Mercredi 14 décembre 2011

60 commentaires


http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/S.gifoirée solitaire. Née de mes blessures.
Mes enfants donnent un concert ce soir, à Chambéry.
Loup y est allé sans moi.
Jusqu’au dernier moment je me suis dit que je pourrais, que j’étais capable, que pour eux au moins !
Mais non, je n’y arrive plus. Je n’arrive plus à sortir de chez moi. Je n’arrive plus à affronter la foule, les rires, le monde, la vie.
J’ai le sentiment d’être dans le vide alors, d’être décalée avec tout le reste. Au lieu de me faire du bien, ces moments de bonheur me détruisent. Je ne sais pas mieux l’expliquer.
Quand je suis chez moi, ce décalage, je le vois par la petite fenêtre. A tout moment je peux fermer cette fenêtre et revenir à ce qui me tient encore debout.
Mais dehors… dehors j’ai l’impression d’être en danger. En danger de folie.
Rien que faire les courses dans une grande surface et j’ai le tournis. Je regarde les gens autour de moi et je sais que plus ça va et plus je me sens étrangère, en terrain ennemi.
Il y a peu encore, je pouvais me faire violence. Mais j’en ai assez justement de me faire violence.
J’en peux plus de ne plus avoir en moi que la notion de devoir. Je voudrais tant retrouver l'envie. 
Je sais que mes enfants comprennent. Je sais que Loup comprend. Aucun d’eux ne me met la pression. Je sais qu’il n’y a pas de jugement de leur part.
C’est juste entre moi et moi.
Je me regarde et je n’aime pas ce que je deviens. Je me vois glisser jour après jour plus profondément dans le retranchement.
J’étais tellement plus forte avant. J’avais tellement de dynamisme !
Il y a encore deux ans à peine, je chevauchais ma moto et partais à l’aventure. Je me sentais forte et libre.  
Que m’est-il arrivé depuis ?
Ma santé en a pris un coup, c’est sûr. Des maux permanents, la tête, le dos, l’asthme, et d’autres encore.
Ça m’use au quotidien de lutter contre ces souffrances et les médicaments qui abiment autant qu’ils soignent.
Mais il n’y a pas que ça je le sais bien.
Il y a eu une brisure. Une brisure fatale.
 
Je crois savoir. Je ne suis pas sûre.
En fait, je pense que tout s’est cassé cet été, lorsque je me suis préparée à partir.
J’ai fait les valises, les cartons, je me suis préparée mentalement à tout quitter, à franchir le pas.
Et puis rien ne s’est passé comme prévu et toute cette énergie s'est retrouvée inutile. (voir ici et pour ceux qui arrivent depuis peu au boudoir)
 
Depuis j’ai vidé le camping-car bien sûr, mais tous les cartons sont encore éparpillés dans la maison. J’ai trop mal au dos pour les vider et puis le faire, ce serait comme accepter que jamais nous ne partirons.
Je n’y crois plus. Oui, voilà je n’y crois plus.
J’ai trop conscience de notre fatigue extrême.
Avant on pouvait encore se dire : "Allez, encore un petit effort, encore un peu, on se reposera après".
Aujourd’hui ce n’est plus possible. Ce tout petit effort n’est plus à notre portée.
Il n’y a plus d’avenir à notre portée. L’horizon s’éloigne. Mes forces s’amenuisent.
 
Je vis au jour le jour, sans plan, sans rêve, sans désirs même, si ce n’est peut-être, ne pas trop souffrir.
Ma fille chérie est sur scène à l’heure qu’il est, avec son Loup et notre ami Alexis.
Et moi je ne suis pas là.
Je n’ai même pas la force de me détester.
 
A la place je monte une vidéo faite ce week-end lorsque Alexis est venu à la maison accorder sa batterie.
De merveilleux moments. Le Loup de Fanny et mon Loup à moi à la guitare et à la basse, Alexis et Théo à la batterie.
Théo heureux comme rarement, chantant à tue-tête.
Le temps de monter tout ça, de le charger sur le Net et j’en laisserai quelques traces au boudoir.
 
D’ici là… D’ici là, desserrer les dents, ouvrir le poing… chercher en moi les moments de chaleur, ceux-là même que je racontais au boudoir il y a quelques jours ! Et me dire que peut-être il y a une issue.
Croire encore et toujours à la force de l’esprit.
 
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*  Théo pour la toute première fois à la batterie. Souple, concentré, à l'écoute de lui-même et des autres. Il a adoré. Nous nous posons la question de lui proposer plus sérieusement cet instrument.

 


 
Théo a beaucoup de mal à chanter. En général ce sont soit des grognements, soit des petites comptines très courtes, très douces. Mais ce jour-là, encouragé par l'ambiance générale, il s'en est donné à coeur joie !
 



 
 
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commentaires

à vous

Par Ella B. le Mercredi 14 décembre 2011
Qui mieux que moi peut comprendre ce que tu ressens à l'instant T ... Car à bien y réfléchir, tout a basculé aussi cet été, d'avoir été au bout de moi même, du sacrifice, du combat, pour une fois gagné me le voir désisté, bafoué, ri au nez (oui, même mon fils m'a dit "je ne t'ai rien demandé"). Alors, maintenant, je suis brisée, par la non croyance.. Tout pourrait m'être accessible, possible. Et pourtant, je n'y crois plus, car je suis allée au bout de moi même cet été pour un énième néant.. Alors, des projets, des souhaits ? Pour voir tout s'échouer? Que l'on est tort ou raison, je sais ce que tu ressens. Pour moi aussi, ce fut un jour marquant, qui peut sembler anodin, mais qui ne l'est pas : 12 ans que j'assiste au Noel de mon entreprise, à aider, jouer avec les enfants de mes collègues, que je ne vois qu'en cette occasion. 12 ans malgré les séparations, les maladies, les difficultés, les disputes, les ruptures sentimentales, qu'importe : j'avais foi en la vie donc la vivait. Aujourd'hui, j'ai refusé.
Oui, je te comprends.. Une brisure qui semble finale, et l'on sait que l'on ne peut exprimer sa teneur effroyable. On n'aimerait ne pas y croire, pourtant on la ressent, cette finalité de la croyance..
Bisous ♥
Par Ella B. le Mercredi 14 décembre 2011
bourré de fautes, çà aussi, çà change :-(
Par ppm00 le Mercredi 14 décembre 2011
Bah alors ? tu manques de soleil ?
Moi aussi.
Se faire violence, le devoir qui prime sur l'envie, cela me parle. J'ai pratiqué :)
Mais il me semble que c'est précisément quand on en sort qu'on le ressent. Comme si on avait vécu jusque là dans le devoir, et que l'on s'ouvrait enfin avec culpabilité au néant possible de l'envie. Non pas que l'on ait plus jamais envie, mais l'absence à un instant donné d'envie laisse un grand vide, qui n'existait pas sous le règne du devoir - qui comme la finance ne dort jamais.
Il faut juste accepter ce vide possible, c'est le prix de la liberté, ne pas culpabiliser, ne pas essayer de le meubler à tout prix, j'ai du prendre sur moi au début, on est pas habitué à glander comme ça, à perdre son temps :)
Par madeleinedeproust le Jeudi 15 décembre 2011
Je crois que tu satures ma belle.
J'ai assisté cette semaine à une conférence sur la psychotraumatologie que j'ai trouvé super intéressante et qui m'a ouvert de nombreuses pistes de réflexion sur nos propres réflexes de défense face aux difficultés. Je te donne le nom de la nana, je suis sûre que ça pourrait t'intéresser toi aussi: SALMONA Muriel. En parler ici serait trop long. Si tu veux des précisions j'ai laissé mon mail.
Repose-toi bien. Et sans te forcer ne t'enferme pas non plus complètement. Et puis tu as de la chance: ton entourage te comprend et ne te juge pas, c'est déjà énorme je trouve.
Je t'envoie des bises pleines de courage.
Par Alain57 le Jeudi 15 décembre 2011
Je te souhaite beaucoup de courage, à toi et à tes proches. Ne renonces pas à un jour, revoir des rêves se glisser dans ton esprit.
Par jany le Jeudi 15 décembre 2011
cela me peine!
c'est vrai qu'à force de se battre sans trouver la porte de sortie ça USE
Par contre je suis sûre que vous allez relever la tête: SI, ça n'est pas votre nature de capituler, le moment présent demande repos - se laisser aller - accepter (juste la faiblesse)
être généreuse avec vous
et puis bon sang: retourner voir les bons moments qu'il y a eu aussi, tenez cette belle joie des enfants en repétition chez vous et ce beau rire de Théo
je pousse pakita ...je pousse!
repos!
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Oui, voilà, il y a des évènements qui marquent la fin de notre croyance. Se battre c'est une chose, mais se battre pour perdre toujours plus, ce n'est pas humain ! Mais on nous demande pourtant de l'être, humain. De continuer à sourire, à croire, à vivre !! Mais comment vivre sans rêve ? sans espoir ? Moi je n'ai jamais su.
Comme pour toi, nos victoires n'en sont pas finalement. Et aujourd'hui comment faire. Déjà que nous perdions alors que nous avions pour nous la santé, le peps, la volonté ! Aujourd'hui où juste me lever me demande un effort énorme.
Avant, j'étais toujours de bonne humeur le matin, même si la journée d'avant avait été difficile.
Aujourd'hui, rien ne me donne envie de me lever. Je voudrais dormir tout le temps, pour juste ne plus souffrir.
Mais voilà, il FAUT tenir, c'est ce qu'on nous dit, c'est ce que je me dis aussi bien sûr, pour Théo, pour mes enfants, pour Loup.
Même si au fond de moi, il n'y a plus rien.
ça fait trop longtemps que ça dure. C'est juste ça. Il ne s'est rien passé d'autre que cette cassure de cette été. Juste ça. Une cassure de trop.
Je pense que tu as parfaitement raison de boycotter l'arbre de noël de ton employeur, surtout après les vacheries qu'il t'a sorties il y a peu ! Y'en a marre de donner, donner, donner... et qu'en retour il n'y ai jamais rien pour nous.
Toute ma tendresse.
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
ouais ben, les fautes c'est un truc de ouf ! Bon, il y a les fois où j'oublie de me relire, là, c'est une catastrophe, va savoir pourquoi mais j'ai la manie de mettre des "S" là où il y en a pas et bien sûr, d'en oublier là où il y en a, sinon c'est pas drôle.
Mais même à la relecture !!! Je relis une fois, deux fois... et puis tac !!! au moment d'envoyer j'en vois encore plein ! C'est un complot, je le sens ;-)
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Hello mon pp.
Non, du soleil on en a ! C'est même incroyable cet automne de fou... c'est tout juste si on met une veste pour sortir ! L'année dernière à la même époque, on devait prendre la pelle pour déneiger devant notre porte.
Disons que c'est un autre genre de soleil qui me manque. Le soleil intérieur peut-être bien.
Depuis combien d'années tu me lis pp, depuis deux ans ? plus ? Tu sais bien que je pars au combat quand il faut, que je sais recharger mes batteries à toute allure, me suffire de presque rien pour me remettre debout ! Putain, je suis une bagnole économique !! ;-) Mais là, je crois bien que je suis au fond du fond. On m'en a trop demandé. Je n'ai plus de jus, tout simplement.

Je comprends bien ce que tu dis et je suis d'accord.
Mais comment faire lorsque l'équilibre familial est en jeu ! Lorsque la vie de notre fils est au premier plan de ces combats ! Lorsqu'on est, comme nous, englués dans ce village facho, dans cette maison froide, trop grande, trop sombre.
Que devient mon rêve d'une maison dans le Sud, du bruit du ressac, d'un jardin pour mon fils, d'un chien pour lui ? Que devient mon rêve mon pp.
C'était ce rêve qui me tenait debout. Et même si la manière d'y accéder était violente à cause de la pression que nous mettait les A.S., il était encore à notre portée cet été.
Aujourd'hui, mon rêve est plombé. Tout ce qui me reste, c'est un grand vide, un grand froid... et mes cartons pleins de choses qui nous manquent au quotidien et que je n'ai pas la force d'aller récupérer.
Nos enfants vont venir nous voir à noël. Je ne sais même pas où les loger tant il y a des cartons partout.
Je me lis, c'est rien ! C'est que dalle comme emmerdement ! Ben tu vois, ça suffit à me foutre en l'air.
Putain, si j'avais moins mal au dos... si j'avais moins mal au dos, peut-être que je les ouvrirais tous ces foutus cartons !
Allez, je vais me faire un thé... c'est toujours un peu de douceur volée à la journée.
Je pense à toi mon pp... à toi et à cette solitude et ce ras-le-bol aussi. Je suis heureuse que tu aies tes enfants pour noël.
Je t'embrasse fort.
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Hello.
Je viens de faire un petit parcours sur le Net pour en connaître un peu sur Muriel Salmona.
Pour l'instant, ce que j'en ai vu, même si cela a l'air passionnant, ne semble pas trop me concerner. Peut-être en as-tu lu plus et de façon plus "détachée".
Elle parle des traumatisées sévères, viol, mort, accident, prostitution. On peut mettre des mots nets et francs sur ces traumas.
Je ne me sens tout de même pas dans cette catégorie. Moi, ce serait plutôt l'inverse même... du petit à petit, du sournois, du lent et permanent. Pas vraiment une grande claque dans la gueule... juste des gifles, mais sans cesse.
Si je devais lister ces gifles, et je l'ai déjà fait pour moi, ce serait effarent. Je ne le fait pas ici pour la simple raison qu'on ne me croirait pas !! Je suis absolument certaine qu'il y en aurait pour penser que j'en rajoute, ou pour penser que certaines de ces gifles ne sont que des soufflets... mais lorsqu'on a déjà la joue en feu... un soufflet peut faire aussi mal qu'une gifle.
Bref... je m'égare je crois.
Pour dire que oui, je sature, c'est le bon mot en effet. Je sature à tous les niveaux.
Il me reste juste ce "chez moi"... non pas cette maison que j'ai fini par détester, mais ce qu'elle protège. Quant au risque de trop me renfermer, je ne sais pas. Je ne sais pas si on peut considérer le fait d'écrire ici, au boudoir, de parler avec vous tous, d'aller vous visiter, est une façon de sortir de mon enfermement... ou bien n'est-ce qu'un leurre justement, qui m'enferme d'avantage.
Je n'ai pas la réponse. A vrai dire, pour l'instant, je ne la cherche pas.
Et pour finir, c'est vrai, tu as raison, le fait que mon entourage ne me juge pas et ne me mette pas la pression est énorme !! Quelle chance j'ai ! Et tant d'autres ne l'ont pas.
Des bises chaleureuses.
Par -Selma- le Jeudi 15 décembre 2011
Bonjour Pakita
Pas pour les mêmes raisons que toi, mais comme toi je suis au fond.
Il parait qu'arrivé au fond, on ne peut que remonter. Pourquoi vider tes cartons? Vous allez partir un jour, il ne peut en être autrement! Pour l'instant tu n'y crois plus mais ça va revenir, tu rebondis toujours. Peut-être qu'en ce moment c'est de repos dont tu as besoin, de te recentrer sur toi, de ne pas penser à l'avenir. Juste être dans le moment présent.

Courage, je suis avec toi, je t'embrasse
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Bonjour Alain et bienvenue au boudoir.
Tu as raison, il faut laisser la porte ouverte aux rêves. Je crois que je sais encore le faire par moment, mais qu'il y a des moments de désespoir trop grands qui font perdre de vue tout le reste.
Merci de ton passage.
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Bonjour Jany
Oui, c'est ce que je fais tendre Jany, je me raccroche sans cesse aux bons moments, je m'y accroche de toutes mes forces. C'est pour ça aussi que dés que c'est possible, je viens les raconter au boudoir, et quand je suis au fond du fond, je viens les relire.
Quant à relever la tête, peut-être...
Nous allons hiverner dans notre grotte. Faire le plein de tendresse, voir nos enfants.
Nous verrons bien au printemps.
Mais d'ici là, combien de merdes vont encore nous tomber dessus ?! Est-ce que les A.S. vont nous lâcher ? L'E.N également ? Est-ce que des médecins vont enfin accepter de s'occuper de nous ?
Si tout ne dépendait que de nous, nous pourrions nous en sortir. Mais quand on commence à mettre un pied dans la misère, et je ne parle pas seulement d'argent, alors on est à la merci du moindre emmerdement. C'est une chaîne sans fin. Une chaîne organisée et sournoise.
Alors croisons les doigts. Croisons les doigts pour que rien de lourd nous tombe dessus avant que nous ayons eu le temps de reprendre des forces.
Je t'embrasse fort.
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Bonjour Selma.
La théorie du pied qu'on tape pour remonter... ouais, disons qu'elle a ses limites. Il y a des tas de gens qui se noient. Mais bon, pourquoi pas, pourquoi ne pas se convaincre, juste pour tenir bon. Je ne sais pas.
Sinon, pourquoi défaire les cartons ? Et bien parce qu'ils sont plein des choses nécessaire pour vivre, tout simplement. Je passe mon temps à chercher des trucs et des machins et je ne sais pas si c'est dans un carton ou non.
Déjà que je me sens mal dans cette maison, mais si en plus elle n'a plus ce qu'il faut pour vivre décemment !
En plus, les cartons encombrent les chambres. Comment loger mes enfants lorsqu'ils viendront pour noël ?
Quant à partir, ma foi, je ne sais pas quand ce sera possible. Comment vendre notre maison, trop grande, en trop mauvais état. où trouver l'énergie pour le faire, comment chercher une autre maison dans le Sud ? Comment gérer un déménagement alors que nous avons tant de problèmes de santé Loup et moi et si peu d'amis pour nous aider.
Je n'y crois plus. Non, j'ai beau faire, je n'y crois plus.
Tiens le coup Selma ! Je sais que ce que tu traverses est insupportable ! Je sais que tes blessures sont douloureuses et constantes, je sais que tu ne trouves rien à quoi te raccrocher, je le comprends si bien... mais tu peux encore tenir, encore te fabriquer des rêves... je l'espère tellement.
J'imagine que pour toi, les fêtes de fin d'année vont être difficiles à supporter et que des souvenirs vont venir t'envahir et te faire souffrir. J'espère que tu ne seras pas seule alors et que tu auras des amis, au moins un(e) pour te tenir la main !
Je t'embrasse fort.
Par Miette/Débla le Jeudi 15 décembre 2011
Il y a déjà quelques temps que je passe et lis ici sans laisser d'empreintes. Mais aujourd'hui c'est différent, envie de faire un signe de soutien et dire qu'il faut continuer à y croire pour reprendre des forces. Nous ne sommes pas des robots, nous avons le droit de flancher. Mon fils cadet est atteint de psychose( ou schizophrénie) après avoir subit le choc de l'annonce de sa maladie( il y a 7 ans)et tous les comportements qui sont liés à cette maladie, j'ai assumé tant bien que mal.Je venais 2 ans auparavant de me séparer de son père.... J'ai mis ma vie, entre parenthèses. J'ai été en colère,très en colère, j'ai alterné des périodes d'exitation, puis de complète apathie. Je me suis coupée du monde, de ma famille, de mes amis(es)...J'ai abandonné mes rêves moi qui était prête à un retour à une vie de décroissance, d'écologie, à vivre dans un chalet à la campagne, faire revenir ma meilleure amie qui vit à l'autre bout du monde dans de mauvaises conditions ....Mon élan a été tranché, paf, d'un coup.... Sept ans de doutes quant à l'avenir de mon fils, puis doucement, un pas après l'autre nous avons avançés vers du mieux. La bonne mollécule, le bon dosage de son médicament rendent un vie plus " normale", il travaille, fait des projets, raisonne, s'implique en tout dans notre maison, il a des copains, des amis(es), je l'entends rire comme les jeunes gens de son âge ... Il y a toujours du brouillard devant, l'horizon est encore voilé, mais on pense qu'il va se dégager un jour, nous y travaillons. Alors si mon témoignage peut t'aider à surmonter tes épreuves... Saches en tout cas que ton blog me touche beaucoup...
Par Tazounette le Jeudi 15 décembre 2011
Je pense que tes symptômes ne sont pas innocents : "plein le dos", "ras la casquette", et même ta respiration maintenant en pâtit... L'hiver est propre à l'hibernation. Peut-être est-ce de cela dont tu as besoin... Ecoute-toi. Tu auras les moyens de rattraper tout cela plus tard... On a besoin de recentrer parfois. Soi avec soi, pour mieux affronter le monde ensuite. Fais-toi du bien... Je pense que tes maux ne sont pas seulement physiologiques. Et je pense que tu as très bien identifié la source...
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Bonjour Miette et bienvenue.
Tout d'abord merci, oui, vraiment, merci de venir nous raconter un peu ta vie ici, de m'aider à me sentir moins seule, de savoir qu'il est possible de tenir, même seuls, même si on a l'impression qu'on ne peut plus tenir.
La schizophrénie je connais un peu, le fils aîné de l'ex compagne de Loup en était atteint, malgré tout, Loup l'a aidé a avoir son BAC, ce qui lui a permis par la suite d'être accepté dans un centre de très bonne qualité à côté de Paris.
Et j'ai l'un de mes meilleurs amis qui l'est devenu suite à la consommation de drogue.
Ce que j'en sais, c'est l'horreur.
L'autisme et la schizophrénie ont en communs quelques comportements il me semble, notamment le décalage des réactions vis-à-vis de certains évènements.
Je n'arrive pas à imaginer ce que cela doit être de vivre cela seule ! Nous avons de notre côté cette chance fabuleuse d'être un couple uni et d'avoir nos enfants à nos côtés. Quels que soient la gravité de nos ennuis, c'est quelque chose que je n'oublie jamais.
Encore merci Miette de ton passage, j'espère sincèrement qu'on aura l'occasion de partager à nouveau.
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Oui, je crois effectivement au langage du corps.
Lorsque j'étais enfant mes parents nous maintenaient, mes frères, mes soeurs et moi dans une hyperactivité constante. Musique, sport, sorties en tout genre. J'ai développé un rhumatisme articulaire infectieux qui m'a pourri la vie jusqu'à.... jusqu'à ce que je quitte la maison pour mes études. Sans commentaire.
Alors oui bien sûr, plein le dos, plein la tête... et plus d'air pour respirer. Difficile de ne pas faire le lien.
Ensuite, que faire pour se libérer de ça, pas facile. Bel et bien les lombaires sont touchées, les bronches foutues, et des migraines à tous propos. C'est le chat qui se mord la queue.
Je me lève certains matins avec tant de douleurs physiques qu'immédiatement mon moral est au plus bas... ce qui n'arrange rien à ma capacité à surmonter ma douleur...
Alors oui je vais hiverner. Je me sens plus animal que jamais. je regarde mes rats vivre au ralentit depuis quelques semaines... et j'ai le sentiment que mon cœur bat au même rythme que le leur.
Bises.
Par elcanardo le Jeudi 15 décembre 2011
J'ai lu le mot dans un des commentaires.. Saturation. Un trop plein de fatigue, d^énergie usée... En parler c'est déjà une belle chose, avoir la compréhension des tiens est primordiale. Rejette la culpabilité, ici il ne saurait en être question.

Je voudrais te donner le sourire que tu as su me donner presqu' à chaque lecture. Tu le mérites. Je n'ai pas de remède. Je ne suis qu'un pov' petit canard qui lui aussi a laissé quelques plumes dans d'honorables et aussi de vilaines batailles. Je pense très fort à toi, parle, écris, souris. Et chéris les bons moments...

Coincoins solidaires
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Décidément c'est le jour des coïncidences... j'étais en train de te laisser un commentaire chez toi et zou, qui retrouve-je dans mon boudoir... un p'tit canard à plume.
Bah, la culpabilité, c'est pas si facile de s'en dépêtrer. J'essaye bien sûr et même, pour tout dire, je trouve que je ne m'en sors pas si mal. Mais y'a quand même un vieux fond qui traîne et qui en rajoute parfois à mon bourdon. Mais au moins personne autour de moi n'en rajoute et c'est pas rien, comme tu dis.
Allez, traînons-nous cahin cahan jusqu'à la fin de l'année... on verra bien ce que nous réserve 2012 ;-)
Par Bleck le Jeudi 15 décembre 2011
Tu as beaucoup souffert, tu souffres, rien d'étonnant à ce que tu ne souhaites pas te confronter au monde "des autres"... accorde-toi du temps, encore du temps pour toi et ton clan un hiver et puis peut-etre même un printemps qui sait... allez repose toi, ça va revenir tout doucement.

Une bise, loin de la déconne... Eric.
Par Cristophe le Jeudi 15 décembre 2011
Quand je te lis, sur le boudoir et parfois dans certaines de tes interventions sur d'autres blogs, je me dis que tu as su rester très ouverte aux autres et que tant que tu auras cette ouverture-là, rien n'est perdu, ré-apprivoiser le monde extérieur est possible.
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Oui, un hiver, un printemps peut-être... en vérité, tout le temps qu'il faudra, je n'ai plus le choix. Je crois que tout simplement mon corps me dit stop et je ne vois pas trop comment je pourrais lui désobéir à moins d'aller trop loin... suis-je déjà allée trop loin ? pas impossible. Je crois que je paye cette note.
Tendresse.
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
Sourire... c'est ce que me dit Loup sans cesse.
Quand je lui dis que j'en peux plus, que le monde me fait chier, que je ne veux plus participer à rien blablabla... il me regarde et en souriant me dit : "ah ouais ? alors tu fais quoi au boudoir et chez tes potes du Net" ?
Pfff...
Moi qui passe mon temps à lui dire que les relations du Net sont aussi réelles que les autres, j'ai pas pu lui dire que : "ouais mais là c'est pas pareil".
C'est pareil ? j'en sais rien.
Ici c'est quand je peux, quand je veux. Au chaud entre mes murs, mon thé à côté, mes cigarettes, mes vieux standards de Jazz,mes grignotes.
C'est comme lire un bouquin au coin du feu... vivre l'aventure du grand Nord réchauffée par le bois qui brûle. Tu vois ?
En même temps, tu le vois pas, forcément, mais y'a plein de fois où je chiale devant mon écran.
Quand Jj me raconte son histoire d'enfance, Quand Miette me parle de son fils atteint de schizophrénie... quand l'une de mes filles vient me laisser quelques mots tendre, quand la musique que j'écoute m'arrache les tripes.
Je chiale.
Mais tu sais quoi... au fond, je crois bien que tu as raison tout de même. :-)
Par -Selma- le Jeudi 15 décembre 2011
Tu n'y crois plus pour le moment Pakita.
Prends ton temps.

J'ai regardé les vidéos que tu as ajoutées, prends aussi le temps de ces moments en famille, ils sont beaux ces instants.

Trop peu d'amis pour déménager? Mais peut-être que parmi nous, il y aurait des gens pour venir vous aider. Le net ce n'est pas si virtuel que ça... Tu as déjà une volontaire qui peut te prêter ses bras si tu veux, quand ce sera l'heure de...

Pour quelqu'un de repliée, je suis touchée que tu prenne le temps de t’intéresser aux autres et notamment de me poser des questions sur moi. Les fêtes qui approchent je n'y pense pas, j'essaie du moins. Et pour ça, comme toi, je reste enfermée chez moi pour ne pas voir les lumières et j'évite les magasins pour ne pas voir tout cet étalage qui me fout la gerbe.

Aller Pakita, toi aussi tu peux encore tenir et toi aussi tu reconstruiras des rêves!
Je t'embrasse fort
Par Manon. le Jeudi 15 décembre 2011
Un jour que je me ramassais à la petite cuillère, je me suis retrouvée dans une salle d'attente et devant moi il y avait un poster où il était écrit "on peut toujours reconstruire même avec des ruines", c'est devenu une véritable devise dans ma vie. On peut se sentir en miette, éparpillée, mais rien n'est perdu,l'estime de soi est le moteur qui va te permettre d'avancer, rien ni personne n'a le droit de te détruire.
Miette est une véritable amie,comme pour elle, la schizophrénie vient de rentrer dans ma vie, dans celle de ma fille plus précisément,son copain en est sévèrement atteint. On va se serrer les coudes, relever celui qui tombe, écouter celui qui hurle, et rire ensemble parce que oui rien ne peut plus nous abattre. Accorde toi des moments de solitude où tu te ressources, des concerts il y en aura d'autres, profite de t'autoriser de longues pauses. Les cartons pfff ça c'est chiant, un jour j'avais réunis tous les miens et mis un grand rideau devant jusqu'à ce que le courage me vienne...et il est venu ;-)
Je t'embrasse fort
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
En fait lorsque je parle de repli, c'est celui de la foule, du dehors, de la société actuelle, surexcitée, égoïste, consumériste, hypocrite et tant d'autres qualificatifs qui ne tiendraient pas dans ma page.
Je ne veux plus jouer le jeu, je ne veux pas avoir l'impression de suivre le mouvement, ce mouvement qui nous a noyés Loup les enfants et moi, ce mouvement qui n'a pas fait une simple pause pour nous permettre de reprendre pied.
C'est comme un mouvement de foule, tu vois ? Quelqu'un tombe et personne ne s'arrête, tout le monde le piétine. Ce quelqu'un, c'est moi.
Alors maintenant bien sûr, plus question de reprendre ce risque.
Mais je crois que j'aime encore "les gens".
Je ne me verrais pas passer à côté de quelqu'un qui souffre sans lui tendre la main, sans l'aider autant que je peux.
Et puis ici, dans la chaleur des blogs, j'ai quelques liens qui me sont chers, qui me gardent en vie. C'est comme un chant qui perce tendrement la nuit. Toi, les autres... comme un lien ténu et précieux avec le monde.
Tu as vu comme nous sommes beaucoup à souffrir ?! Il y a tant de souffrance ! Tant de souffrance et pourtant la fête continue, les achats continuent... Rien ne s'arrête pour la détresse. Oui, c'est ça, "the show must go on"... même si on est épuisé à en crever.
Allez ma belle... main dans la main... reconstruisons ces foutus rêves... qu'on s'en sorte enfin.
Je t'embrasse.
Par pakita le Jeudi 15 décembre 2011
C'est vrai, tu as raison de le rappeler. On peux reconstruire par-dessus les ruines. Tant et tant nous l'ont prouvé !
J'ai beaucoup lu les œuvres de Primo Lévi qui a eu tant de mal à se faire entendre à la sortie des camps et je me dis que si lui et tant d'autres ont su survivre puis se reconstruire après cet enfer... tout le monde devrait pouvoir tenir le coup ! Des survivants il y en a plein la planète.
Donc voilà, c'est par toi que Miette à fait son apparition au boudoir ! C'est un beau cadeau que tu m'as fait :-)
Sinon, pas con le coup du rideau devant les cartons !!! Pas con du tout !
Passe une bonne soirée (pluvieuse en ce qui nous concerne, mais nous sommes épargnés par le vent).
Par Ln le Jeudi 15 décembre 2011
Il est toujours aussi beau Théo ! A le voir, on ne peut croire qu'il est souffrant. C'est grâce à Toi, à son père, ses frères et soeurs qu'il joue, chante, vit et progresse. Tiens bon, ma belle.Tu as droit à des pauses, des raz le bol et surtout exprime les, qu'elles sortent pour ne plus te bouffer de l'interieur. Biz
Par Angèle* le Jeudi 15 décembre 2011
J'étais passée en coup de vent cet après-midi, j'ai bien fait de revenir ce soir, j'ai vu les vidéos avec Théo:) Oui, je crois que vous devriez lui proposer, c'est un bel instrument qui produit de suite son effet et sur lequel je crois il pourrait s'exprimer. En tous cas, il est beau ton fils!, il fait rêveur et appliqué à la fois, une " gueule " d'ange!
Tout au long de ton boudoir, lorsque j'y étais muette, je t'ai trouvée de ces femmes que j'appelle " Les femmes formidables ", c'est pour cela que je revenais lire ton blog. Ne proteste pas, parce que c'est ce que je pense:) Une femme avec une flamme intérieure qui te pousse, là où bon nombres d'entre nous se seraient écroulées comme un petit tas. Aujourd'hui, tu vacilles, mais t'es pas morte!, pose-toi, laisse couler le temps, mets-toi en stand by, temporise.
Il faut que tu arrives à faire soigner ces grosses douleurs que tu as, le dos, c'est épouvantable, tu ne peux pas rester comme ça. La vie du dehors, c'est plein de lumières, de bruits agressifs, de gens qui courent tout le temps après quoi?, cela fait longtemps que je m'en suis éloignée et cela ne me manque pas,ça ne parle que de fric, de dépenses et autres catastrophes annoncées.
Ce n'est pas forcément se replier, c'est faire un peu comme les chats, mettre son nez sous sa patte et ralentir le temps.
Je t'embrasse bien fort.
Par mia more le Jeudi 15 décembre 2011
Comme tout cela est compréhensible chère Pakita et c'est la raison pour laquelle tu ne dois surtout pas te détester et encore moins te forcer. Pardonne-moi de l'écrire ainsi, aussi brutalement mais ce qui se joue là finalement, c'est ta propre survie... Alors sois indulgente avec toi-même !
Les maux de ton corps sont, je le crois, ceux de ton âme mais ils sont peut-être aussi le signe que tu doives justement te ménager beaucoup plus... Je comprends que cela soit extrêmement compliqué dans ta situation mais peut-être pourrais-tu profiter de la présence de tes enfants (ou d'une partie d'entre eux) pour te poser un peu.

Cela me fait mal de te savoir ainsi, d'autant que je me sens totalement impuissante à t'aider.
Peut-être te dire que, même si c'est difficile à concevoir pour quelqu'un comme toi (et comme la grande majorité des gens) qui a fonctionné autrement : on peut vivre sans rêves. Je le sais car c'est ainsi que j'ai vécu et même d'une certaine manière continue à vivre (la force de l'habitude sans doute... ), même si aujourd'hui, j'arrive à me projeter un peu à quelques mois et surtout que j'ai pleins de désirs.
Bien sûr, contrairement à toi, je n'avais pas cette sensation de voies sans issue mais, à vrai dire, c'est certainement dû au fait que pendant des années le concept même de voie m'était totalement étranger.
Je n'en ai pris conscience que le jour où j'ai choisi la vie. C'est alors je crois que j'ai également senti très clairement le besoin de vivre en harmonie avec moi-même et avec ce qui m'entourait et c'est devenu le seul véritable projet de ma vie !
Repose toi ma belle et, lorsque tu as besoin d'air, n'oublie pas que tes fenêtres peuvent s'ouvrir sur un tas de choses. Tiens d'ailleurs, tu voulais une suite à mon histoire... ce n'en est pas tout à fait une mais je vais essayer de poster ce soir en quoi consiste la "punition" d'h2o et si cela n'éveille pas pour toi des désirs... ;)
Des baisers encore et encore
Par cathiminie le Vendredi 16 décembre 2011
Je passe lire à chacune de tes notes mais je ne commente pas, soit par pudeur ou par respect ou avec le sentiment vague que peut être mes mots écrits pourraient te blesser ou rajouter à ta peine et à ta souffrance. Souvent j'aimerais te dire, mais peut être dire et écouter, et pas seulement écrire, pour affiner un propos, pour rebondir sur une réponse, comme je l'ai fait tout à l'heure à mon travail avec cet homme qui m'a hurlé sa souffrance(physique et psychique) et son ras le bol de sa vie,avant de s'effondrer en larmes avec le besoin évident d'être touché, caressé, bercé comme un enfant. Je te sens à cran comme cet homme de tout à l'heure dans mon bureau.Je lui ai dit qu'il fallait qu'il continue de crier,de pleurer et de se plaindre auprès de quelqu'un qui accueille cette douleur(peut être toi est ce tes lecteurs de blog qui accueillent ta douleur) pour qu'émerge,que jaillisse, au delà de sa plainte légitime, l'énergie de chercher encore et toujours une solution, un petit bout de solution pour apaiser un peu de sa souffrance, que sa plainte devienne demande d'aide,demande de vivre autrement, demande de ne pas affronter cela seul.
En lisant les commentaires et tes réponses je me rends compte qu'au delà de ta plainte légitime,tu trouves la voie vers des petits bouts de mieux être,des petits bouts de solutions, des petits bouts de demande à d'autres...tous ces petits bouts mis bout à bout finissent par faire un grand bout, un pas en avant,une minute, une heure, une journée vers...vers ce que tu désires?
C'est comme Théo dont tu décris si bien les progrès, les hauts et les bas..petit à petit même si parfois ça repart un peu dans l'autre sens.
Arthur (diagnostiqué TED) le fils de mon compagnon a eu 14 ans récemment. Je me rends compte du chemin que son père et lui ont parcouru ensemble, du chemin qu'ils ont encore à parcourir pour qu'Arthur puisse vivre de façon plus "autonome" et que son père puisse respirer un peu et vivre autant comme homme que comme père. Un pas en avant, 2 en arrière, 5 en avant, 1 en arrière mais une somme positive même si c'est épuisant à vivre au quotidien.Parce que c'est épuisant!!! et mon compagnon me le dit parfois, et pouvoir passer à autre chose quand nous nous retrouvons et qu'Arthur passe le weekend chez sa maman.Parce que moi aussi je trouve épuisant de vivre auprès d'un enfant ou ado comme Théo ou Arthur et qu'on peut bien dire ras le bol, j'en peux plus, pour mieux repartir pour la danse des pas en avant et en arrière.Ce n'est pas ne plus les aimer que d'avouer qu'on n'en peut plus.
Pour prendre soin de Théo pour toi et ton compagnon,d'Arthur pour son père et moi, au mieux, il nous faut prendre soin de nous. Prends soin de toi du mieux que tu pourras, aussi souvent que tu pourras, même égoïstement par moment, et plains toi autant que tu pourras pour pouvoir enfin trouver la voie vers le désir d'autre chose et d'autrement. Ainsi va la vie et le désir de vivre.je t'envoie plein de courage. Une chanson me vient pour conclure moi qui habite la montagne et qui adore la mer et le soleil "pourtant que la montagne est belle..." bises gelées depuis la Suisse!
Par Anouchka. le Vendredi 16 décembre 2011
Que puis-je dire moi qui ne sort que forcée, moi qui ai si peur de la vie, de l'extérieur ?
J'ai arrêté de lutter moi aussi depuis un an, arrêté de me battre contre moi même, je me déteste pourtant pour ça, je ne m'accepte pas avec cette peur là.............
Alors je ne donnerai pas de conseil, pas d'appréciation, juste te prendre dans mes bras, car ça je sais le faire !
Et puis j'ai beaucoup aimé regardé Théo, il est beau ton fils !
Bon week end ma belle, bises douces
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
C'est vrai qu'il est mignon notre loulou, avec ses traits fins et ses grands yeux.
Lorsqu'il est à la batterie il est calme comme rarement ! Pas trop de tics, pas de soubresauts comme il a pourtant souvent. Il a l'air complètement à l'écoute de la musique et des résonance de sa batterie. Et puis, dès qu'il a sa Famille auprès de lui, Théo est heureux. Et quand je parle de famille, je parle de ceux qu'il veut y mettre ! Car Alexis par exemple qui est l'ancien petit ami de Fanny et qui est resté un ami précieux de tous, Alexis donc est comme un frère pour Théo. Loup (celui de Fanny) et Tom, le compagnon de Lisa sont aussi des frères pour Théo. Tout ce petit groupe est pour lui rassurant et jamais il n'est aussi heureux et aussi expressif qu'à leur côté.
Quant à moi, ma foi, je crois que j'ai toujours eu la chance de savoir dire ce qu'il y avait en moi. j'écris depuis toujours, aussi loin que remonte ma mémoire.
Merci d'être là.
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
J'ai cru comprendre que tu faisais un peu de batterie toi aussi ! C'est sûr que c'est un instrument formateur et je pense qu'il ferait beaucoup de bien à Théo. Reste le bruit à gérer, nous sommes au milieu d'un petit village. A voir donc, mais la question se pose sérieusement.
Sinon, que dire à tes propos. Une femme formidable ? ça me touche bien sûr, et peut-être l'ais-je été un peu, je ne sais pas. Mais aujourd'hui non, aujourd'hui je suis plutôt pitoyable je crois. Je ne suis que l'ombre de moi-même et j'ai beau faire, rien n'arrive à me ramener à celle que j'ai été et qui se sentait capable de déplacer des montagnes.
Je ne sais pas si ça reviendra. Je crois qu'au bout d'un moment, il manque la foi. J'ai trop de déceptions dans ma besace, trop de désillusions.
Je crois vraiment que pour avancer il faut croire que ça vaut la peine. C'est là où je suis en panne.
Je n'ai plus rien qui me tire, plus rien qui me pousse. Je n'ai plus rien qui me fasse envie et qui soit à ma portée.
Quant à mes problèmes de santé, l'air de rien je suis déjà allée voir les médecins, mais c'est à pleurer... Pour mon dos, comme il n'y a rien sur les radios... je n'ai rien. Voilà. On me file des anti-inflammatoire et on me conseille des bouillottes chaudes ! Au revoir madame. Pour ma tête, c'est pire encore. Oui, c'est embêtant les migraine, dans ce cas, isolez-vous, évitez le bruit, hop, un peu de codéine, ça ira mieux. Pour mon asthme, j'ai un super Pneumo, y'a pas à dire, le meilleur médecin que j'ai jamais eu. J'ai un traitement sérieux, mais depuis quelques temps il semble que ça s'aggrave, il faut que j'aille le revoir. Et puis j'ai oublier de parler de mes dents bien sûr !! Ah Ah !! le gros problème chez Pakita qui est phobique du dentiste depuis des années. En 8 ans, j'ai perdu 8 dents. Le compte y est. Cassées, brisées, fêlées. Je me trimbale des douleurs insupportables et tout ce qui va avec. Mais là, le problème vient de moi. Je DOIS aller voir un Stomatologue, mais je n'ai tout simplement pas le courage ni la force. Je fait l'autruche, je reporte à demain.
En fait là encore tout est question de confiance, et pas en moi pour le coup. Je n'aime pas les médecins, je n'ai pas confiance en eux. En plus en tant que CMU, je te dis pas comme je suis reçue.
Bref. C'est un problème urgent à régler. Je me suis promis qu'après les fêtes je m'y attelais. Je vais essayer de tenir cette promesse.
Merde... rien que d'y penser et déjà j'ai le moral dans les chaussettes.
Allez, je file sous la douche. Ce sera toujours ça de chaleur emmagasiné dans la journée !
Je t'embrasse fort.
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
bonjour Cathiminie, quel plaisir de te trouver au boudoir ! Oui, je me souviens bien d'Arthur, tu m'en as déjà parlé quelque fois. j'imagine combien l'adolescence doit être un moment difficile à gérer avec un TED. La transformation de son corps et tout ce que ça implique, les sensations différentes, les hormones. Et comme il est difficile le parcours de parents, comme cet enfant prend beaucoup de place dans une vie qu'on doit souvent mettre de côté.
Quant à crier sa douleur, je ne sais pas. Oui parfois, comme la dernière bouée lancée à la ronde. Non souvent, parce qu'on entend alors son propre cri et qu'on tourne en rond dans sa douleur.
C'est pour ça que, comme tu le remarques si bien, je préfère le faire par petites touches, pour garder les pieds sur terre, pour ne pas sombrer.
Il y a des jours où mon inconscient s'amuse à m'envoyer tout ce qui va de travers dans ma vie et si je ne stoppais pas cela tout net, je crois que je deviendrais folle.
Je ne peux plus me permettre de regarder toute la réalité en face. C'est trop dur pour l'instant.
Alors quand je m'en sens capable, je tire un fil, je le déroule pour en regarder la forme, la couleur, la solidité... et je compose avec ce fil le reste de la journée. Le lendemain est un autre jour,avec un autre fil, ou même, pas de fil du tout, juste ce sentiment qu'un jour de plus est passé et que je suis encore debout.
Aujourd'hui, la montagne est encore plus belle que d'habitude, enneigé avec un col de brume fantastique. On croirait presque entendre les Loups hurler.
Merci pour ton passage Cathiminie.
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
J'ai lu ton message cet nuit et j'ai tenté de m'imaginer vivre sans rêve. Oui, peut-être, sûrement. Je crois que Loup est ainsi. Il vit non pas tourné vers l'avenir, mais dans son présent. C'est pour ça je crois qu'il est bien plus solide que moi.
Moi, j'ai toujours eu besoin d'avoir des projets, des envies, des rêves.
Et puis au fil des emmerdes les rêves se sont amenuisés, se sont effondrés... jusqu'à aujourd'hui où je n'en ai plus, disons, plus à ma portée. Je me retrouve sans "carburant";
Alors peut-être que le moyen de me reprendre, c'est peut-être effectivement changer ma façon d'être, de fonctionner ! Peut-être qu'un jour à la fois, mais un jour rempli, est la solution !
Je ne sais pas si j'en suis capable. Mais je vais y réfléchir.
En même temps, il y a tous ces "dossiers" qui sont autant d'épées au-dessus de nos têtes. Je ne peux pas faire comme si elles n'étaient pas là ! Elles sont l'imprévu qui peut tout détruire dans nos vie à tout moment. Il y a tant de dossiers non clos, ou mal clos dans nos vies ! Nous sommes à la merci de tant d'institutions que nous avons égratignées et qui ne demande qu'à nous mettre à genou définitivement.
Je sais que si tous ces dossiers étaient clos (mais bien sûr c'est impossible, ça ne dépend pas de nous), je pourrais respirer, je pourrais avancer.
Mais avancer quand tu sais qu'à tout moment on peut te stopper net, te remettre à la case départ, pire même te charger d'encore plus de difficultés... ça m’immobilise.
Tu vois, pour exemple, à chaque fois que nous avons envoyé un courrier pour réclamer nos droits et rétablir la vérité, non seulement nous n'avons pas obtenu ce que nous demandions légitimement, mais à l'inverse, l'institution, peu importe laquelle, nous a rajouté des complexités, des menaces, des coûts phénoménaux à payer, humains, financiers, moraux.
Alors quand les gens autours de nous, bien pensants, plein de bonne volonté nous disent, "mais écrivez-leur" ! "Un coup de tel" ! "Allez les voir "!!! Comment leur faire comprendre qu'on l'a déjà fait ! Dix fois ! Cent fois ! Et qu'à chaque fois ça a été pire.
Non, vraiment... je n'ai plus envie. Plus envie de parler, de dire, d'expliquer de demander, d'exiger. Je n'ai plus envie de leur donner l'occasion de me laminer encore et encore, moi et ma famille.
Je me relis et je me rend bien compte que je radote, que je rumine... que ce n'est pas vraiment le sujet.
Et puis au fond si, c'est bien ça le sujet, c'est bien ça notre prison.
Aujourd'hui Loup part à Lyon chercher une petite caméra pour Théo que nous avons trouvé d'occasion. (Et oui, finalement on va lui offrir... une nouvelle mauvaise bonne idée ? peut-être pas). Je vais rester à la maison, tranquille, au chaud, me reposer, jouer avec Théo. Je vais tacher de reprendre un peu des forces. mes enfants seront bientôt tous à la maison, il faut que je sois plus forte qu'aujourd'hui pour les recevoir.
Tendresse tendre Mia.
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
Bonjour Anouchka.
Je crois que ce qui nous différencie, c'est que ce n'est pas vraiment la peur, mais le dégoût, le ras le bol qui me tient éloignée de la société.
Je peux prendre ma voiture, m'éloigner de ma maison, même me fondre dans la foule s'il le faut. Il ne me font pas peur, je n'ai pas l'impression que je vais me perdre parmi eux. Non, je me sens tout simplement étrangère. Pas étrangère vis-à-vis d'eux !! Mais vis à vis de ce qui les fait courir, de ce qui les motive.
J'ai alors le sentiment d'être dans un train qui ne va pas dans la bonne direction.
Ce n'est pas les gens que je fuis. C'est la vie avec laquelle il compose. Tu vois la différence ?
Je sais que j'ai l'air moralisatrice quand je dis ça, que certains pourrais penser que je me crois supérieure, ou je ne sais quoi encore. Mais non, ce n'est pas être mieux ou moins bien. C'est juste ne plus vivre dans le même monde.
Je n'ai le sentiment de n'avoir ma place qu'auprès des miens. Ailleurs, je me sens étrangère, pire même, comme je le dis souvent, en terrain ennemi.
Par Angèle* le Vendredi 16 décembre 2011
Juste une idée qui vaut ce qu'elle vaut, pour tes dents. J'ai eu les dents pourries de chez pourri jusqu'en 1998; pas d'argent pour les faire sérieusement soigner (j'ai eu un " dentiste " en 1986 qui m'a traitée comme une indigente et m'a fait des plombages en tuyau de cuivre, oui, les mêmes que pour l'eau). Et puis en 1998, on a connu dans l'annuaire, par hasard, une dentiste du centre dentaire mutualiste. Il y en a forcément un vers chez toi. Les soins y sont bien moins chers, on peut payer en plusieurs fois, ils prennent les gens à la CMU, etc... La mentalité y est bien différente que chez les dentistes libéraux!! Ca existe aussi pour les lunettes d'ailleurs. Le stomato m'a arraché 9 dents d'un coup (au bloc sous anesthésie), tu dors, tu vois rien et le lendemain, t'as pas mal! et la dentiste m'a patiemment refait le portrait, ça a pris un an environ.Pourtant, je peux te dire que les dentistes et moi, c'est une longue histoire de souffrance, mais il suffit de trouver le bon pour reprendre un peu courage et se soigner. Des dents en mauvais état entrainent toutes sortes de maux, dont les migraines aussi, ça épuise carrément.Je connais bien les douleurs aux dents, j'ai commencé à en avoir à 6 ans. Et je crois que chaque dent est en relation avec une partie du corps, donc à voir.Bah pour ton dos, si tu as mal, oui il y a forcément quelque chose!!
Faire de la batterie, c'est un grand mot, parce que j'ai toujours le sentiment d'être super coincée devant et puis quand je tape, je me détends:). Je n'y suis pas assidue parce que je trouve toujours autre chose de prioritaire à faire (ce qui est très con), mais c'est assez libérateur. Pour le bruit, soit vous simplifiez la batterie en ne gardant que caisse claire, une cymbale et le charley pour commencer, ça limitera et puis je ne pense pas que Théo tape comme un bucheron;), ou alors il y a de petites batteries sourdes mais il faudrait que Théo garde un casque sur les oreilles pour entendre le son et je crois que ça reviendrait plus cher.
Bises pluvieuses!
Par manoudanslaforet le Vendredi 16 décembre 2011
L'hiver s'est bien pour hiberner et avec le printemps tu retrouveras tes forces...j'en suis sure, tu es formidable et ta famille aussi des projets renaitront.... je t'embrasse
Par Nounouche le Vendredi 16 décembre 2011
c'est si dur de te lire aujourd'hui, tellement peur pour ceux qui se retranchent, qui petit à petit ne participe plus.... mon père a laché prise il y a 13 ans, à force de petit à petit se renfermer il a préféré partir dans un monde rien qu'à lui.
Reste là surtout, reste avec Loup et tes enfants, reprends confiance en la vie...
Je t'embrasse
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
Ah ! Comme ton témoignage me rassure, me donne des force !! Mon rêve, qu'on m'endorme, qu'on m’ôte toutes ces douleurs, qu'on en finisse une bonne fois pour toute. C'est donc que c'est possible ?
Oui, voilà, tu viens de me donner la force nécessaire. Je te fais cette promesse. Dés le mois de janvier j'irai me faire soigner les dents.
Merci... merci merci :-)
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
C'est gentil Manou. Question combat difficile, tu en connais un morceau ! Et je sais comme tu tiens le coup et comme tu peux être fière de toi.
Alors oui, passer l'hiver en un seul morceau et on verra bien ce que le printemps fera de nous.
Moi aussi je t'embrasse.
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
Peut-être as-tu lu mon dernier billet avant cette réponse, peut-être pas. C'est à toi que je le dois.
Ce commentaire que tu m'as laissé m'a mise en larmes. Il m'a touchée... au-delà de ce que je croyais capable. Je ne sais pas exactement pourquoi, enfin, si peut-être un peu.
J'ai lu chez toi ton billet sur ton père, j'ai vu la photo d'un homme qui avait l'air heureux pourtant !!
Mon père est parti il y a également 13 ans, mais de maladie. Ce n'est pas la même souffrance.
Je ne vais pas partir Nounouche. J'y ai pensé un temps, comme je l'explique dans mon dernier billet, mais c'est fini, je me suis fait la promesse de ne plus jamais y penser.
Oui, je reste là, près de Loup et de mes enfants.
Merci mille fois pour ton mot. Je ne l'oublierai jamais.
Tendresse.
Par Ella B. le Vendredi 16 décembre 2011
Je n'avais pas vu les vidéos de Théo ! :) L'enfant grandit, et devient petit homme ! (le mien a paru si bébé pendant longtemps..sans doute de ma faute..). Il a une élégance en lui.. et un très bon feeling musical !:-)) bisous
Par pakita le Vendredi 16 décembre 2011
C'est vrai que Théo est élégant ! Je n'avais jamais pensé à ça, mais maintenant que tu me le dis. Et puis c'est vrai qu'il grandit... En ce moment il pousse comme un épi de blé. Mais je trouve qu'il a encore son visage de bébé.
Sinon je pense comme toi qu'il à le feeling pour la batterie. Au niveau du chant, c'est pas la même bien sûr :-) mais bon... de le voir s'éclater comme ça c'était génial, surtout que c'est pas souvent. la plupart du temps Théo est très sérieux.
Bisous
Par ppm00 le Samedi 17 décembre 2011
Tu parles de rêve, mais justement, sortir définitivement du devoir, du devenir, pour accepter l'être, n'est-ce pas les projets de rêve qu'il faut oublier ? se réjouir sur place en l'état, de vivre, sans rechercher un ailleurs ou l'herbe serait plus verte ?
C'est un peu minimaliste, mais ce n'est pas juste de dire que la vie est dure à cause d'une maison triste et froide, dans un pays corrompu et violent, car cela ne change pas notre identité, notre fondement.
Les conditions de vie dérangent, donnent envie de se battre éventuellement, contre ces moulins à vent arrogants qui nous attendent de pied ferme avec des armes à répétition et des chars, mais ne nous modifie pas intérieurement.
On devrait arriver à demeurer heureux de vivre, sans que cela soit connecté à un projet par nature contingent.
Par S. le Samedi 17 décembre 2011
... je ne trouve rien d'intelligent à écrire... Peut être que bien sûr on ne s'enferme pas pour rien...
Je t'embrasse.
Par pakita le Dimanche 18 décembre 2011
Je suis partagée.
Disons que lorsque les "choses" sont bien délimité, oui, bien sûr, l'être prime sur tout le reste et peu importe le lieu, et peut-être même peu importe l'état. Mais bien sûr, rien n'est aussi simple, et il y a des lieux qui finissent chargés de tant de symboles qu'ils deviennent par là-même la cause non pas première, mais la plus tangible du désespoir. Lorsqu'un pays, ou une maison ont abrité le malheur, il transpire alors de chaque mur.
Je ne crois pas que la vie sera plus simple ailleurs, mais au moins je n'aurais pas les "fantômes" des tourments passés à chaque pas.
Lorsque je vais chercher le courrier, je passe par cette entrée, ces quelques marches par lesquels les gendarmes ont poussé brutalement Loup pour l’emmener en prison, menotté, en peignoir de bain en plein hiver. Lorsqu'on frappe à ma porte, pas une seule fois mon pp, pas une seule fois je n'ai le coeur qui s'emballe.
Cette maison, ce village, cette région... c'est comme un dossier que je voudrais refermer. Et puis bien sûr le climat difficile, et cette maison trop grande et en mauvais état.
Je sais que rien ne sera réglé magiquement parce que nous partirons d'ici, mais tout de même, je rêve d'une maison plus claire, avec un jardin, pas loin de la mer et dans une région où l'hiver ne dure pas 5 mois de l'année.
La vie n'est pas dure parce que je suis dans cette maison ! Mais c'est dans cette maison que nous avons vécu mille tourments.

"...On devrait arriver à demeurer heureux de vivre, sans que cela soit connecté à un projet par nature contingent..."
Oui, non... je ne sais pas. ça rejoint un peu ce que dit Mia. Je ne sais pas si j'en suis capable.
D'une certaine manière, j'ai toujours puisé mes forces dans des projets, c'est une façon d'aller de l'avant !
Tu sais ce que j'ai fait aujourd'hui ? Je me suis blindée de médoc et j'ai défait tous mes cartons. Tous ! ça m'a pris 6 heures. Ce soir je suis vermoulue, mais je vais mieux. C'est comme un choix que je n'ai plus à faire.
Je t'embrasse mon pp. Es-tu sous la neige ? Nous ça commence. Depuis hier, petit à petit, la neige nous offre sa blancheur et son silence. Je connais un p'tit bonhomme ici qui est tout content :-)
Par pakita le Dimanche 18 décembre 2011
S'enfermer... se pelotonner, se protéger, se camoufler, se cloîtrer, s'isoler, se murer, se blottir, se calfeutrer...
Je me sens Louve... je suis dans ma grotte avec ma meute. Là seulement, j'ai le sentiment que nous sommes en sécurité.
Je t'embrasse également.
Par Corinne Duval le Lundi 19 décembre 2011
Je ne vais pas en rajouter , je ressens la même chose depuis quelque temps ! Moins je sors moins j'en ai l'envie ! Est ce l'âge ?
Ton fils est tout simplement magnifique. Quelle énergie ils nous prennent ces petits
Bisous doux
Corinne
Par pakita le Lundi 19 décembre 2011
Honnêtement je ne crois pas que l'âge aie quelque chose à voir. Je crois que c'est la fatigue. Trop c'est trop et un enfant handicapé à la maison c'est déjà pas facile, mais bien plus fatiguant, c'est se battre contre les institutions pour pouvoir élever cet enfant correctement. Se battre, se battre, toujours se battre ! Comme si nous devions rendre des comptes, comme si nous étions soupçonnables... juste parce que notre enfant est différent ! Et puis toi comme moi nous avons morflé physiquement aussi. Le dos, tu sais mieux que personne à quel point ça bouffe toute ton énergie. Quand le dos souffre, le corps entier est handicapé.
Alors on se pelotonne dans notre grotte et on essaye de ne pas trop souffrir.
Dis, t'as vu ? c'est vrai qu'il est mignon mon loulou. Il me fait trop craquer à chanter comme ça... l'est trop nul pour le chant mon bonhomme, n'empêche, il avait l'air trop content ;-)
Par Corinne Duval le Mercredi 21 décembre 2011
Bien sur qu'il est magnifique ton bonhomme, le miens chante en anglais 'enfin il essaye !) Tu as raison de vouloir l'initier à la batterie, nos enfants ont des dons insoupçonnés et c'est là je pense qu'ils trouvent un semblant d'équilibre... Je maintiens que malgré tout l'âge n'arrange pas nos affaires, je me fatigue beaucoup plus vite qu'avant et j'ai tendance à baisser les bras plus vite ! Se battre contre les institutions est presque un boulot à plein temps et là pour faire reconnaître les capacités de Césaire pour aller en ESAT c'est pire que tout et mon dos et mes dents qui n'en peuvent plus ! Du coup le caractère en prend un coup ... Faire semblant d'aller bien est usant aussi, malgré tout l'amour que je porte aux miens je n'arrive même plus à être bien avec eux... Je suis allée en ville aujourd'hui et je t'assure que j'ai pensé à toi ! J'ai aimé et en même temps j'étais tellement pressée de rentrer !!! A partir de demain nous serons 15 quasiment tous les jours à la maison jusqu'à lundi ! Je sais que je vais rire et m'amuser et râler aussi, je deviens une vieille insupportable (rire) Par contre Césaire est aux anges ...
Passe de bonnes fêtes avec ton petit monde et Carpe Diem
Bisous
Par pakita le Mercredi 21 décembre 2011
oui bien sûr que le temps n'arrange rien à l'affaire, mais n'empêche, merde quoi, je n'ai que 47 ans ! Je connais des femmes de 60 ans ou même plus qui ont plus d’énergie que moi ! La vie use, la pauvreté use, les combats usent, et le handicap use... Moi en 2 ans, j'ai l'impression d'avoir pris plus de 10 ans (j'allais dire dans les dents, mais y'a pas que là d'ailleurs)...
Comme toi j'ai de plus en plus de mal à faire comme si j'allais bien. De temps en temps ça roule, et puis parfois, sans raison apparente, je craque, je m'isole, je pleure, trop c'est trop.

dis donc, 15 personnes ! pfff... j'espère que tu seras aidées ! C'est beaucoup de travail !
Nous, nous serons 8 mais à partir du 26. Encore une petite semaine pour me retaper.
Je t'embrasse et toi aussi, prends des forces auprès des tiens ! Et surtout auprès de ton homme qui a l'air d'être un homme bien.
Par ppm00 le Vendredi 23 décembre 2011
Merci pour ta réponse.
Je me faisais un peu l'avocat du diable pour trouver des réponses à mes propres questions :)

Bien sûr que tout n'est pas si simple, et c'est vrai que l'environnement a une importance capitale, surtout quand les lieux portent une lourde histoire. Après l'éclatement de la famille, je suis retourné devant la maison où sont nés les enfants, et les larmes sont venues toutes seules, simplement en regardant la maison. Maintenant je n'ai plus de projet, et je vais aussi bien que possible.

Nous avons prise sur l'environnement, nous pouvons transformer notre vie sur ce point.
Nous n'avons pas de prise sur d'autres éléments liés par exemple aux autres.
Agir sur notre environnement est donc une solution efficace pour améliorer globalement notre vie de manière déterministe, c'est donc une bonne idée :) et je te souhaite de tout cœur d'y arriver bientôt, dès 2012 !
Par pakita le Samedi 24 décembre 2011
C'est important de débattre, même en partant d'idées erronées... ne serait-ce que pour avancer, les confronter à l'autre, à soi-même.
D'autant qu'il y avait du vrai dans ton argument. Nous devrions pouvoir être nous-même n'importe où ! Mais la vie nous malmène parfois de telle manière qu'il vaut mieux laisser les fantômes derrière soi. Ce n'est pas pour se voiler la face, ce n'est pas pour oublier, pour faire semblant ! Non, c'est juste pour s’alléger un peu, pour se redonner quelques forces.
Tu sais, de toutes les maisons ou appartements que j'ai eu, et j'ai déménagé un bon nombre de fois dans ma vie, il y en a beaucoup qui me foutraient le bourdon si je devais les revoir. En fait, hormis la maison de mon enfance, et peut-être ma première maison avec mon ex... toutes les autres comportent des souvenirs bien trop douloureux.
Finalement, à bien y regarder, c'est peut-être une façon de continuer à avancer ! De laisser dans les murs le symbole de ses douleurs passées !
Bah... c'est un peu n'importe quoi. Pour excuse je suis blindée de codéine depuis plusieurs semaines et je commence à avoir le cerveau liquide si tu vois ce que je veux dire :-)
Je t'aime mon pp. Je suis vraiment heureuse qu'un jour tu aies ouvert la porte du boudoir :-)
Passe de bons moments avec tes enfants.
Par ppm00 le Samedi 24 décembre 2011
Ne t'excuse pas, cela ne sert à rien, car je ne pardonne pas moi :)
J'apprends aux enfants à ne pas jouer du pardon, ne pas demander pardon, ni pardonner.
On peut dire qu'on regrette, qu'on a même peut-être fait exprès et qu'on regrette, mais on ne demande pas à la victime de pardonner !
Moi aussi je suis content d'être venu ici un jour. Je ne blogue plus beaucoup, mais ça fait partie de mon service minimum ... un concept qui n'existe plus même pour la survie du citoyen.

J'y retourne, je participe à Noël, mais comme la maman est très très très présente, c'est pas facile, et je fais des pauses. Tout à l'heure j'ai été jouer de la flûte, et c'est le moment qu'elle a choisi pour entonner les chants de noël avec les enfants, en leur "proposant" d'aider à la préparation du séjour. J'y retourne :)
Je t'embrasse, et je vous souhaite à toi et à ta tribu une fin d'année douce et légère.
Par pakita le Samedi 24 décembre 2011
Oups, je n'avais pas compris que la maman serait là aussi. Du coup c'est pas vraiment la même. :-(
Allez, haut les coeurs !!
Plein de bisous à la neige.
Par Sophie le Mardi 27 décembre 2011
L'usure, oui, je comprends, je connais, pour des raisons différentes. Il y a des choses qui vous usent terriblement le courage et l'envie... Mais d'autres qui vous les redonnent, ne serait-ce que de manière transitoire. Loup est sage, il prend le moment présent, parce qu'il sait qu'il n'y a pas d'autre bonheur possible... Mais toi tu voudrais encore pouvoir te projeter et tu souffres de ne plus arriver à le faire, et c'est aussi le propre de l'humain que de se tendre vers ce qui n'est pas encore... Oscillant sans cesse entre ces deux attitudes, je les comprends bien.
Le découragement, hélas, fait partie de nos affects; mais tant qu'il y a les enfants et l'amour et l'amitié, pour nous pousser en avant, on n'est jamais complètement par terre...
Je t'embrasse, tendre Paki, et je suis en empathie avec toi.
Par pakita le Mardi 27 décembre 2011
C'est vrai qu'en ce moment je vis sur ma réserve, cette usure est bel et bien là, physique, nerveuse, mentale. Il m'en faut peu pour m'effondrer, mais tout autant, il m'en faut peu pour remonter ! C'est ma force je crois.
Je ne sais pas comment fait Loup. Il a mille raisons d'être plus anxieux que moi ! Pourtant il sait se satisfaire du moment présent, même si parfois il lâche un peu les vannes.
Lorsque mes enfants sont là, comme cette semaine, je peux aussi, mais lorsque nous ne sommes plus que tous les trois, Loup, Théo et moi, ça ne me suffit plus. La vie que nous avons ici ne me convient pas, je veux mieux pour nous, je crois que nous le méritons, d'où ce besoin de faire des projet, ou de rêver si je n'ai plus d'autres forces.
Je ne suis pas heureuse dans ce village, dans cette maison. Et le fait de n'être pas heureuse fait que je n'ai plus rien à donner, ou si peu ! Mais c'est un cercle vicieux bien sûr, j'en ai conscience.
Quant à n'être jamais complètement par terre. Je ne sais pas, vraiment, je ne sais pas. Peut-être que ça ne veut pas dire la même chose pour tout le monde.
Je t'embrasse fort.
 

à vous









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