Mardi 24 janvier 2012

49 commentaires

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http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/P.gifourquoi l’art existe ?
Pourquoi en avons-nous besoin pour vivre ?
Qu’est-ce le qui le rend aussi indispensable ? Pourquoi perdure-t-il malgré les difficultés de vie ?
C’est peu ou prou un sujet de dissertation philosophique que mon fils Harold doit rendre sous quinzaine et qui a nourri l’essentiel de nos discussions ce week-end puis de mes pensée après son départ.
Sujet passionnant s’il en est, d’autant que nous sommes plongés dedans depuis toujours me semble-t-il.
Toute petite déjà j’aimais dessiner, peindre, découper, fabriquer.
J’ai été immergée dans la musique dès l’âge de 5 ans. En plus de mon violon, le piano s’est retrouvé dans ma chambre par manque de place dans le reste de la maison.
J’ai suivi des cours de violon, piano, solfège, analyse d’écriture, histoire de la musique, orchestre, musique de chambre dans divers conservatoires. J’y ai rencontré moult musiciens, mais aussi des danseurs, des acteurs, puis à leur suite beaucoup de peintres et de sculpteurs.
Fut un temps où je passais plus de temps dans les concerts et les vernissages que dans ma propre maison.
J’ai vécu dès l’âge de 16 ans avec mon futur mari, un très bon pianiste classique.
Ensuite  nous avons eu des enfants et les choses se sont un peu calmées pour moi.
Cela dit, J’embarquais mon fils aîné encore bébé lors de mes cours et je donnais un concert trois jours avant d’accoucher de ma fille fanny !
Fanny dont le petit berceau se trouvait sous le piano quart de queue, faute de place dans notre appartement et qui a pris ensuite l’habitude de s’installer à plat ventre sous ce même piano pour dessiner ou lire alors que son père et moi travaillons ou donnions des cours.
J’ai donné à mes enfants le gout des arts. Il y avait toujours à portée de main des feuilles, des feutres, de la peinture, des ciseaux, du carton, toutes sortes d’instruments de musique. Je voulais qu’ils puissent tout essayer, qu’ils aient la possibilité de s’exprimer de toutes les manières possibles, qu’ils découvrent ce qui les faisaient vibrer. Ce qu’ils ont fait.
Nous avons passé des après-midi entiers à dessiner, colorier, découper, chanter, inventer des histoires. Ce sont des souvenirs magiques et immortels qui comptent autant pour eux que pour moi.

Aujourd’hui, Alexandre, mon fils aîné est régisseur, ingénieur son, Lisa est scénographe et plasticienne et son compagnon  architecte, notre deuxième fille Fanny est musicienne, chanteuse, pianiste et compositrice et elle vit avec Loup, musicien également aux multiples talents et notre fils Harold est un merveilleux poète qui se destine à être metteur en scène de théâtre.  
L’Art, avec un grand A.
Pourquoi avons-nous tant besoin d’art ?
A quoi sert-il ? Que nourrit-il de si essentiel pour qu’il fasse partie de la vie depuis que l’homme est sur terre ?
Nous en avons conclu que c’est ainsi que l’homme était parvenu à se détacher de sa condition animale. Qu’il avait nourri sa part d’humanité, qu’il avait participé d’une certaine manière à son immortalité, qu’il avait offert aux générations suivantes ses acquis, ses progressions, ses plus et ses moins, ses peurs, ses joies, ses émotions.
Et puis voilà que tout à coup je me suis dit que c’était le seul moyen véritable de faire parler son âme. Je ne suis pas chrétienne, je ne crois pas en l’âme telle qu’elle est présentée par les diverses religions.
Mais je crois que notre âme est en quelque sorte le vase qui contient notre humanité.
Et que l’art en est le chant, le cri, la traduction.
Je me balade sur les blogs de mes enfants, je m’imprègne de leur art et je me vois en eux.
J’ai alors le sentiment qu’aucune souffrance ne pourra être plus forte que ce bonheur d’avoir des enfants artistes. Que leur beauté illumine le monde, que cette beauté rayonne à ce point qu’aucune noirceur ne pourra la recouvrir.
Quand je peins, quand je sculpte, quand je modèle, quand je dessine, je suis en vie. Complètement en vie.
Alors, tout prend un sens.

* Illustration :" L'accordéoniste" en fil de fer et bandes de plâtre.
Cadeau fait par notre fille Lisa.



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commentaires

à vous

Par Caly le Mardi 24 janvier 2012
Serais-je pour une fois la première à commenter un de tes billets ?

sourires...

Je ne sais si je suis vraiment en vie lorsque je peint. Où alors peut-être suis-je non vivante lorsque je ne le fais pas...

Va savoir ?

Mes tableaux les plus réussis, enfin pour moi, et je parle ici de l'Ankou, l'auto-portrait et de Gestation, ont été peints comme si j'étais dans un état "second". Je n'avais aucune notion de ce que je dessinais, aucune idée de la finalité...

Simplement le contact du pinceau, de la peinture et de la toile. Zombie j'étais...

Je ne connais pas l'art dans le sens ou tu le défini, dans le sens ou tu le raconte, cela me fait envie un peu, mais reste éloigné de moi.

Pourtant je trouve cela beau, très beau la façon dont tu en parles ! Et si j'avais eu la chance d'avoir des mômes, j'aurais aimé qu'ils rencontrent quelqu'un qui comme toi, aurait pu leur donner l'amour de l'art :)

bises
Par pakita le Mercredi 25 janvier 2012
Ce qui est bien dans l'art c'est qu'il revêt de multiples visages, de multiples raisons, sans parler de ses formes infinies et dont chacune est unique au final.
A l'inverse de toi, lorsque je peins, notamment lorsque j'ai décoré les pots en terre, j'étais très concentrée, très minutieuse. Et c'est cela qui m'apportait la sérénité je crois, d'être entièrement dévouée à ce que je faisais, sans rien qui venait parasiter ce moment.
J'aime le geste précis, la technique, le petit moment de "génie", la surprise aussi.
Quand je modèle c'est différent, plus physique. Il y a le début où tout semble impossible et puis arrive un moment où tout devient évident sous les doigts. J'ai l'impression que je pourrais fermer les yeux et que la forme naîtrait tout autant.
J'ai alors le sentiment que plus rien ne peux me faire du mal, que je peux respirer à fond, que mon asthme a disparu, que mes douleurs s'éloignent, qu'aucune tristesse ne peut m'atteindre. C'est un sentiment puissant et pourtant évanescent.
A propos de mes enfants, je n'en parle pas dans le billet car je n'y ai pas pensé sur l'instant, mais c'est leur art qui m'a redonné le goût du mien.
Quand j'ai tout perdu, maison, mari, famille, argent, santé... j'ai perdu mon goût pour l'art. J'ai arrêté la musique, je ne voulais plus peindre, plus modeler. Loup m'encourage depuis des années à m'y remettre ! Je me souviens d'un anniversaire où il m'a offert de merveilleux pinceaux et tous les outils de modelage...
Mais je n'y arrivais pas.
Et puis j'ai vu mes enfants s'épanouir, créer des choses merveilleuses et ça m'a ramené lentement mais tendrement vers l'envie de m'y remettre.
J'écoute de la musique (je ne suis pas encore prête à en rejouer moi-même) et voilà, je me remet à la terre et je sens en moi l'appel de la peinture :-)
Mes enfants m'ont rendu ce goût que j'ai su leur donner.
Par Julie M. le Mercredi 25 janvier 2012
L’Art, avec un grand A. Comme Amour... :)
Picasso a dit : "l'art lave notre âme de la poussière du quotidien" Je trouve ça criant de vérité...
et puis il y a cette phrase de Nietzsche que j'adore et que j'avais mis en exergue d'un de mes premier blogs peinture :"L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité."

et je pense aussi à un proverbe russe qui dit : tomber est permis, se relever est ordonné (ou un truc de ce style) et je crois que l'art permet à l'homme de se relever!

très beau billet Pakita, plein de vibrations auxquelles je suis très sensible... :)
Je t'embrasse.
Par Marie et Alain le Mercredi 25 janvier 2012
Bonjour Pakita
Alain et moi avons lu attentivement votre billet sur l'art car tout d'abord je suis illustratrice de livres pour enfants et que Alain aime peindre depuis des années.
Nous avons nous aussi essayé de proposer a Alice de dessiner ou peindre ou même de la pâte à modeler, mais elle a beaucoup de mal. Elle ne comprend pas bien ce que nous lui demandons. Elle ne sait pas quoi faire. Je pense que ça vient surtout de son manque d'imagination. Nous pensions qu'elle aimerait pétrir la pâte a modeler mais ce n'est pas le cas. Elle la range par forme, par couleur et s'en sert ensuite comme d'un jouet quelconque. Elle n'aime pas non plus la musique qui l'a met très mal à l'aise. Mais nous ne désespérons pas et comme vous l'avez fait avec vos enfants, nous lui laissons à portée de main tout ce qu'il faut, au cas où un jour elle aurait envie.
Pour nous, l'art est aussi important que tous les autres métiers et je pense même qu'il permet à ceux qui ont des métiers difficiles de faire retomber la pression lorsqu'ils rentrent chez eux.
A l'école, ce qu'ils proposent à Alice n'est pas satisfaisant je trouve. Coller des gommettes, colorier, découper. C'est pas si mal bien sûr ! Mais il n'y a pas de création a proprement parler. Tout le monde fait pareil. A l'inverse, ça conforte Alice dans le classement, le rangement, l'alignement qui sont des manies qu'elle a depuis toute petite.
Alice n'a pas véritablement de passion et nous somme triste car je sais que la passion nous permet de nous dépasser. Elle aime les animaux mais ça ne suffit pas. Nous lui avons acheté des livres qui parlent des animaux, ça l'a motivée pour apprendre à lire, c'est déjà ça !
J'essaye de lui donner envie de dessiner des chats et des chiens. Je crois qu'elle commence à avoir envie. Elle me voit travailler. Elle s'installe a côté de moi et dit qu'elle travaille comme maman. C'est peut-être un commencement. (sourire).
Je vous imagine avec vos enfants artistes, parlant de philosophie avec votre fils (je suis allée lire ses merveilleux poèmes) et je me dis que vous êtes une famille fantastique et que c'est à vous que vous le devez. Rien qu'a vous.
Alors, c'est tout bête, mais Alain et moi on vous remercie d'exister.
On se permet de vous embrasser.
Marie.
Par pakita le Mercredi 25 janvier 2012
Oui, je pense aussi que l'art permet de se relever. Je pense à ces poètes russes qui pour sortir de leur désespérance ont produit des œuvres magnifiques, à tous ces artistes, crèves la faim qui ont peint, sculpté, produit leur vision du monde à travers leur misère et leur talent.
Je pense aussi aux pamphlétaires qui se servaient de leur talent pour dénoncer l'inacceptable au risque de leur vie.
C'est ce que me disait Loup lorsqu'il se désolait de me voir rester éloignée de la musique. J'avais beau lui dire que j'étais trop désespérée... il me répondait invariablement que ce désespoir je pouvais le traduire par la musique.
Mais la musique et moi avons une histoire commune trop conflictuelle et finalement c'est à travers des arts que je maîtrise moins bien que j'ai envie de dire, de faire, d'être.
Peut-être est-ce le signe d'une convalescence.
Aujourd'hui pourtant, nous avons reçu un nouveau courrier qui nous met à terre. "les affaires préoccupantes" en remettent une couche, encore plus violente. Nous venons de prendre rendez-vous avec un nouvel avocat. Nous n'avons plus le choix.
Et à l'instant où je te réponds, Loup est en train d'écrire une lettre à l'éducation nationale pour continuer de réclamer ses droits. Le tunnel n'en fini pas.
Comment avoir envie de créer dans ces moments là ? L'urgence nous bouscule, nous vole notre temps, nous vole notre vie.
Serons-nous assez forts ?
Par Cristophe le Mercredi 25 janvier 2012
De l'art, je n'ai toujours été que spectateur, un spectateur fervent de beaucoup de formes d'art certes, mais jamais acteur. Un copain avait tenté de m'enseigner la guitare mais faire fonctionner en même temps main droite et main gauche m'est très très difficile...
Enfant, je n'ai pas été stimulé par mes parents, ceux-ci étant étrangers à l'art, toutefois je me suis beaucoup rêvé écrivain ; qu'en est-il aujourd'hui ? Je n'écris que quelques racontages de vie sur un blog. d:-)
Deux ou trois copains puis une femme aimante-aimée (danseuse) m'ont dit que je devrais faire du théâtre. J'y avais pensé avant qu'ils me le disent mais tout en pensant que ce n'était pas à ma portée... Je me suis dit qu'ils avaient peut-être raison mais sans passer à l'acte (acte I scène I...), pas encore, peut-être un jour...
Par pakita le Mercredi 25 janvier 2012
bonsoir à vous deux et merci pour votre témoignage très intéressant à propos d'Alice.
Alice décidément a de nombreux points communs avec Théo qui a, peu ou prou les mêmes réticences vis-à-vis de l'art. Je comprends bien aussi ce que vous voulez dire par rapport à ce qu'on lui propose à l'école et qui, au lieu de l'ouvrir vers l'expression, l'enferme un peu plus dans ses répétitions et son besoin d'ordre et de rectitude.
D'ailleurs à bien y regarder, l'école est le dernier endroit où l'art est enseigné !
Mais j'ai la certitude que tout comme le fait Théo chez nous, Alice se nourrit de votre art et de vos activités artistiques. Ils leur faut du temps pour digérer et pour se lancer. Un jour viendra où ils nous étonnerons, j'en suis sûre.
L'air de rien, même si il y est allé à reculons, Théo est très fier de la petite figurine qu'il a fait en terre et il va souvent la regarder. Quand je lui dit que je la trouve belle il me dit : "oui, je suis doué" ! ça me fait rire.
Je vous embrasse également et un bisou pour Alice.
Par pakita le Mercredi 25 janvier 2012
J'ai essayé le Théâtre moi aussi, j'avais 18 ans je crois. Ça a été une catastrophe !! Mon prof hésitait entre se tirer les cheveux ou rire... Au bout d'un trimestre il m'a demandé si je voulais encore perdre mon temps (et implicitement lui faire perdre le sien)... je lui ai dit que non, la leçon avait servi. Ni lui ni moi n'étions dupe sur mon inaptitude à jouer la comédie :-)
Je suis en complète admiration devant les acteurs. je les trouve magiques.
Je suis aussi incapable d'écrire de la poésie... là aussi, je ne peux qu'admirer les poètes, je suis une des plus grandes fans de mon fils Harold. Mais moi, dés que j'essaye de faire de la poésie je suis ridicule.
Bref... je pense que nous avons certaines affinités avec l'art et c'est pour ça qu'il est important de toutes les proposer aux enfants afin qu'ils aient le temps de les découvrir et qu'ils ne se fassent pas d'illusions sur ce qui ne leur convient pas.
Par Prali le Mercredi 25 janvier 2012
Merci Pakita pour ce billet de passion et vibrations fait !
Je ne suis pas très douée de mes doigts, je ne sais ni peindre ni dessiner. J'aime chanter et écouter de la musique classique (mais pas que !)J'aime aussi découvrir les monuments et leur Histoire. Par contre, les places de concerts de musique classique ne sont pas accessibles à tout le monde, leur prix est parfois exhorbitant. J'aimerais aller à l'Opéra, mais il faudrait que je gagne au loto (faudrait d'abord jouer :))
Je suis admirative devant les dons que tu as su transmettre à tes enfants... "s'éclater" en faisant ce que l'on aime est tellement important ! Bonne soirée.
(mon pseudo Praline ne fonctionne pas sur ton blog, car déjà utilisé !!)
Par Mia More le Jeudi 26 janvier 2012
Une fois encore un magnifique billet Pakita qui me laisse à penser sans que je me sente pour autant capable d'apporter un élément complémentaire car, tout comme Cristophe, je n'ai aucun talent, aucune capacité (jouer du piano et peindre n'ont finalement été que des "palliatifs" aux mots), juste une sensibilité pour certaines choses.
Et en te lisant m'est justement venue cette question : qu'est-ce qui fait que tu es réceptif ou non à certaines formes d'art ? Car tout comme Cristophe, je n'ai pas vraiment reçu (en dehors de la musique) de stimuli en ces domaines et encore moins d'éducation alors, comment puis-je en général autant aimer la musique et la peinture alors que très peu de sculpteurs ont su m'émouvoir ou me parler ?
Que dirais-tu d'une autre session de réflexion en famille ? ;)
Par pakita le Jeudi 26 janvier 2012
Hello Praline. Tout d'abord, si tu veux tu peux mettre juste un point ou une * après ton pseudo et ça passera :-)
Sinon, oui, quel bonheur de pouvoir passer du temps à ce qu'on aime ! Quelle privilège aussi. Car tant de personne sont pris en otage par leur travail, les trajets, les obligations de toutes sortes qui les fonts rentrer épuisés chez eux le soirs.
Et même si mes enfants ne rouleront probablement jamais sur l'or en ayant choisi ces voies artistiques, au moins pourront-ils être et faire ce qu'ils aiment. Évoluer dans un milieu qui leur correspond.
J'aime aussi l'opéra et j'ai pu en écouter beaucoup lorsque j'étais dans le milieu musical. Mais ensuite effectivement, les prix sont rédhibitoires en ce qui me concerne. C'est dommage que ce soit réservé à une certaine élite :-(
Par pakita le Jeudi 26 janvier 2012
C'est une question importante et qui mérite effectivement de vraies discussions.
Pour l'instant (et vite fait car on m'attend mais j'y reviendrai) je pense en effet que l'influence de l'éducation est primordiale. Baigner l'enfant dans la culture de toutes sortes va lui permettre de trouver ce qui lui convient le mieux !
Pour exemple, Fanny qui a été certainement celle de nos enfants qui a été le plus bercée par la musique car j'ai beaucoup joué et donné de concerts durant ma grossesse est celle qui a le plus de talent musicale. Enfant elle chantait tout le temps ! On se souvient encore en rigolant de la remarque de sa maîtresse de dernière année de maternelle à qui j'avais demandé comment c'était passé la journée. Elle m'a répondu "Nous devions faire des travaux manuels. J'ai demandé à plusieurs reprise à fanny d'arrêter de chanter pour ne pas gêner ses camarades, mais à chaque fois elle s'est remise à chanter... du coup nous avons fait journée chant" :-)
Mes parents n'étaient pas des artistes mais ils nous ont tous inscrits au conservatoire et dans des mjc pour des cours de dessins et mes soeurs ont fait de la danse. Ils pensaient que l'art était aussi important que le sport (que nous avons aussi beaucoup pratiqué) ou que l'apprentissage des lettres et des mathématiques.
Mais bon... il y a aussi les prédispositions naturelles ! Et comme pour chaque chose, il y a des injustices. Certains on naturellement du talent et d'autres non. C'est comme ça.
Je me souviens d'un élève que j'avais en violon. Il m'a fallut convaincre ses parents qu'il n'avait aucune disposition pour la musique et que ce serait lui faire perdre un temps précieux, alors que cet enfant voulait faire du sport ou éventuellement du dessin.
Bon, on m'appelle... mais c'est un sujet qui me passionne.
Bisous et à bientôt... mia more !!! ♥
Par Véro le Jeudi 26 janvier 2012
Bonjour Pakita
Je découvre ton blog et viens de passer plus de 15 jours à parcourir tes archives à raison de plusieurs heures pas jours (je suis en arrêt maladie du coup j'ai tout mon temps).
Ce que j'ai envie de dire en lisant ton texte sur l'art c'est que j'ai le sentiment que c'est ce qui fait que tu as su résister à tout ce qui vous est arrivé. Je pense que si tu n'avais pas en toi cette fibre artistique qui te permet de voir le monde autrement que dans sa pure matérialité, tu aurais tout simplement pété les plombs. Enfin, c'est comme ça que je le ressens, j'espère que tu ne le prendras pas mal.
Je suis secrétaire de mairie, un travail purement alimentaire dans lequel je ne m'épanouis absolument pas. Je n'ai aucune affinité avec mes collègues et les heures que je passe là-bas, j'ai l'impression qu'on les vole à ma vie.
On me dit que j'ai déjà bien de la chance d'avoir un travail, de quoi pourrais-je bien me plaindre ? Qu'est-ce que je peux répondre à ça. Oui bien sûr, j'ai un travail et tant de personnes n'en n'ont pas. Qu'ils me pardonnent mais j'aspirais à mieux dans ma vie. Je ne vais pas raconter ma vie ici, mais voilà, il est arrivé un moment où je n'ai plus eu le choix.
Mais en te lisant depuis tous ces jours j'ai longuement réfléchi, je me suis remise en question.
Si, j'ai le choix. J'ai le choix de remplir les heures qu'il me reste. J'ai le choix de ne pas me laisser transformer. J'ai le choix de me re-trouver, de m'exprimer, d'aller plus loin que là où je croyais être stoppée.
Hier je suis allée en ville et j'ai acheté des toiles, de la peinture et quelques livres pour apprendre à peindre.
J'allais commencer à m'y mettre et je me suis dit qu'avant de commencer, il était important de venir te raconter tout ça.
L'art peut nous sauver. Il peut, comme il a été dit dans un commentaire plus haut : Nous relever.
Alors merci Pakita. Merci pour tous ces témoignages qui habitent ton boudoir et qui m'ont bouleversée, qui m'ont appris qu'on n'est à terre que lorsqu'on a abandonné et qu'il y a en nous des forces incroyables, même si elles sont bien trop souvent insoupçonnées.
Par Ella B. le Jeudi 26 janvier 2012
Je crois que chaque être humain se rapproche de l'art comme "liberté" : de goûts, d'envies, de créations, d'imaginaire.. Certains en font leur métier, d'autres s'y adonnent intensément, d'autres plus irrégulièrement, mais Chaque Etre humain en ce monde se rapproche de l'art, forcément.. bisous
Par pakita le Jeudi 26 janvier 2012
Bonsoir Véro et bienvenue au boudoir.
Je suis extrêmement touchée par ta venue et ton témoignage. J'essaye de t'imaginer dans cette mairie rongeant ton frein, avec des envies d'autre chose, d'une autre toi en quelque sorte.
Mais tu as raison et je suis tellement heureuse que tu aies su le voir. Ta vie ce n'est pas ça, même si bien sûr tu y passe beaucoup d'heures. Non, ta vie c'est qui tu es, ce qu'il y a au fond de toi, ta résistance justement.
J'espère sincèrement que la peinture va t'apporter ce que tu cherches et t'ouvrir une voie vers ton intériorité.
Ce n'est pas magique bien sûr ! ça ne gomme ni les soucis ni les difficultés de vie, mais c'est comme une pause douce, cotonneuse, velouté, qui nous recharge et nous redonne le goût de qui nous sommes.
Je ne sais pas si j'ai pu résister aux diverses emmerdements qui nous sont tombé dessus grâce à l'art, à vrai dire je n'avais jamais pensé à cela de cette manière. Peut-être, il faut que j'y réfléchisse... mais ne t'inquiètes pas ! Il n'y a aucune raison pour que je le prenne mal !
J'ai été à plusieurs reprises au fond du fond, j'ai, comme tu le dis si franchement, bien souvent pété les plombs ! Et si tu as lu une grande partie des billets du boudoir tu as bien du le constater, ne serait-ce que cette fin d'année 2011 où je n'en pouvais plus.
Alors, en cela, effectivement, l'art, celui de mes enfants, celui que j'observe autour de moi, puis finalement, ce retour à la terre, au modelage, m'a aidé à remettre les pieds sur terre.
J'espère sincèrement que tu reviendras nous parler de toi au boudoir. As-tu un blog où on peut venir te visiter ?
Encore une fois merci pour cette visite qui me touche profondément.
Passe une bonne soirée.
Par pakita le Jeudi 26 janvier 2012
Oui, tu as sûrement raison. Il y a certainement de l'art dans toutes les vies, à des degrés différents, avec plus ou moins de conscience.
Ne serait-ce que lorsqu'on prépare un petit plat en arrangeant le tout avec goût et tendresse, lorsqu'on tricote des vêtements pour les gens qu'on aime, lorsqu'on décore sa maison. Le goût du beau, pour soi et pour les autres.
Par ppm00 le Jeudi 26 janvier 2012
Je suis un indécrottable romantique. Pour moi l'art est une expulsion, une contraction qui fait cracher le morceau. Une compulsion qui ne libère pas du mal et qui mène à recommencer l'acte de création comme on remplit un tonneau de Danaïde.
Il faut en chier un peu pour être un artiste, sinon t'es juste un fabriquant de produit.
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
Hello pp
Je ne suis pas d'accord avec ta définition de l'art... Je suis même à l'opposé.
Par contre je suis d'accord avec ta dernière phrase. Ne pas confondre l'art et l'artisanat.
D'ailleurs c'est ce que je faisais avec ma décoration de pot en terre, de l'artisanat... c'est pour ça que c'était aussi plaisant, aussi reposant... ce n'était pas à proprement parler de la création. ça demandait certes une petite technique, mais c'est tout.
Par Véro le Vendredi 27 janvier 2012
Bonjour Pakita
Merci pour ta réponse qui démontre une fois de plus ta sensibilité et l'intérêt que tu portes aux autres.
Non, je n'ai pas de blog. Pas assez à dire, ou alors justement, trop à dire, mais qui ça intéresserait finalement, les états d'âmes d'une secrétaire de mairie qui rêve d'ailleurs ?
J'étais à mon compte avant. Je tenais une petite entreprise d'imprimerie avec mon mari. Et puis il est décédé il y a 4 ans et j'ai tout laissé tomber, trop triste, trop seule. J'ai vendu pour une poignée de pain ce qui était toute notre vie.
Quand je n'ai plus eu assez d'argent pour vivre il a bien fallut que je trouve un travail mais je n'ai rien trouvé dans mes qualifications, alors un ami m'a proposé ce travail de secrétaire dans la mairie de chez lui. Je suis piégée entre les remerciements qu'il attend à juste titre de ma part et ce boulot qui me va si mal. Combien sommes-nous dans ce cas !
J'ai ton age, je suis née en août 64 tout comme toi. Ni vieille ni jeune. Si je dois me réveiller c'est aujourd'hui. Ensuite je n'aurais plus la force.
J'ai donc commencé à peindre hier, j'ai choisi comme modèle un chalet montagnard. Pour l'instant ce n'est pas concluant (rire) mais il n'y a pas de raison pour que je n'y arrive pas au final.
Je suis heureuse d'avoir poussé la porte du boudoir.
Bonne journée à toi, à Loup et à Théo.
Par véro le Vendredi 27 janvier 2012
ah, et puis j'ai oublié de dire, mais je n'ai pas lu quelques-uns de tes billets ? je les ai tous lus... du premier au dernier et la plupart des commentaires aussi. C'était aussi passionnant que de lire un roman et certains soirs je n'arrivais pas à décrocher et je te lisais jusque tard dans la nuit.
Par mère à la noix le Vendredi 27 janvier 2012
Pakita, tu as de la ressource comme on dit chez moi. Tu sais faire des choses avec tes mains. Si on te confisque ton appareil photo et ton ordi, tu ne seras pas complètement démunie ! J'envie les savoir-faire plus que les savoirs. Je ne sais pas si ce sont des dons, je ne sais pas si chacun porte en soi un don pour quelquechose. Je ne sais pas si bien souvent les cartes sont distribuées dès la naissance, dès la petite enfance ... Je n'ai baigné dans aucun art et je ne suis douée pour rien de réellement créatif. Je n'ai pas trouvé, pas suffisamment cherché l'or de mes mains ou bien de mes pieds ou encore de tout mon corps ! En vrai je me demande si c'est vraiment à moi de chercher ... Ne se sent-on pas attiré quand il y a matière à explorer ?! J'ai le sentiment que tous les arts me sont interdits. Je ne sais pas dessiner, je ne sais pas peindre, je ne sais pas modeler, je ne sais pas jouer d'un instrument de musique, je ne sais pas chanter, danser ... Bref.Bref ...
ADMIRATION !
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
Bonjour Véro.
C'est gentil de venir en dire plus sur toi. Je me doutais bien à te lire la première fois qu'il s'était passé quelque chose de douloureux dans ta vie. C'est vrai qu'il y a du bon à être artisans, ne serait-ce que de pouvoir travailler en couple, faire selon sa vision etc. Mais c'est fragile et à la moindre secousse tout peut alors se détruire et je comprends mieux du coup pourquoi ce travail de secrétaire de mairie ne te convient pas.
47 ans, comme tu le dis si bien, c'est ni jeune ni vieux... c'est un peu la croisée des chemins et comme toi je me dis qu'il ne faut pas trop attendre pour faire des choix, prendre des décisions, se secouer un peu.
Dis-moi, qu'as-tu choisi comme peinture ? Acrylique ou huile ? car les deux techniques sont vraiment différentes. Moi j'ai essayé les deux. l'huile a un meilleur rendu, mais quel travail ! Et puis l'entretient du matériel est capital. L'acrylique est beaucoup plus facile en tous points. Tu as raison de profiter de ton arrêt maladie pour aller à la rencontre de la peinture. Je suis vraiment heureuse pour toi.
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
A chaque fois que quelqu'un m'annonce qu'il a remonté en entier les archives du boudoir je suis complètement émerveillée.
Mia more l'a fait avant toi, commentaires compris également ! Je ne sais pas combien d'heure cela doit prendre vu que les commentaires font parfois le triple voire plus que les billets !
Et puis ça me touche bien sûr, qu'on puisse ainsi prendre du plaisir à lire le boudoir, tel un roman. ça me rassure, surtout quand j'ai des coup de blues et que je me dis que même ce boudoir ne sert à rien.
C'est difficile pour moi de prendre le recul nécessaire pour m'imaginer ce qui apparaît de moi, de notre vie, de notre famille lorsqu'on lit d'une traite les 3 années racontées ici.
Mais si d'une manière ou d'une autre j'ai pu t'aider, ne serait-ce qu'un peu, alors tous ces mots valent bien la peine. :-)
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
Hello Sandralou.
Je pense, pour répondre à ta question, qu'il faut aller à la rencontre de l'art. Il faut se questionner, s'écouter et surtout se faire confiance. Je ne sais pas ce qui fait que tu doutes autant de toi ma belle, alors que depuis le temps où je te lis je sens ton âme si belle, si généreuse ! Je suis persuadée qu'il y a en toi tant de choses qui ne demandent qu'à sortir ! Et ce n'est pas pour te brosser dans le sens du poil, tu me connais assez maintenant, tu sais que lorsqu'il le faut je ne mâche pas mes mots.
Non, vraiment, et c'est d'ailleurs pour ça que je n'ai jamais réussis à me résoudre à t'appeler mère à la noix, car ce n'est pas comme ça que je te vois.
Tu devrais essayer l'art abstrait. La peinture permet cela et c'est souvent surprenant tout ce qu'on est capable de sortir alors.
Ou la photo ! Il me semble me rappeler que tu aimais faire de la photo. Tu devrais choper le lumix de ton homme de temps en temps et t'en aller à l'aventure capturer ce qui te touche.
Je crois en toi... je crois en toi pour nous deux s'il le faut ;-)
Tendresse.
Par Tazounette le Vendredi 27 janvier 2012
Ton dernier paragraphe est sublime. Et il me parle tant. Il résonne. Oui, je ne me sens jamais aussi bien que lorsque je suis à mon ordi. Que l'appartement est vide et silencieux des gens que j'aime. Seule. Face à la page blanche. J'hésite quelques minutes, le temps de caler mes idées. J'installe une situation. Et d'un seul coup, dans ma tête, la scène se met à exister, les personnages à prendre vie. J'assiste à tout cela et mes doigts tapent sans discontinuer, ils racontent ce que mes yeux voient, mes oreilles entendent, les odeurs même que mon nez semble sentir. Tout, je ressens tout et pourtant, je suis seule, dans mon appartement vide. Tout prend vie à l'intérieur de moi quand les mots s'installent sur les pages qui étaient blanches. Sur les pages qui étaient vides. Je suis faite pour ça depuis que j'ai 12 ou 13 ans. Je le sais depuis toujours. Et pourtant c'est comme si j'avais honte. Honte d'être si différente des autres. De ne pas envoir envie de gagner plein de frics, d'avoir un chef au-dessus, de ne pas avoir d'ambitions que celle qui est la mienne. Etre seule face à mon ordi et imaginer des vies, des personnages torturés ou non et faire vibrer mes émotions à l'infini. Celles que j'ai ressenties toujours plus fort que les autres. Dans une violence particulière. Envie de les donner à d'autres, à des gens que je ferai vivre à l'intérieur de moi et que je regarderai évoluer. Et de trames en trames, de mots en pages, créer mon histoire... Pleine de moi, de ce qui me parle dans ce monde intérieur si riche... Mon rêve. Celui que je chéris. Et dont je m'occupe enfin. Grâce à un livre de Stephen King que j'ai lu d'une traite "Ecriture, mémoires d'un métier". C'est lui qui a ouvert la porte que je maintenais fermée. Je ne la refermerai plus jamais. Parce qu'il n'y a que lorsque j'écris que je suis parfaitement "une"...
Merci de tes mots. De tes émotions qui me permettent enfin d'oser le dire.
Par Miette/Débla le Vendredi 27 janvier 2012
La peinture, le dessin, la musique, enfin pour ne pas tout nommer, l'art sous toutes ses formes participe au bien être de celui/celle qui le pratique ou celui/celle qui le regarde. Ma meilleure amie Tzigane a été sauvée par son art: la musique. Elle a été amputée d'une jambe après un grave accident, mais la musique la porte, l'embellit, elle qui ne sait ni lire, ni écrire sait utiliser de langage universel....
Par Miette/Débla le Vendredi 27 janvier 2012
oups : CE langage universel !
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
Je te comprends si bien Tazounette, car ce besoin d'écrire je l'ai également, aussi loin que remontent mes souvenir. Ne pas écrire pendant trop longtemps, c'est comme me laisser envahir par un trop plein, comme me rendre malade sciemment !
Et écrire oui, c'est comme peindre, comme modeler, comme chanter, c'est faire sortir de soi tout ce qui est nous et qui n'est pas juste ce qu'on nous permet de montrer, ce qu'on nous demande, ce piège que la vie est parfois.
Ce livre de Stephen king je l'ai lu moi aussi, d'ailleurs j'ai lu tous les Stephen King. ça ne fait pas très littéraire tout ça, mais je suis toujours la première à le défendre parce que je trouve que c'est un conteur hors pair. Il sait raconter des vies comme personne. J'ai retrouvé tant d'émotion de mon enfance dans ces récits !
Tu vois, je viens de finir à l'instant une séance de modelage de presque 3 heures. Je suis littéralement épuisée physiquement, mais j'ai l'esprit clair, je me sens forte, j'ai l'impression ne n'être parasitée par rien.
Alors oui écris ! Écris jusqu'à vivre pleinement ! Si ta vie est là, personne ne doit pouvoir t'interdire d'y aller, et surtout pas toi.
Et puis, félicitation pour les fiançailles ;-)
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
L'artiste n'a plus de visage, n'a plus de corps. Il donne tout à ce qu'il produit, à ce qu'il offre au monde. Et je pense que comme ton amie, l'art a du sauver maintes et maintes vies ! Je pense aux poètes de tous les temps, aux peintres miséreux reconnus après leur mort (comme c'est facile ! ça évite de les payer), aux musiciens crèves la faim.
Je me souviens de mes années d'étudiante où on préférait s'acheter un nouveau jeu de cordes pour mon violon plutôt que de quoi remplir nos assiettes, qu'on allait à pieds pendant des heures pour éviter de payer le bus et ainsi s'offrir une place de concert.
Je n'en suis plus là aujourd'hui, heureusement, il faut avoir la santé pour ça. Et pourtant, alors que j'ai toujours mal au dos (même si ça va mieux grâce à mon traitement) je ne peux m'empêcher de faire de la terre qui me fatigue pourtant beaucoup. Mais c'est de la fatigue saine.
Et puis tu as bien raison de dire que l'art est un langage universel :-)
Je t'embrasse.
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
:-)
Par Ln le Vendredi 27 janvier 2012
artiste complète , ça ne m'étonne pas de toi ! merci pour tes conseils, l'idée murit doucement.
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
De rien, de rien :-) Heu... de quels conseils parles-tu ? Te mettrais-tu à la terre toi aussi ?! cooooooool !
Par Pastelle le Vendredi 27 janvier 2012
C'est une grande richesse d'avoir été "immergée" ainsi. C'est inestimable ce qu'on t'a transmis, et que tu as transmis à ton tour à tes enfants.
Chez moi, l'art, c'était un mot qui n'existait pas. Je n'en ai jamais entendu parler avant la terminale.
Et la "musique" c'était Dalida.
Tout ça, c'est un monde, un autre monde, d'autres mondes qui se croisent...
Et je me souviens de mon sujet au bac : "L'art est il un jeu ? L'art n'est il qu'un jeu ?"
Par pakita le Vendredi 27 janvier 2012
Bonsoir Pastelle.
Et bien ! Pour quelqu'un qui a découvert l'art sur le tard tu t'es bien rattrapée :-)
Mais en effet, j'ai eu beaucoup de chance d'avoir des parents qui ont estimé que l'art avait sa place dans notre apprentissage d'autant qu'eux-même en avait été dépourvu dans leur propre jeunesse !
En te lisant je ne sais pas pourquoi, mais j'ai pensé à un billet que j'avais écrit il y a 3 ans à propos d'un couple de nos voisins qui m'avait beaucoup apporté à propos de l'art. Si ça t’intéresse, c'est ici : http://www.pakita-boudoir.com/le-mari-de-mireille-3053669.html
Quant à ton sujet de BAC, c'est casse-gueule comme sujet !!! Loup me dit qu'il se méfie beaucoup des sujets sur l'art parce que c'est immense et que ça relève d'une grande connaissance et qu'en générale il évitait ce sujet avec ses élèves.
Par Miette/Débla le Samedi 28 janvier 2012
C'est "drôle" de penser que j'ai été plongé dans l'art dés mon plus jeune âge, et coupé de lui par mon père. Mon grand père était sculpteur et peintre. Il vivait de son art comme tous les artistes plus que modestement. Quand j'ai émis l'idée de faire des études d'art et me lancer à mon tour mon père n'a pas voulu et il m'a dirigé vers la vie active. Je me suis rebellé, une fois immancipée je suis partie de mon foyer familial... C'est comme ça que j'ai cotoyé des artistes de tous bords. Mais je me cachais pour dessiner et peindre persuadée que je n'avais aucun talent... J'ai mis des années à me débarrasser de ce complexe. J'ai 59, je prends des cours de dessin depuis 1 an et je me réalise seulement maintenant....
Par pakita le Samedi 28 janvier 2012
Quelle triste histoire. A-t-il eu peur pour toi ? Avait-il souffert de la pauvreté ? Avait-il un rapport à l'art conflictuel ?
Je crois que j'arrive un peu à comprendre les parents qui, inquiets pour leurs enfants, tentent de les persuader de choisir une voie plus sûre, plus lucrative que l'art... mais au final le choix devrait rester celui de la personne concernée !
Étrangement, moi je voulais être écrivain. Mais je n'avais pas de très bonnes notes en classe (sauf en français bien sûr) et mes parents ont préféré me voir prendre la voie musicale où à l'inverse on me faisait passer pour un petit génie (ce que je n'étais pas bien sûr).
Je ne leur en veux pas, je crois même qu'ils ont eu raison, je me serais fait rétamer lors de mes études littéraires, j'avais l'esprit trop libre pour supporter l'inflexibilité déjà à l’œuvre dans l'éducation nationale.
Mais comme cela a du être difficile et douloureux pour toi, ce besoin d'art, cette certitude que c'était ton chemin et de n'être qu'à côté, à douter, à ne pas savoir vraiment.
Mais tu as eu le courage de t'y mettre et c'est tellement important !
Tu sais j'ai eu un élève de violon qui avait 73 ans ! Je l'ai eu pendant 2 ans en cours avant de déménager et ce vieux monsieur rigolait à chacune de nos séances.
Moi j'ai 47 ans et je me dis qu'il est encore temps de me réaliser.
Je ne veux pas dire par là qu'il n'est jamais trop tard... ce serait un peu facile et inexact.
Loup en fait la triste expérience à la guitare. A 53 ans, ses doigts sont raides et douloureux et il se rend compte qu'il y a des morceaux qui ne seront jamais à sa portée.
Mais quand on a encore la volonté, quand on a encore la foi, alors il faut sauter le pas.
Passe une bonne journée Miette.
Par Marc Lef le Dimanche 29 janvier 2012
En général je réponds: c'est justement parce que l'art ne sert à rien que c'est indispensable!
Par pakita le Dimanche 29 janvier 2012
Ce à quoi je réponds à mon tour : Es-tu si sûr qu'il ne sert à rien ? ;-)
Bonjour Marc et bienvenue au boudoir.
Par Thierry le Lundi 30 janvier 2012
petit passage, merci paki et bonne année

je viens sur la pointe des pieds et je suis pas loin

en soin de rééducation en clinique je m'occupe
mais ne suis pas venu depuis un bail

des beaux textes qui font réagir

l'art de parler de soi sans ennuyer les auditeurs

bises ma grande
Par Jeanne 2 le Lundi 30 janvier 2012
Contrairement à toi , toute forme d'expression et artistique fut loin de mon enfance , ni en famille , ni à l'école
Mais on en manquait pas d'amour , c'est aussi ce qui compte n'est ce pas ?
C'est incontestable , la plupart des artistes ou grands créateurs viennent de milieux artistiques , difficile d'avoir un enfant musicien sans pouvoir l'aider un peu
Rien n'est perdu pour autant , j'ai mis mes pieds dans les musées plus tard , dans les médiathèques , les expo
Dans la vie , il y a les " techniques " , " les artistiques " , les "intellectuels " , nous sommes tous plus ou moins attirés , tout le monde n'est pas doté de talent et d'esprit créatif , il y a une part d'inné , et une grande part d'acquis
Je suis contente pour tes enfants et pour toi d'avoir pu vivre de l'art , continuez longtemps ...
Par pakita le Lundi 30 janvier 2012
Bonjour Thierry.
C'est gentil de passer me voir malgré tes misères ! Je ne sais pas ce qui t'as envoyé en rééducation, mais je souhaite de tout mon coeur que ce n'est pas trop grave et que tu ne souffres pas trop !
Malgré tout, moi aussi je te souhaite le meilleur pour cette nouvelle année, et surtout bien sûr, la santé... je sais trop bien comme plus rien n'est possible lorsque le corps nous trahit.
Je t'embrasse fort et t'envoie toutes mes pensées les plus tendres.
Par pakita le Lundi 30 janvier 2012
Bonjour Jeanne.
C'est clair qu'une société ne pourrait pas vivre s'il n'y avait que des artistes :-) et que pour un bon équilibre il faut qu'elle se compose de tous les métiers. Et puis il est certain aussi que tout le monde n'est pas forcément attiré par les arts non plus, et que certains préféreront d'autres passions tout aussi intéressantes.
Par contre je pense qu'il est possible d'être à la fois artiste et technicien et intellectuel. Je ne pense pas qu'être l'un te coupe de l'autre.
En ce qui me concerne d'ailleurs, je me sens plus technicienne de l'art que vraiment artiste. Mes enfants le sont bien plus que moi. Et je me sens malgré tout plus intellectuelle que manuelle.
Je pense que nous sommes composés de multiples facettes et c'est ce qui fait la richesse d'un individu et au final, la richesse d'une société.
Passe une bonne journée.
Par ariana lamento le Mardi 31 janvier 2012
salut!
Et bien je pense que si je suis toujours en vie, c'est grâce à la musique, et à chaque fois que j'en écoute (enfin, de la musique que j'aime, pré 1750), je me réconcilie avec tout. Donc je suis réconciliée tout le temps, quoi.
Par pakita le Mardi 31 janvier 2012
Bonjour Ariana...
Y'a eu un petit soucis au niveau des com' cette nuit, mais j'ai eu ton message dans ma boite email du coup j'ai pu le remettre au boudoir.

Lorsqu'on lit ton blog il apparaît tout de suite comme la musique compte pour toi et comme elle consolide ta vie justement. Que tu aies pu en faire ton métier est merveilleux, même si ce n'est pas toujours dans les conditions optimales ;-)
Par Cristophe le Mardi 31 janvier 2012
@ ariana lamento

Pour la musique, tu devrais trouver ton bonheur là-bas :
http://www.passee-des-arts.com/
Pas dans le dernier article (consacré à Sibelius, trop jeune pour toi) mais juste avant...
Par Thierry le Samedi 4 février 2012
Long séjour... une banale histoire de genou qui ne restera sûrement pas dans les annales... sauf pour moi!


Une fois stabilisé après l'opération, commençait alors le séjour qui allaient apporter son lot de surprises, d'apprentissages et de nouvelles plus ou moins agréables!

Il fallait pourtant accepter le sort après la surprise, partie avec le genou qui était en l'air quand l'homme avait fini à terre.

Assommé par la nouvelle, il avait fallu une fois l'adrénaline dissipée et avant la morphine, accepter la situation, ce changement si brusque et les conséquences que cela impliquait!

Donc il n'y avait plus qu'à comme on dit, qu'à aller au bout de cette aventure inédite et pourtant réelle qui s'offrait à nous, à moi surtout, des changements, des adaptations, de la rééducation.

On était dans le tunnel où les vents mauvais nous avaient entraîné, plus de marche arrière, juste aller de l'avant quand ce serait possible et à la vitesse qu'autoriserait le corps.

Lentement tout s'agençait et prenait sa place, les rituels bien limités au début par l'immobilisation totale avaient offerts des espaces et des temps de liberté retrouvée, reconquise avec un semblant de mouvement.

La sensation pesante qu'il fallait réhabiliter l'esprit aussi et profiter de cette pause inespérée et de ce repos forcé pour avancer était bien ancrée et je pouvais construire sur de la lisibilité, de la confiance et de l'effort.

Le tout début, déconcertant, fut décevant mais instructif sur mes capacités et ma perte d'autonomie, montrer ses fesses et laisser voir son individu dans la faiblesse de la nudité était proprement, même à l'occasion des toilettes en milieu de matinée.

Les piqûres d'anti - coagulant laissaient un chapelet bleuté sur mon abdomen, pas domaine d'expérimentation mais réceptacle intra musculaire dans la bouée pour maintenir à flot une circulation fluide et éviter les bouchons.

Oh la nourriture était qualitativement correcte avec même des améliorations notables au premier de l'an avec la coupe, pas au carré ni dans le pré carré pour buller consciencieusement.

Les intervenants se succédaient, un carrousel tel qu'il m'était difficile de retenir tous les noms, mais les tête me parlaient et j'arrivais avec le dress code à savoir qui était qui.

Ma vie prenait un tour imprévu, mes forces m'avaient trahi et joué un bien vilain tour , mais nous allions trouver après la faille les taquets coinceurs qui m'extrairaient de là , position délicate et douloureuse pour un impatient chronique comme moi!

Le kaléidoscope n'en finissait pas et moi docile et résigné je me laissais faire, du moins au début, comme l'histoire va le montrer.

Pas de contrariétés en premier lieu, si ce n'est les fêtes qui m'avaient vu privé du bon et du beau, plus une goutte d'alcool en sept semaines, et un régime avec du pain quand même et de la mayonnaise light!


Bon jusque là ça baignait presque même sans douche avec des toilettes complètes au lit et des commissions sans faire de marché, puisque le pistolet n'était pas à deux balles et le bassin pas effondré!

Tout était loin d'être simple mais avec la bonne humeur coutumière des assistants presque personnels qui m'entouraient je sentais bien, jour et nuit, que rien de grave ne pouvait arriver... sauf un découragement précoce, une mauvaise humeur de sale gosse et peut être quelques éclats, pas que de chocolat!

Comme un coq en pâte, qui traîne la patte quand même, je voyais les jours passer, puis un miracle qui racle et pas que les fonds se produisit, allez loup y a!

On vint m'informer benoîtement des prérogatives et avantages auxquels me donnaient droit l'appartenance à une mutuelle huppée.

Ce qui sans faire le perroquet me fit déglutir brutalement, et d'égrener tant de mesures qu'avant la fin je me déclarais comblé de tous ces bienfaits qui, effectivement, me rendirent par confort et facilité la vie plus agréable et ça aide pour passer le temps!

Les progrès étaient lents mais attendus et scrutés, l'épaule en écharpe c'était comme une écharde dans mon maintien!

La première activité fut laborieuse avec une simple montée sur la chaise de pesée, une opération de poids pour faire le compte des rations de roi sur mon corps.



Ce fut la première marque mais le quintal n'était déjà plus dans la timbale et voilà que je déballe des chiffres ultra secrets!

La seconde fut un passage trouillard et hasardeux, mais seul sur le fauteuil roulant, le déroulement laissa à désirer avec une demi fesse emportée par l'accoudoir!

Puis je commençais enfin à utiliser ce moyen de locomotion moderne et rapide mais sans risque puisqu'équipé de freins, pas à disque rassurez vous, on connaît la musique!

Entre temps la toilette était l'occasion, loin de la douche globale mais rapide d'explorer mes abattis et de frotter dans le moindre recoin, récurer et surtout prendre soin, un élément de la thérapie, fondamental pour asseoir la démarche, avant même que de se mettre debout!

Manger en bas fut un peu délicat car la position de la jambe, hier comme maintenant, amenait fatigue et raidissement et me poussa (tout seul) à écourter mes visites et à hâter le mouvement des mâchoires pour ne pas choir en route d'épuisement.

Chaque jour plus d'efforts et de temps, un vrai plaisir, une compagnie, des échanges polis voire intéressants.

Après un mois les progrès étaient embryonnaires et la gestation s'annonçait délicate!

La visite chez le chirurgien amena un éclairage mais une attente si longue et fastidieuse!



Au retour il fallut une semaine pour recevoir les préconisations
thérapeutiques et la kiné était contingentée à des mouvements de la jambe droite et du travail automatique à la machine de flexion!

Le début de la semaine suivante après une semaine creuse et sans visites ni nouvelles entraîna, sur un terrain fragile, après le deuil de proches, des reproches puisqu'une soudaine et violente impatience m'entraîna sur la pente de la tension!

Épisode anecdotique de la crise des cinq semaines!
Shooté aux tranquillisants, je me le tenais pour dit mais voilà
après deux jours de déambulation je tombais sur un bec et la phlébite commençait, me clouant au lit pour 10 jours avec piqûres de jour...comme de nuit.

Pas de prise de risque inutile, pas d'obélisque aux téméraires.

La patience, pas sapience, mais ça pionce dans le lit, et aussi un nouvel accès de mots vite calmé après des quiproquos possibles, des interprétations et quelques reproches mal fondés. Un zeste frondeur de franchise m'affranchit de ces peccadilles et sans que l'escadrille ne reprit sa route je me sentais néanmoins paré à continuer dans la bonne voie!

Les soignants étaient à l'écoute et toujours ou presque...je sentis de l'attention; les dégustations partagées de chocolat ne me privaient pas dans mon effort constant et consistant.

Les soins se poursuivent, le moral est bon, les visites plus rares, c'est la loi du genre et les autres ont autre chose à penser, leur vie, comme je pense ici la mienne pour maintenant et surtout pour plus tard!
Par pakita le Samedi 4 février 2012
Bonsoir Thierry et merci pour tes explications (même si je ne suis pas sûre d'avoir tout compris :-) )
Ce que je vois c'est que tu aimes toujours autant écrire et reste poète même durant tes heures douloureuses !

Ce que je lis c'est que le moral est bon, ouf... le gros de la douleur et de la peur est derrière, c'est déjà ça ! Et j'espère que bientôt, ça restera un souvenir à raconter.
Et puis oui, les visites se raréfient, ça ne m'étonne pas. Les amis, même les plus fidèles, se lassent des ennuies qui durent. C'est comme ça.
ça ne veut pas dire que ce ne sont plus des amis ! ça veut juste dire que la vie attire plus que la maladie. C'est humain finalement.
Une pensée pour toi bien sûr. Continue de prendre soin de toi, de faire tout ce qu'on te dit comme un gentil petit garçon sage :-)
Et reviens-nous en pleine forme.
Par Thierry le Dimanche 5 février 2012
oui je sais que de seconds degrés et de sous entendus, mais bon c'est mon style !

oui la poésie est essentielle dans la difficulté pour dire avec recul le feeling, le beat !

oui solitude positive mais pesante !

oui en matière de thérapie je suis très obéissant et pas pressé car les progrès sont lentet je veux sortir en marchant

encore un mois!

je t'embrasse paki

merci de ta capacité à dire ta vie, qui est roman
mais avec bien du négatif mais tu es pleine de joie et de lumiére
Par pakita le Dimanche 5 février 2012
C'est vrai, depuis que je te lis je le constat, tout ce que tu évoques est poésie.
C'est un beau cadeau.
Prends soin de toi.
 

à vous









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