oirée solitaire. Née de mes blessures.Mes enfants donnent un concert ce soir, à Chambéry.
Loup y est allé sans moi.
Loup y est allé sans moi.
Jusqu’au dernier moment je me suis dit que je pourrais, que j’étais capable, que pour eux au moins !
Mais non, je n’y arrive plus. Je n’arrive plus à sortir de chez moi. Je n’arrive plus à affronter la foule, les rires, le monde, la vie.
J’ai le sentiment d’être dans le vide alors, d’être décalée avec tout le reste. Au lieu de me faire du bien, ces moments de bonheur me détruisent. Je ne sais pas mieux l’expliquer.
Quand je suis chez moi, ce décalage, je le vois par la petite fenêtre. A tout moment je peux fermer cette fenêtre et revenir à ce qui me tient encore debout.
Mais dehors… dehors j’ai l’impression d’être en danger. En danger de folie.
Rien que faire les courses dans une grande surface et j’ai le tournis. Je regarde les gens autour de moi et je sais que plus ça va et plus je me sens étrangère, en terrain ennemi.
Il y a peu encore, je pouvais me faire violence. Mais j’en ai assez justement de me faire violence.
J’en peux plus de ne plus avoir en moi que la notion de devoir. Je voudrais tant retrouver l'envie.
Je sais que mes enfants comprennent. Je sais que Loup comprend. Aucun d’eux ne me met la pression. Je sais qu’il n’y a pas de jugement de leur part.
C’est juste entre moi et moi.
Je me regarde et je n’aime pas ce que je deviens. Je me vois glisser jour après jour plus profondément dans le retranchement.
J’étais tellement plus forte avant. J’avais tellement de dynamisme !
Il y a encore deux ans à peine, je chevauchais ma moto et partais à l’aventure. Je me sentais forte et libre.
Que m’est-il arrivé depuis ?
Ma santé en a pris un coup, c’est sûr. Des maux permanents, la tête, le dos, l’asthme, et d’autres encore.
Ça m’use au quotidien de lutter contre ces souffrances et les médicaments qui abiment autant qu’ils soignent.
Mais il n’y a pas que ça je le sais bien.
Il y a eu une brisure. Une brisure fatale.
Je crois savoir. Je ne suis pas sûre.
En fait, je pense que tout s’est cassé cet été, lorsque je me suis préparée à partir.
J’ai fait les valises, les cartons, je me suis préparée mentalement à tout quitter, à franchir le pas.
Et puis rien ne s’est passé comme prévu et toute cette énergie s'est retrouvée inutile. (voir ici et là pour ceux qui arrivent depuis peu au boudoir)
Depuis j’ai vidé le camping-car bien sûr, mais tous les cartons sont encore éparpillés dans la maison. J’ai trop mal au dos pour les vider et puis le faire, ce serait comme accepter que jamais nous ne partirons.
Je n’y crois plus. Oui, voilà je n’y crois plus.
J’ai trop conscience de notre fatigue extrême.
Avant on pouvait encore se dire : "Allez, encore un petit effort, encore un peu, on se reposera après".
Aujourd’hui ce n’est plus possible. Ce tout petit effort n’est plus à notre portée.
Il n’y a plus d’avenir à notre portée. L’horizon s’éloigne. Mes forces s’amenuisent.
Je vis au jour le jour, sans plan, sans rêve, sans désirs même, si ce n’est peut-être, ne pas trop souffrir.
Ma fille chérie est sur scène à l’heure qu’il est, avec son Loup et notre ami Alexis.
Et moi je ne suis pas là.
Je n’ai même pas la force de me détester.
A la place je monte une vidéo faite ce week-end lorsque Alexis est venu à la maison accorder sa batterie.
De merveilleux moments. Le Loup de Fanny et mon Loup à moi à la guitare et à la basse, Alexis et Théo à la batterie.
Théo heureux comme rarement, chantant à tue-tête.
De merveilleux moments. Le Loup de Fanny et mon Loup à moi à la guitare et à la basse, Alexis et Théo à la batterie.
Théo heureux comme rarement, chantant à tue-tête.
Le temps de monter tout ça, de le charger sur le Net et j’en laisserai quelques traces au boudoir.
D’ici là… D’ici là, desserrer les dents, ouvrir le poing… chercher en moi les moments de chaleur, ceux-là même que je racontais au boudoir il y a quelques jours ! Et me dire que peut-être il y a une issue.
Croire encore et toujours à la force de l’esprit.

* Théo pour la toute première fois à la batterie. Souple, concentré, à l'écoute de lui-même et des autres. Il a adoré. Nous nous posons la question de lui proposer plus sérieusement cet instrument.
Théo a beaucoup de mal à chanter. En général ce sont soit des grognements, soit des petites comptines très courtes, très douces. Mais ce jour-là, encouragé par l'ambiance générale, il s'en est donné à coeur joie !

























Oui, je te comprends.. Une brisure qui semble finale, et l'on sait que l'on ne peut exprimer sa teneur effroyable. On n'aimerait ne pas y croire, pourtant on la ressent, cette finalité de la croyance..
Bisous ♥