassé.
Il décide de faire une radio puis m’ouvre à nouveau la bouche et me dit, laconique :
« Bon ben, on va pas pouvoir récupérer grand-chose. Même les dents qui sont encore là devront être arrachées. Elles tiennent à peine.
Je vais vous faire un devis pour 2 appareils dentaires. Ne vous inquiétez pas ! Ce sont des petits appareils, légers, facile à porter. »
Et il me plante là le temps de rédiger un devis.
Je retourne dans la salle d’attente bondée. J’ai quelques minutes rien qu’à moi pour me maudire d’avoir attendu d’en être arrivée au point de non-retour.
Finalement il va devoir remplacer 12 dents et m’installer deux appareils (cessons la langue de bois un moment, nous parlons bien là de dentier, ok ?) avec 7 dents en bas et 5 en haut, le tout pour 1600 euros prise en charge déduite.
Je ressors sans rien dire. Je m’installe dans la voiture. Le soleil est éclatant, j’entends les oiseaux se réapproprier le ciel. L’hiver semble abdiquer tout simplement.
Je m’interdis de pleurer. C’est trop tard, je ne veux pas faire semblant d’être étonnée.
Je m’interdis de penser. Mais ça bien sûr, je ne sais pas faire.
½ heure de voiture et je retrouve Loup. Comme une petite fille, je sais que je ne peux pas accuser le coup toute seule. J’ai besoin de lui.
 
Seulement à la maison, devant un café, Loup à mes côtés, je réalise qu’il ne m’a même pas proposé d’implants. Dans sa tête j’étais CMU (pour encore 1 mois, ensuite il va falloir payer une mutuelle) et les implants n’étaient pas à portée de ma bourse. Il a décidé à ma place.
J’ai pris le recul nécessaire, ma peur s’éloignant, mon angoisse au loin.
Ne reste que la lucidité qui parfois fait plus mal que tout le reste.
Aussi gentil soit-il, ce dentiste n’en a rien eu à faire de moi finalement.
 
Nous avons suffisamment feuilleté le Net Loup et moi à la recherche de documentation pour savoir que les dentistes font leur beurre sur les appareillages qu’ils facturent une fortune, tout ça pour pouvoir proposer des implants à ceux qui en ont les moyens à des prix un peu plus abordables, quoi que véritablement intolérables.
Peut-être que je n’ai effectivement pas les moyen de me payer des implants, mais n’aurait-il pas dû m’en parler tout de même ? Est-ce que la pauvreté fait de nous des êtres dénués de choix ?
Car pour les dents de devant, même la caisse d’assurance maladie admet les remboursements.
 
Je ne sais pas. Je suis fatiguée.
Jeudi après-midi je vais à Annecy consulter un autre dentiste pour avoir un autre avis.
Je vous dis d’où je connais ce dentiste ?
J’hésite.
C’est le dentiste de ma mère. Un gars bien m’a-t-elle dit ! Tu verras, il est adorable.
Je n'en reviens pas d'arriver encore à en rire.
Mais il faut dire que  ma mère est adorable, je sais qu’elle veut m’aider. Elle m’a dit qu’elle m’aiderait à payer les factures, qu’elle ne me laisserait jamais tomber.
Elle sait que cette phobie est née des séances de l’enfance. Elle sait que ma peur est rationnelle justement. Elle sait que j’ai subi des douleurs durant mon enfance sans jamais me plaindre, elle sait ce que Loup et moi venons de traverser. Elle sait la complexité de ma vie. Je sais qu’elle ne me juge pas, qu’elle est juste désolée pour moi. Ma mère qui est à mes côtés comme lorsque j’étais enfant et que les rhumatismes ruinaient ma vie.
 
Je ne sais pas où je vais mais voilà j’y suis.
Et c’est bête, mais ce qui pointe au-delà de la peur, de la douleur, de la rage aussi, c’est un peu de fierté.
Je vous tiens au courant bien sûr !  http://www.pakita-boudoir.com/images/gif/smileydentaire.png
 
 
http://www.pakita-boudoir.com/images/photospourdeco/signature.gif      http://www.pakita-boudoir.com/images/photospourdeco/moutons2.gif










Mercredi 22 février 2012

50 commentaires

http://www.pakita-boudoir.com/images/illutrationbillets/11.png  http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/B.gifon ben, je suppose que c'est le retour du soleil qui veut ça, mais je sens comme une odeur de tags depuis un moment sur la blogosphère.
J'en ai évité quelques-uns, hop, un petit déhanchement à droite, hop, un petit pas chassé sur la gauche, mais je ne pouvais pas non plus prétendre passer à travers jusqu'à l'été !!!

Bienbienbien, c'est donc ma super pote Caly qui me tague aujourd'hui
C'est pas bien compliqué puisqu'il n'y a qu'à répondre aux 11 questions, c'est pas cool ça ?
Bon, ensuite il faut inventer 11 nouvelles questions, ça c'est déjà un peu moins cool !
Et ensuite taguer 11 nouvelles personnes.

***
Donc, pour commencer les 11 questions de Caly

1. Quelle superstition vous accordez-vous ?

    -  Je ne suis pas superstitieuse, ça porte malheur ! :-)

2.  Le premier film vu au cinéma...  Quel souvenir en gardez-vous ?
   - C'était "20 000 lieues sous les mers".  J'avais 8 ans et j'étais avec ma mère. C'était au cinéma du Casino à Annecy, détruit depuis. Un cinéma fantastique, à l'ancienne, avec des rideaux, un balcon, une ouvreuse en petite tenue. C'était tellement magique que je ne l'ai jamais oublié.

3. Quelle chanson n'êtes-vous pas très fière d'adorer ?
   - J'adore "Santa Baby" de Kylie Minogue, tiens, d'ailleurs je vais me le mettre le temps de répondre à ce tag.


4. Votre dernier fou-rire ?  A quel propos ?
   - Il y a à peu près 2 mois, avec ma mère, ma fille Fanny et mon fils Harold. Nous jouions au yam's et le fou-rire a duré si longtemps que je n'arrivais même plus à respirer. Un grand bol d'air malgré tout !

5. Histoire ou géographie !
   -
Histoire, j'aime savoir qui a fait quoi dans ce grand merdier général.

6. Si la réincarnation devait exister, quelle personne célèbre (ou non) aimeriez-vous avoir été ?
   - J'aimerais être le père de Loup, pour ne pas l'abandonner.

7.  Votre chiffre préféré.  Que vous évoque-t-il ?
Le 8. Je suis née le 8/8/64... 8 X 8 = 64.

8. On est entre nous, vous pouvez bien me le dire...  croyez-vous aux extraterrestres ? Aux fantômes ? Au Yéti ?  Justifiez-vous...
   -
Non, vraiment, décidément je ne crois en rien de tout ça, pourtant ce serait drôle ! Mais j'aime les livres et les films qui en parlent, quand ils sont bien faits. D'ailleurs, j'ai le X de "XFiles" tatoué sur l'épaule gauche.
Par contre je crois à certains "pouvoirs" particuliers en l'humain, genre télékinésie ou même, pourquoi pas, une certaine forme de télépathie. Je pense qu'il y a en l'homme bien plus qu'il ne le soupçonne.

9. Le dernier livre lu ?
J'en suis au troisième tome de la trilogie "millénium". C'est un pur bijou, je le conseille à tous ! Et puis regardez les trois films tirés du livre. Les films Suédois !!! et non pas cette sous-merde américaine qu'ils sont en train de nous balancer.

10.  Quel métier vouliez-vous faire enfant ?  Quel métier aimeriez-vous exercer à présent ?
   - Enfant je voulais être écrivain. J'écrivais des heures et des heures et quand je n'écrivais pas je lisais. J'étais persuadée que je n'aurais aucun problème pour écrire des romans passionnants. J'ai assuré à mes parents que je ne voudrais rien faire d'autre jusqu'à mes 15 ans. Là, il a bien fallut se rendre compte que je n'avais pas le caractère qu'il fallait pour poursuivre mes études et j'ai pris la filière musicale. Je voulais également m'occuper des animaux, mais je ne savais pas vraiment comment, n'ayant pas les moyens de devenir vétérinaire.
Aujourd'hui je voudrais m'occuper des animaux. Les étudier, les comprendre, les protéger. Je pense sincèrement que c'était ma voie. Que j'aurais été infiniment plus heureuse avec les animaux, quels qu'ils soient, que dans le monde de la musique classique où je ne me suis jamais senti à ma place.
 Là, si j'avais de l'argent et pas un fils autiste à charge, j'irais au Japon pour aider les associations à récupérer tous les animaux isolés depuis le tsunami.

11. Quelle phrase aimeriez-vous taguer sur un mur ?
   - "Vos lois ne sont pas nos règles"
et également
   - "Ce n'est pas au peuple d'avoir peur de son gouvernement, mais au gouvernement d'avoir peur de son peuple".


***
Et les onze questions que je propose :

1. Une proposition de loi pour arranger l'état du pays.
2. Quel grand évènement vous a le plus marqué (tant qu'à faire, un évènement de votre vivant).
3. Quelque chose d'étrange qui vous est arrivé, enfant, adulte, que vous n'avez peut-être jamais raconté ! ou un rêve à défaut.
4. Votre plus grande peur.
5. Et votre plus grand bonheur.
6. Quel était votre style lorsque vous étiez étudiant ? Baba cool ? Classique ? sportif ?
7. Êtes-vous bordélique ou hyper ordonné ?
8. Décrivez votre matinée type de votre réveil jusqu'au petit déjeuner.
9. Quel est votre plus grand regret.
10. Quel est votre rêve le plus réalisable. 
11. Expliquez le nom de votre blog  (Et pour ceux qui n'en n'ont pas, comment l'appelleriez-vous et pourquoi) ?

Je tague donc Angèle, Ella B. Débla, Manon, Nath, El Canardo, Mia, LN, Corinne. Françoise et la demoiselle 57
Et tous ceux qui veulent bien sûr. Pour les sans blog fixe, vous pouvez répondre dans les commentaires.



http://www.pakita-boudoir.com/images/photospourdeco/signature.gif       http://www.pakita-boudoir.com/images/photospourdeco/moutons2.gif












Jeudi 16 février 2012

58 commentaires

   http://www.pakita-boudoir.com/images/illutrationbillets/lesmenteurs.jpg* édit du 17 en fin de billet

http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/L.gife soir, lorsque je me couche et que le sommeil ne veut pas de moi, je pense à mon enfance, à ce qu’il y avait de beau.
Je me dis : Tiens, et si je parlais au boudoir des jeux que je faisais avec mon frère ! Ou bien des moments particuliers avec mon père ?
Je pense à mon père. Je réalise que j’ai tant à dire sur lui, qu’il me manque terriblement.
J’ai des centaines de souvenirs qui pourraient chacun d’eux faire le sujet d’un billet, pour peu que je l’accompagne de ce qu’il a pu symboliser dans ma vie, ou ce qu’il a construit au final dans ma personnalité.
 
Le lendemain je me retrouve face à ma page, j’écris quelques lignes. :
- Quand j’étais petite, j’avais un arbre. On l’appelait : l’arbre de pakita….
Et puis mes souvenirs s’étiolent et j’ai comme un mauvais goût dans mon cœur. Ça ne se dit pas… c’est pourtant comme ça que je le ressens.
Alors je me tourne vers mon père :
- Mon père était le 5 ème d’une famille de 8 enfants… il n’a pas fait d’études, l’argent ayant été dépensé pour celles de ses frères aînés…
Et puis je me rends compte de ce n’est pas de ça dont je veux parler à propos de mon père. Alors j'essaye à nouveau :
- Mon père était souvent absent à cause de son travail. Parti tôt, rentré tard, souvent fatigué… Et pourtant il était là, bien là. Il était tendre, mais pas tant que ça finalement. Enfin, il était tendre avec moi, c’est vrai, parce que j’étais la petite dernière et que je m’invitais sur ses genoux à la moindre occasion sans lui demander son avis…
Et puis les souvenirs s’évanouissent à leur tour.
 
Que se passe-t-il dans ma mémoire pour qu’ainsi elle me fasse faux bond ?
J’ai de la mémoire, plus que beaucoup de gens autour de moi. Je sais me souvenir d’évènements remontant à loin, très loin. Je me rappelle des discutions, des mots employés, des livres que j'ai lus, des films que j'ai vus, des dates, des noms. Oui, j’ai une très bonne mémoire.
Il ne s’agit pas de ça Pakita et tu le sais ! Il s’agit de ton passé, de ton enfance !
- Mais qui tu es toi ?
- Moi ? je suis toi, pourquoi ?
-  Et puis de quoi tu parles ? J’’ai eu une belle enfance !
- Ah bon, tu es sûre ?
- Oui oui ! J’ai été aimée, j’ai fait plein de choses merveilleuses que tant d’autres rêvent de faire un jour. De la musique, du sport, des arts. C’est dire, j’étais sans arrêt occupée !
- Ah oui, et justement, peut-être un peu trop non ?
- Ah bon ? On peut être trop occupée tu crois ?
- J’en sais rien Pakita… j’en sais rien, tout le problème est là.
 
Je me revois dans ma chambre, avec mes pinceaux, mes ciseaux, mon scotch en train de construire une cabane, un décor, des tableaux, des personnages.
Je me revois à mon piano pendant des heures, chantant à tue-tête ou fermant les yeux sur quelques mélodies mystérieuses qui voulaient sortir de moi.
Je me revois assise par terre, adossée au mur en train d’écrire sur un vieux carnet les mots qui voltigeaient dans ma tête.
Je me revois couchée par terre sur le ventre, les jambes repliée au-dessus de mes fesses, en train de dévorer l’encyclopédie « tout l’univers » qui était comme un trésor pour mon frère et pour moi. Nous pouvions nous y perdre un après-midi entier, à suivre les mots, les lieux, les personnages.
Je me revois dans mon arbre justement, assise sur la dernière branche à fermer les yeux, lâcher les mains, et penser que la vie était plus solide que la peur et que si je n’avais jamais peur de rien je resterai toujours en vie.
Je me revois au fond de mon lit lors de mes crises de rhumatisme, enveloppée d’amour et de douleur, confiante parce que d’autres prenaient en charge ma maladie. Je n’avais pas à me faire de soucis.
 J’entends le rideau de fer du garage de mon père lorsqu’il partait tôt le matin à son travail.
J’entends la voiture de ma mère lorsqu’elle rentrait à la maison. Nous habitions en haut d’une côte ardue et ma mère était la seule qui passait la 1ère pour franchir les derniers mètres…. A chaque fois j’étais heureuse qu’elle rentre. J’ai toujours détesté être seule à la maison. Non, en fait, j’ai toujours détesté lorsque ma mère n’y était pas.
 
Les mots défilent, s’éclipsent, s’écrivent, s’envolent, se dérobent, reviennent par petit bout.
- Mon enfance est morcelée… pourquoi ?
- Oui dis-moi, pourquoi ?
- Je ne sais pas moi !! Tu en as de drôles de questions… parce que !
- Non, tu ne t’en tireras pas comme ça cette fois, il faut le dire, il faut l’écrire. Tu dis que tu es toi ici, tu t’en glorifies, et voilà que maintenant tu te dérobes ? Trop facile.
- Mon enfance a éclaté, voilà. Tu es contente maintenant ?
- Ça ne suffit pas Pakita. Eclatée? Pourquoi ? Comment ?
- Bon sang, mais c’est simple voyons, parce qu’ils m’ont menti, tous autant qu’ils sont ! Ils m’ont menti !
- Dis m’en plus Pakita, allez, ça ira mieux après.
- Mon cul ouais… mais allez, je vais te dire, et tu iras dormir tranquille pendant que moi j’irai vomir… chacun sa croix, n’est-ce pas ?
Ils m’ont dit que rien n’était plus important que la famille. Ils m’ont dit que j’y serai toujours à l’abri. Ils m’ont dit que le sang était plus fort que tout, plus fort que le temps, plus fort même que la mort ! Ils m’ont dit que j’avais de la chance, que je serais toujours aimée pour qui j’étais, que je ne serai jamais seule, qu’au plus profond du gouffre ils seraient toujours là pour me tendre la main et que j’aurai toujours ma main à tendre à quelqu’un.
C’était merveilleux, tu comprends ? C’était merveilleux cette certitude. C’est comme être devant un bon feu alors que l’hiver envahit le paysage au dehors. C’est comme éclairer la lumière en pleine nuit, c’est comme un verre d’eau lorsque tu as soif. Je me sentais forte, si forte ! Invincible !
Tu es pénible tu sais. Tu ne comprends pas ce que je veux dire ?
Ouais, c’est ça, garde le silence… comme eux justement. Ah !!! Tu as les mêmes méthodes qu’eux. Peut-être es-tu dans leur camp ?!  Parce que tu vois, c’était de la merde tout ça ! Du flanc, des mensonges, un verni à la con pour ne pas avoir à réfléchir.
Mais j’y ai cru, moi la petite fille qui grimpait dans les arbres, qui chantait avec son piano, qui écrivait des poèmes à Dieu. J’y ai cru jusqu’au bout. Oui, jusqu’au bout.
Quand ma sœur se faisait péter la gueule par son mari, je suis allée lui péter la gueule à mon tour à ce gros con, même s’il faisait le double de ma taille, même si j’étais morte de trouille.
Lorsque ma mère refusait d’aller célébrer le pacs de ma sœur avec son amie alors qu’elle savait depuis des années qu’elle était homosexuelle, je me suis battue 5 heures durant pour qu’elle y aille, pour elle, pour ma sœur, pour nous, pour la foi qu’elle portait en l’humain, elle, si bonne. Je me suis battue pour qu’elle ne fabrique pas ce regret pour le reste de sa vie.
Lorsque mon frère se trouvait trop seul je prenais ma voiture dans l’heure et je parcourais les 200 bornes qui nous séparaient pour être auprès de lui. Je ne l’ai jamais laissé seul, jamais ! 
Lorsque mon père est tombé malade j’ai été, moi la petite dernière, celle qui les a tous portés, j’ai transgressé l’ordre de mon père de ne pas parler de la maladie, je suis allé le voir,  je les ai rapprochés tous autant qu’ils sont, j’ai parlé à ma mère qui ne voulait rien entendre et qui pourtant, à sa manière demandait à savoir. Je les ai tous reçus chez moi, mes sœurs, mes frères effondrés lorsqu’on a su que c’était la fin.
Oui, moi la petite qui montait dans les arbres.
Et puis ce fut mon tour… mon mari qui me trompe, qui me rejette, les crises, les cris, la rue, seule, sans mes enfants.
Et je n’ai pas vu la main qui devait se tendre vers moi. Aucune. Aucune main. Aucune.
Ils m’ont menti.
Le sang ne vaut pas tout. La famille n’est qu’un mot. Creux. Vide. Aucune main, tu m’entends ?
Tu ne dis rien maintenant. Facile non ? Tu me demandes, tu veux savoir. Et maintenant que tu sais, tu ne dis rien. Comme eux.
...
Je voudrais être croyante parfois pour parler avec mon père. Lui demander ce qu’il aurait fait lui.
Oui, tout le reste je le balaye d’un revers de la main. Bon, parfois la nuit je me fais encore avoir, mais ça va, je reste debout. Mais cette question-là m’obsède, je ne sais pas comment m’en débarrasser.
- Quelle question ?
- Celle-là bien sûr ! Est-ce que mon père m’aurait tendu sa main.
- Tu ne sauras jamais Pakita.
- Non, tu as raison. Je ne saurai jamais.
- Tu ne dis plus rien Pakita ?
- Non, je pense.
- A quoi ?
- Je prends du recul. Un pas, deux pas… une année, deux… Je me vois aujourd’hui. Je suis devant mon ordinateur. J’écoute Supertramp  je fume une cigarette roulée. Je me sens libre. Je suis libre d’eux.  Etrange non ?
- Peut-être pas finalement.
- J’ai l’impression d’avoir eu 2 vies.
- Je ne comprends pas.
- J’ai été cette petite fille qui grimpait dans son arbre. Cette petite fille tellement persuadée qu’elle aurait toujours une main qui la retiendrait qu’elle pouvait fermer les yeux et poser le pied sur une autre branche sans même penser avoir peur. Oui, j’ai été cette petite fille. Et aujourd’hui je suis une femme qui ne tend pas la main de peur que personne ne soit là pour la saisir. J’ai ces souvenirs en trop dans ma besace… comme si je les avais volés à quelqu’un d’autre.
- Oui, cette fois je comprends Pakita.
- C’est bien, parce que tu vois, je crois que je ne t’en reparlerai pas.  Maintenant tais-toi, laisse-moi tranquille. J’écoute ma musique.
 
 * édit du vendredi 17 février

En lisant vos premiers commentaires, je réalise à quel point ce billet est sombre à nouveau.
En vérité, je vais bien. Ces souvenirs, ces réflexions, ce dialogue intérieur, c'est juste un revers de main pour me débarrasser de quelques réminiscences encombrantes.  C'est exactement comme je l'écris. Je voulais parler de quelques bons souvenirs mais rien n'est venu. Alors j'ai laissé parlé mes doigts, comme je fait souvent.
Mais croyez-moi, j'ai su finalement, après pas mal d'années, il est vrai, me débarrasser de la douleur. Reste un peu de désillusion, un peu de questionnement, un peu de colère. Mais ils ne me manquent pas. En vérité, jamais je n'ai été aussi libre depuis que je suis loin d'eux.
Ce texte ne m'a pas coûté. Il ne m'a pas fait mal. J'ai aimé l'écrire.
C'est en lisant vos commentaire (les 5 premiers) que je réalise qu'il peut laisser penser que je vais mal à nouveau. Ce n'est pas le cas. Je vais bien :-)

 
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Vendredi 10 février 2012

80 commentaires

http://www.pakita-boudoir.com/images/photospourdeco/nuagecommentateurs/lenuage.pnghttp://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/R.gifégulièrement l’envie me prend de faire un sujet à propos des commentaires, disons plutôt sur les commentateurs.
Et puis je ne suis jamais allée jusqu’au bout.
J’avais le sentiment de prendre le risque de faire un sujet un peu facile, pour ne pas dire carrément démago. Genre : « comme c’est beau de communiquer, comme c’est beau ce partage »…
Mais au fond de moi, c'est pourtant un sujet important, pas si facile que ça à aborder.
Alors je me lance.

    Pour commencer, petite remontée dans le temps.
Le boudoir a eu 3 ans il y a peu. Il a passé deux ans hébergé chez Canalblog, puis, pour fuir les encarts publicitaires de plus en plus envahissants, je l’ai déménagé chez Cowblog à qui je paye une somme annuelle pour ne plus être envahie.
Comme le savent ceux qui me suivaient déjà chez Canalblog, j’ai pris la peine de rapatrier non seulement tous les billets écrits mais également à leur suite tous les commentaires.
Le système de commentaires de cowblog étant différents de celui de canal, j’ai dû le faire à la main, c’est-à-dire, les ramener 1 à 1 en signant du nom de la personne, et dans le bon ordre, avec mes réponses en regard. A l’époque il y avait environs 4 500 commentaires.
Je ne sais pas exactement combien d’heures cela m’a pris, mais c’était assez énorme comme travail.

Pourquoi j’ai fait cela ?
Et bien justement, parce que pour moi un blog ne vit que par ses visiteurs et commentateurs.
Un sujet, c’est bien beau, c’est important, je ne vais pas prétendre le contraire, mais seul, à quoi ça correspond ? Autant écrire un journal intime, ou alors un livre si on a l’envie d'être lu.
Mais, le blog c’est vivant, c’est en marche perpétuellement !
Les commentaires apportent tout le reste, tout ce qui fait qu’une conversation est fabuleuse,  qu’un dialogue est nourrissant.  Il ouvre vers d’innombrables sensibilités, vers des vécus riches et parfois bouleversants. Il maintient le fil entre nous, que nous soyons de la même ville ou aux opposés du pays, voire même de pays différents. N’est-ce pas fabuleux ?
Il y a quelques semaines, par curiosité et dans l’idée de ce billet justement, j’ai installé au boudoir un petit compteur journalier des visites. C’est un compteur en temps réel.  Il n’est pas très précis. Je ne sais pas qui vient ni où il va. Je sais juste combien de personnes passent au boudoir chaque jour (une seule comptabilité par personne et par jour) et combien de pages s'ouvrent chaque jour (pour ceux qui passent plusieurs fois).
Ce que j’ai constaté c’est qu’il y a à peu près toujours quelqu’un au boudoir, de 7 heures du matin jusqu’à disons 2 heures du matin suivant. Il peut y avoir jusqu’à 5 personnes en même temps mais je l’ai rarement vu sans personne.
Ça m’a mis une claque je l’avoue. Je ne pensais pas que le boudoir était autant visité. Ça m’a fait plaisir bien sûr, j’aime qu’on se sente bien au boudoir, qu’on ait envie d’y passer du temps. Mais je me suis posé des questions aussi. Qui vient, pourquoi, qu’y fait-on finalement ?
J’ai fait une petite moyenne à la va comme j’te pousse, c’est pas mon truc je l’avoue… et ça donne environs 1 commentaire toutes les 50 visites. Etrange non ?

Mais ce ne sont que des chiffres et ce n’est pas très intéressant.
Je vais vous dire pourquoi finalement j’ai fini par écrire, aujourd’hui, ce fameux billet sur les commentaires.
Et bien parce que Loup, qui regarde toujours le boudoir d’un œil critique et discret a été particulièrement ému lors de vos derniers commentaires sur le billet « Justice pour Théo ».
Il ne s’attendait pas à tant de compassion, de gentillesse, d’attention.
Il n'a pas arrêté de me dire : « Il faudra leur dire merci , qu'ils sachent comme c'est important pour nous» ! 
Il a trouvé ça incroyable que vous vous intéressiez comme cela à nos soucis et que vous ayez pris la peine de venir ici nous parler de votre joie pour nous et de nous encourager pour la suite.
Je l’ai rarement vu comme ça, je vous l’avoue.
Ça ne veut pas dire que je n’ai pas été touchée moi aussi ! Eh oh !! Faudrait pas croire que je suis insensible, et encore moins blasée !
Je vais vous dire. C’est vrai que le boudoir a la chance d’avoir pas mal de commentaires et surtout des vrais commentaires, riches, impliqués, mais jamais je ne m’en lasse ! Jamais je ne me dis : « Arg ! Encore un à qui il va falloir répondre » !
Non, au contraire. A chaque fois je suis émue et déjà des phrases se forment qui vont prendre la suite de la conversation avec vous.

Alors hier, bloquée à la maison par le froid et par mon mal de dos qui revient voir un peu si je suis toujours là pour l’accueillir (le traitre), j’ai pris un moment pour faire le bilan des gens qui commentent le boudoir. Les vieux de la vieilles, ceux qui sont encore là, ceux qui ont disparus, les bavards, les discrets, les propriétaires de blogs, les sans blogs fixes, les pertinents, les têtes en l’air, les petits coucous sympa ou les textes pleins de fougue.
J’y ai passé des heures. Des heures pleines de bonheur croyez-moi.

Aujourd’hui, le boudoir a environs 7000 commentaires. C’est une bonne moyenne je trouve.  En fait, c’est étrange à dire comme ça, mais c’est ce qu’il mérite je trouve. Ni trop, ni pas assez. C’est le boudoir quoi !

Moi qui aime bien les liens, les petits trucs qui habillent les murs du boudoir, je me suis dit que ce serait sympa de faire « un nuage des commentateurs »… Je n’ai pas pu faire exactement ce que j’avais en tête, les restrictions techniques liées au support m’en empêchait, mais j’ai fait comme j’ai pu.
J’ai mis ceux que j’ai retrouvé dans mes archives, ceux que j’ai en lien dans ma colonne de droite, ceux que j’ai en marque-page… J’en ai forcément oublié… n’hésitez pas à me le dire !
Pour ceux qui ont leur propre blog, je l’ai mis en lien. Il n’y a qu’à cliquer sur le nom.
Bon ben… voilà, c’est là   http://www.pakita-boudoir.com/images/photospourdeco/nuagecoeur.png



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Lundi 6 février 2012

75 commentaires

http://www.pakita-boudoir.com/images/illutrationbillets/pourlajustice.jpg  http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/P.gifersécution : Faire souffrir par des traitements cruels et injustes.
Synonyme : Opprimer, Harceler, Importuner.


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Nous devons aux services sociaux de notre commune mais plus encore à la déléguée territoriale, nos pires peurs, des nuits d’insomnie, des maux de ventre, des migraines innommables, des colères, des heures et des heures de travail, de recherche, de constitution de dossiers, des courriers tous plus difficiles à écrire les uns que les autres.
Nous lui devons un été monstrueux, passé à tenter de trouver des solutions, jusque dans la fuite ! Nous avons imaginé partir de chez nous, nous séparer, tout vendre… à l’aventure.
Nous lui devons des euros dépensés à une défense de plus en plus serrée jusqu’à nous trouver un avocat il y a quelques jours à peine, mais également un camping-car d’occasion qu’il a fallu retaper, racheter des pièces hors de prix.
Des heures et des heures douloureuses  passées à ne penser qu’à cela, comme une obsession terrifiante.  Des heures volées à Théo finalement !
Nous lui devons des doutes, des disputes, des cauchemars.
Pourtant nous n’avons jamais douté de notre bon droit ! Nous savions que la loi était de notre côté !
Nous savons qui nous sommes, nous savons quels parents nous sommes. De ça elle ne nous a jamais fait douter.
A force de se casser les dents sur notre défense et notre refus de céder,  devant notre détermination et notre connaissance des textes et de la loi, elle a voulu passer le bébé à son supérieur, pensant durcir la menace.
D’où l’avocat, parce que nous avons beau être surs de nous, nous n’en sommes pas moins épuisés.
Et surtout, nous savons, hélas, qu’il ne suffit pas d’avoir raison pour être à l’abri de l’arbitraire et de l’incompétence et finalement, de l’injustice.
Nous avons lu trop de témoignages de familles qui sont entré en enfer directement parce que les services sociaux ont outrepassé leurs droits et leur ont retiré leur enfant ! Des parents qui ont eu le tort de faire confiance, de ne pas assez se méfier, ou qui ont écouté de mauvais conseils.
Des parents qui ne connaissent pas assez les lois, qui tremblent et comme ils ont raison finalement !
 Ce sont des milliers d’enfants qui, chaque année se sont vu enlevés à leur famille, sans aucune précaution, et placés à la va comme j’te pousse absolument n’importe où, juste là où il y a de la place, sans tenir compte de leur particularité, laissant leur famille la bouche ouverte sur un cri inutile et les bras vides de leur amour piétiné.
Ensuite,  plus les parents font des démarches pour récupérer leur enfant, plus on leur sert la vis, les menaçant de le garder plus longtemps encore ! Et ça marche ! Parce que les parents souffrent terriblement, qu’ils se sentent démunis, perdus, seuls, si seuls.
 Alors ils se taisent et tremblent et pleurent en silence en priant pour que leur enfant leur soit rendu le plus vite possible.
Ça dure parfois 6 mois, ou alors 1 an, ou même 2 ! Deux ans de déchirure.
La majorité de ces placements sont inutiles et finalement reconnus comme tels !
Mais c’est trop tard, le mal est fait, et les services sociaux et les juges continuent, main dans la main de faire trembler des familles innocentes sans jamais s’excuser, sans jamais rendre de compte.

Aujourd’hui nous venons de recevoir un courrier nous annonçant notre victoire.
La délégation départementale enfance jeunesse famille a renvoyé le service des affaires préoccupantes dans ses buts en classant l’affaire sans suite.
Depuis le début nous avions raison. Depuis le début.
Nous avons gagné.
Mais que faire alors de toute cette souffrance ?
Nous venons de prévenir notre avocat de laisser l’affaire en l’état pour l’instant.
Oui, pour l’instant.

Car nous allons pouvoir faire ce que nous voulons depuis le début, c’est-à-dire, cesser de nous battre juste pour notre survie… mais pour la cause.
Loup a su faire cela depuis le début, toujours travailler pour la cause, ne jamais oublier que derrière notre combat personnel se trouvait le combat pour la Justice de tous ! Pour la Vérité.
Moi j’avoue que j’étais bien trop terrifiée pour ça. Je n’avais qu’une idée en tête : La peur qu’on m’enlève mon enfant.
Je faisais des cauchemars dans lesquels je voyais Théo perdu au milieu de dizaines d’autres enfants se moquant de lui. Théo hurlant, se balançant d’avant en arrière comme il fait lorsqu’il a mal, Théo qui nous cherche, nous appelle en hurlant, qui ne nous a plus près de lui pour le comprendre, le protéger.  Des cauchemars qui m’ont réveillée hurlantes des dizaines et des dizaines de nuits.

Mais aujourd’hui je n’ai plus peur. Aujourd’hui je suis en colère. Aujourd’hui je me sens forte. Forte comme jamais.
Alors nous allons nous battre, oh que oui ! De toutes nos forces.
Nous allons nous battre pour créer des jurisprudences  afin qu’aucune autre famille n’ait à subir ce que nous venons de traverser.
Je veux que ces services rendent des comptes des douleurs qu’ils infligent ?
Je veux savoir qui a permis d’ouvrir ce dossier aux affaires préoccupantes et pourquoi ? Sous quelle autorité ? Je veux savoir combien de familles subissent les mêmes tourments que nous ! Et à l’inverse, combien de familles dans le besoin n’ont pas eu droit à leur aide !
Je veux qu’ils réparent le mal qu’ils ont fait !
Je veux qu’ils reçoivent un blâme pour que ceux qui prendront leur suite fassent attention.
Je veux des excuses publiques.
Ce n’est pas de la vengeance !!
C’est le désir de Justice.
C’est ce qui nous a toujours motivé. C’est ce qui finalement nous a tenu debout toutes ces années.

Pour information, un rapport pertinent et terrifiant fait par le CEDIF (Comité Elargi de Défense de l'Individu et des Familles) sur la protection de l'enfance et qui décrit les dérives des placements abusifs.
Pour ceux qui prennent l'histoire en route, un petite liste des billets évoquant l'affaire :

Un affront de trop le 29 avril 2011
Urgence le 1er juin 2011
Les enfants d'abord le 5 juin 2011
Sur la route le 25 juin 2011
Les doutes le 22 juillet 2011
Sans issue le 12 aout 2011
En réponse le 19 septembre 2011


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