ourquoi l’art existe ? Pourquoi en avons-nous besoin pour vivre ?
Qu’est-ce le qui le rend aussi indispensable ? Pourquoi perdure-t-il malgré les difficultés de vie ?
C’est peu ou prou un sujet de dissertation philosophique que mon fils Harold doit rendre sous quinzaine et qui a nourri l’essentiel de nos discussions ce week-end puis de mes pensée après son départ.
Sujet passionnant s’il en est, d’autant que nous sommes plongés dedans depuis toujours me semble-t-il.
Toute petite déjà j’aimais dessiner, peindre, découper, fabriquer.
J’ai été immergée dans la musique dès l’âge de 5 ans. En plus de mon violon, le piano s’est retrouvé dans ma chambre par manque de place dans le reste de la maison.
J’ai suivi des cours de violon, piano, solfège, analyse d’écriture, histoire de la musique, orchestre, musique de chambre dans divers conservatoires. J’y ai rencontré moult musiciens, mais aussi des danseurs, des acteurs, puis à leur suite beaucoup de peintres et de sculpteurs.
Fut un temps où je passais plus de temps dans les concerts et les vernissages que dans ma propre maison.
J’ai vécu dès l’âge de 16 ans avec mon futur mari, un très bon pianiste classique.
Ensuite nous avons eu des enfants et les choses se sont un peu calmées pour moi.
Cela dit, J’embarquais mon fils aîné encore bébé lors de mes cours et je donnais un concert trois jours avant d’accoucher de ma fille fanny !
Fanny dont le petit berceau se trouvait sous le piano quart de queue, faute de place dans notre appartement et qui a pris ensuite l’habitude de s’installer à plat ventre sous ce même piano pour dessiner ou lire alors que son père et moi travaillons ou donnions des cours.
J’ai donné à mes enfants le gout des arts. Il y avait toujours à portée de main des feuilles, des feutres, de la peinture, des ciseaux, du carton, toutes sortes d’instruments de musique. Je voulais qu’ils puissent tout essayer, qu’ils aient la possibilité de s’exprimer de toutes les manières possibles, qu’ils découvrent ce qui les faisaient vibrer. Ce qu’ils ont fait.
Nous avons passé des après-midi entiers à dessiner, colorier, découper, chanter, inventer des histoires. Ce sont des souvenirs magiques et immortels qui comptent autant pour eux que pour moi.
Aujourd’hui, Alexandre, mon fils aîné est régisseur, ingénieur son, Lisa est scénographe et plasticienne et son compagnon architecte, notre deuxième fille Fanny est musicienne, chanteuse, pianiste et compositrice et elle vit avec Loup, musicien également aux multiples talents et notre fils Harold est un merveilleux poète qui se destine à être metteur en scène de théâtre.
L’Art, avec un grand A.
Pourquoi avons-nous tant besoin d’art ?
A quoi sert-il ? Que nourrit-il de si essentiel pour qu’il fasse partie de la vie depuis que l’homme est sur terre ?
Nous en avons conclu que c’est ainsi que l’homme était parvenu à se détacher de sa condition animale. Qu’il avait nourri sa part d’humanité, qu’il avait participé d’une certaine manière à son immortalité, qu’il avait offert aux générations suivantes ses acquis, ses progressions, ses plus et ses moins, ses peurs, ses joies, ses émotions.
Et puis voilà que tout à coup je me suis dit que c’était le seul moyen véritable de faire parler son âme. Je ne suis pas chrétienne, je ne crois pas en l’âme telle qu’elle est présentée par les diverses religions.
Mais je crois que notre âme est en quelque sorte le vase qui contient notre humanité.
Et que l’art en est le chant, le cri, la traduction.
Je me balade sur les blogs de mes enfants, je m’imprègne de leur art et je me vois en eux.
J’ai alors le sentiment qu’aucune souffrance ne pourra être plus forte que ce bonheur d’avoir des enfants artistes. Que leur beauté illumine le monde, que cette beauté rayonne à ce point qu’aucune noirceur ne pourra la recouvrir.
Quand je peins, quand je sculpte, quand je modèle, quand je dessine, je suis en vie. Complètement en vie.
Alors, tout prend un sens.
* Illustration :" L'accordéoniste" en fil de fer et bandes de plâtre.
Cadeau fait par notre fille Lisa.


























sourires...
Je ne sais si je suis vraiment en vie lorsque je peint. Où alors peut-être suis-je non vivante lorsque je ne le fais pas...
Va savoir ?
Mes tableaux les plus réussis, enfin pour moi, et je parle ici de l'Ankou, l'auto-portrait et de Gestation, ont été peints comme si j'étais dans un état "second". Je n'avais aucune notion de ce que je dessinais, aucune idée de la finalité...
Simplement le contact du pinceau, de la peinture et de la toile. Zombie j'étais...
Je ne connais pas l'art dans le sens ou tu le défini, dans le sens ou tu le raconte, cela me fait envie un peu, mais reste éloigné de moi.
Pourtant je trouve cela beau, très beau la façon dont tu en parles ! Et si j'avais eu la chance d'avoir des mômes, j'aurais aimé qu'ils rencontrent quelqu'un qui comme toi, aurait pu leur donner l'amour de l'art :)
bises