Jeudi 16 février 2012

58 commentaires

   http://www.pakita-boudoir.com/images/illutrationbillets/lesmenteurs.jpg* édit du 17 en fin de billet

http://www.pakita-boudoir.com/images/lettrines/L.gife soir, lorsque je me couche et que le sommeil ne veut pas de moi, je pense à mon enfance, à ce qu’il y avait de beau.
Je me dis : Tiens, et si je parlais au boudoir des jeux que je faisais avec mon frère ! Ou bien des moments particuliers avec mon père ?
Je pense à mon père. Je réalise que j’ai tant à dire sur lui, qu’il me manque terriblement.
J’ai des centaines de souvenirs qui pourraient chacun d’eux faire le sujet d’un billet, pour peu que je l’accompagne de ce qu’il a pu symboliser dans ma vie, ou ce qu’il a construit au final dans ma personnalité.
 
Le lendemain je me retrouve face à ma page, j’écris quelques lignes. :
- Quand j’étais petite, j’avais un arbre. On l’appelait : l’arbre de pakita….
Et puis mes souvenirs s’étiolent et j’ai comme un mauvais goût dans mon cœur. Ça ne se dit pas… c’est pourtant comme ça que je le ressens.
Alors je me tourne vers mon père :
- Mon père était le 5 ème d’une famille de 8 enfants… il n’a pas fait d’études, l’argent ayant été dépensé pour celles de ses frères aînés…
Et puis je me rends compte de ce n’est pas de ça dont je veux parler à propos de mon père. Alors j'essaye à nouveau :
- Mon père était souvent absent à cause de son travail. Parti tôt, rentré tard, souvent fatigué… Et pourtant il était là, bien là. Il était tendre, mais pas tant que ça finalement. Enfin, il était tendre avec moi, c’est vrai, parce que j’étais la petite dernière et que je m’invitais sur ses genoux à la moindre occasion sans lui demander son avis…
Et puis les souvenirs s’évanouissent à leur tour.
 
Que se passe-t-il dans ma mémoire pour qu’ainsi elle me fasse faux bond ?
J’ai de la mémoire, plus que beaucoup de gens autour de moi. Je sais me souvenir d’évènements remontant à loin, très loin. Je me rappelle des discutions, des mots employés, des livres que j'ai lus, des films que j'ai vus, des dates, des noms. Oui, j’ai une très bonne mémoire.
Il ne s’agit pas de ça Pakita et tu le sais ! Il s’agit de ton passé, de ton enfance !
- Mais qui tu es toi ?
- Moi ? je suis toi, pourquoi ?
-  Et puis de quoi tu parles ? J’’ai eu une belle enfance !
- Ah bon, tu es sûre ?
- Oui oui ! J’ai été aimée, j’ai fait plein de choses merveilleuses que tant d’autres rêvent de faire un jour. De la musique, du sport, des arts. C’est dire, j’étais sans arrêt occupée !
- Ah oui, et justement, peut-être un peu trop non ?
- Ah bon ? On peut être trop occupée tu crois ?
- J’en sais rien Pakita… j’en sais rien, tout le problème est là.
 
Je me revois dans ma chambre, avec mes pinceaux, mes ciseaux, mon scotch en train de construire une cabane, un décor, des tableaux, des personnages.
Je me revois à mon piano pendant des heures, chantant à tue-tête ou fermant les yeux sur quelques mélodies mystérieuses qui voulaient sortir de moi.
Je me revois assise par terre, adossée au mur en train d’écrire sur un vieux carnet les mots qui voltigeaient dans ma tête.
Je me revois couchée par terre sur le ventre, les jambes repliée au-dessus de mes fesses, en train de dévorer l’encyclopédie « tout l’univers » qui était comme un trésor pour mon frère et pour moi. Nous pouvions nous y perdre un après-midi entier, à suivre les mots, les lieux, les personnages.
Je me revois dans mon arbre justement, assise sur la dernière branche à fermer les yeux, lâcher les mains, et penser que la vie était plus solide que la peur et que si je n’avais jamais peur de rien je resterai toujours en vie.
Je me revois au fond de mon lit lors de mes crises de rhumatisme, enveloppée d’amour et de douleur, confiante parce que d’autres prenaient en charge ma maladie. Je n’avais pas à me faire de soucis.
 J’entends le rideau de fer du garage de mon père lorsqu’il partait tôt le matin à son travail.
J’entends la voiture de ma mère lorsqu’elle rentrait à la maison. Nous habitions en haut d’une côte ardue et ma mère était la seule qui passait la 1ère pour franchir les derniers mètres…. A chaque fois j’étais heureuse qu’elle rentre. J’ai toujours détesté être seule à la maison. Non, en fait, j’ai toujours détesté lorsque ma mère n’y était pas.
 
Les mots défilent, s’éclipsent, s’écrivent, s’envolent, se dérobent, reviennent par petit bout.
- Mon enfance est morcelée… pourquoi ?
- Oui dis-moi, pourquoi ?
- Je ne sais pas moi !! Tu en as de drôles de questions… parce que !
- Non, tu ne t’en tireras pas comme ça cette fois, il faut le dire, il faut l’écrire. Tu dis que tu es toi ici, tu t’en glorifies, et voilà que maintenant tu te dérobes ? Trop facile.
- Mon enfance a éclaté, voilà. Tu es contente maintenant ?
- Ça ne suffit pas Pakita. Eclatée? Pourquoi ? Comment ?
- Bon sang, mais c’est simple voyons, parce qu’ils m’ont menti, tous autant qu’ils sont ! Ils m’ont menti !
- Dis m’en plus Pakita, allez, ça ira mieux après.
- Mon cul ouais… mais allez, je vais te dire, et tu iras dormir tranquille pendant que moi j’irai vomir… chacun sa croix, n’est-ce pas ?
Ils m’ont dit que rien n’était plus important que la famille. Ils m’ont dit que j’y serai toujours à l’abri. Ils m’ont dit que le sang était plus fort que tout, plus fort que le temps, plus fort même que la mort ! Ils m’ont dit que j’avais de la chance, que je serais toujours aimée pour qui j’étais, que je ne serai jamais seule, qu’au plus profond du gouffre ils seraient toujours là pour me tendre la main et que j’aurai toujours ma main à tendre à quelqu’un.
C’était merveilleux, tu comprends ? C’était merveilleux cette certitude. C’est comme être devant un bon feu alors que l’hiver envahit le paysage au dehors. C’est comme éclairer la lumière en pleine nuit, c’est comme un verre d’eau lorsque tu as soif. Je me sentais forte, si forte ! Invincible !
Tu es pénible tu sais. Tu ne comprends pas ce que je veux dire ?
Ouais, c’est ça, garde le silence… comme eux justement. Ah !!! Tu as les mêmes méthodes qu’eux. Peut-être es-tu dans leur camp ?!  Parce que tu vois, c’était de la merde tout ça ! Du flanc, des mensonges, un verni à la con pour ne pas avoir à réfléchir.
Mais j’y ai cru, moi la petite fille qui grimpait dans les arbres, qui chantait avec son piano, qui écrivait des poèmes à Dieu. J’y ai cru jusqu’au bout. Oui, jusqu’au bout.
Quand ma sœur se faisait péter la gueule par son mari, je suis allée lui péter la gueule à mon tour à ce gros con, même s’il faisait le double de ma taille, même si j’étais morte de trouille.
Lorsque ma mère refusait d’aller célébrer le pacs de ma sœur avec son amie alors qu’elle savait depuis des années qu’elle était homosexuelle, je me suis battue 5 heures durant pour qu’elle y aille, pour elle, pour ma sœur, pour nous, pour la foi qu’elle portait en l’humain, elle, si bonne. Je me suis battue pour qu’elle ne fabrique pas ce regret pour le reste de sa vie.
Lorsque mon frère se trouvait trop seul je prenais ma voiture dans l’heure et je parcourais les 200 bornes qui nous séparaient pour être auprès de lui. Je ne l’ai jamais laissé seul, jamais ! 
Lorsque mon père est tombé malade j’ai été, moi la petite dernière, celle qui les a tous portés, j’ai transgressé l’ordre de mon père de ne pas parler de la maladie, je suis allé le voir,  je les ai rapprochés tous autant qu’ils sont, j’ai parlé à ma mère qui ne voulait rien entendre et qui pourtant, à sa manière demandait à savoir. Je les ai tous reçus chez moi, mes sœurs, mes frères effondrés lorsqu’on a su que c’était la fin.
Oui, moi la petite qui montait dans les arbres.
Et puis ce fut mon tour… mon mari qui me trompe, qui me rejette, les crises, les cris, la rue, seule, sans mes enfants.
Et je n’ai pas vu la main qui devait se tendre vers moi. Aucune. Aucune main. Aucune.
Ils m’ont menti.
Le sang ne vaut pas tout. La famille n’est qu’un mot. Creux. Vide. Aucune main, tu m’entends ?
Tu ne dis rien maintenant. Facile non ? Tu me demandes, tu veux savoir. Et maintenant que tu sais, tu ne dis rien. Comme eux.
...
Je voudrais être croyante parfois pour parler avec mon père. Lui demander ce qu’il aurait fait lui.
Oui, tout le reste je le balaye d’un revers de la main. Bon, parfois la nuit je me fais encore avoir, mais ça va, je reste debout. Mais cette question-là m’obsède, je ne sais pas comment m’en débarrasser.
- Quelle question ?
- Celle-là bien sûr ! Est-ce que mon père m’aurait tendu sa main.
- Tu ne sauras jamais Pakita.
- Non, tu as raison. Je ne saurai jamais.
- Tu ne dis plus rien Pakita ?
- Non, je pense.
- A quoi ?
- Je prends du recul. Un pas, deux pas… une année, deux… Je me vois aujourd’hui. Je suis devant mon ordinateur. J’écoute Supertramp  je fume une cigarette roulée. Je me sens libre. Je suis libre d’eux.  Etrange non ?
- Peut-être pas finalement.
- J’ai l’impression d’avoir eu 2 vies.
- Je ne comprends pas.
- J’ai été cette petite fille qui grimpait dans son arbre. Cette petite fille tellement persuadée qu’elle aurait toujours une main qui la retiendrait qu’elle pouvait fermer les yeux et poser le pied sur une autre branche sans même penser avoir peur. Oui, j’ai été cette petite fille. Et aujourd’hui je suis une femme qui ne tend pas la main de peur que personne ne soit là pour la saisir. J’ai ces souvenirs en trop dans ma besace… comme si je les avais volés à quelqu’un d’autre.
- Oui, cette fois je comprends Pakita.
- C’est bien, parce que tu vois, je crois que je ne t’en reparlerai pas.  Maintenant tais-toi, laisse-moi tranquille. J’écoute ma musique.
 
 * édit du vendredi 17 février

En lisant vos premiers commentaires, je réalise à quel point ce billet est sombre à nouveau.
En vérité, je vais bien. Ces souvenirs, ces réflexions, ce dialogue intérieur, c'est juste un revers de main pour me débarrasser de quelques réminiscences encombrantes.  C'est exactement comme je l'écris. Je voulais parler de quelques bons souvenirs mais rien n'est venu. Alors j'ai laissé parlé mes doigts, comme je fait souvent.
Mais croyez-moi, j'ai su finalement, après pas mal d'années, il est vrai, me débarrasser de la douleur. Reste un peu de désillusion, un peu de questionnement, un peu de colère. Mais ils ne me manquent pas. En vérité, jamais je n'ai été aussi libre depuis que je suis loin d'eux.
Ce texte ne m'a pas coûté. Il ne m'a pas fait mal. J'ai aimé l'écrire.
C'est en lisant vos commentaire (les 5 premiers) que je réalise qu'il peut laisser penser que je vais mal à nouveau. Ce n'est pas le cas. Je vais bien :-)

 
 http://www.pakita-boudoir.com/images/photospourdeco/signature.gif
 
    http://www.pakita-boudoir.com/images/photospourdeco/moutons2.gif










commentaires

à vous

Par Manon. le Jeudi 16 février 2012
Mon père est aussi de l'autre côté...parle lui Pakita, j'ai lu quelque part que les morts ne sont pas des absents, ils sont juste invisibles. Je ne suis pas très croyante mais il y a parfois des expériences troublantes...j'en ai fait l'expérience dernièrement... peut-être que ce soir tu as déposé un fardeau bien trop lourd pour toi,que tu portes depuis des années. J'ai vu un acupuncteur pour une sinusite qui durait depuis deux ans, il m'a dit "est-ce qu'il y a une situation dans votre vie que vous ne pouvez plus "sentir" ? c'était l'histoire que j'ai raconté chez moi, à toi il dirait peut-être "est-ce qu'il y a une situation que vous ne supportez plus, qui vous pèse ?" ça n'empêche pas la douleur bien réelle mais le corps nous parle aussi...
Bises Pakita et dors bien
Par madeleinedeproust le Vendredi 17 février 2012
La famille est une construction factice, inventée par la société. Après c'est comme pour toutes les constructions, certaines sont plus solides que d'autres. Mais elles ne sont pas si nombreuses que ça. L'homme s'accroche à l'idée que la famille sera toujours là parce que ça le rassure. Mais fondamentalement, l'homme est lâche et parfois ça fait tellement peur ce qui arrive à l'autre ou ce qu'il fait qu'on préfère lui tourner le dos et ne pas lui tendre la main.
Désolée si mon com n'est pas très optimiste mais j'ai du mal à croire à la famille personnellement...
Par Nath le Vendredi 17 février 2012
Je me suis dit ce matin, tatatam, tiens, tiens, je vais aller taper à la porte de Paki, si elle est là, je siroterai avec elle un petit thé, sinon, je lui déposerai une fleur des champs ( enfin, une graine, c'est l'hiver encore...)
La porte était entrouverte, et sur la table, Pakita a laissé un sac entrouvert...oh je n'ai pas fouillé mais il y avait des mots qui en sortaient.
Alors, j'ai lu...j'ai tremblé beaucoup, tes mots sont un tourbillon qui fait se tortiller le coeur...
Alors, je te laisse mille bisous chauds à côté des mots et puis je reviendrai, gorgée de ciel et je te dirai , mieux, bientôt.
Tu es Belle Pakita, ça, je le sais...
Et là, tu commences à te faire du bien dans le dedans...tu vois ?
Par lysa le Vendredi 17 février 2012
Mais il y a d'autres mains Paki.
Il y en a d'autres.
Je me "reconnais" dans tes mots. Cette foi intacte, inébranlable, cette confiance absolue qui te pousse à donner.
Pas parce que c'est forcé mais parce que tu ES ainsi.
Et puis un jour, ce "rejet". Ou cette absence de main tendue. Je ne compare pas nos vies. Juste que ce sentiment je le connais aussi.
Alors c'est certes snas doute moins douloureux chez moi que chez toi car cela a été moins violent que ton histoire.
Mais.
Je ne crois pas non plus à ces histoires de "famille". En tout cas, pas en la mienne. Mais toi tu dois croire en celle que tu t'es construite avec Loup et tes enfants, car rien qu'à lire leurs mots, leurs poèmes, entendre leur voix, voir leurs sculptures, on sait. On sait qu'eux seront des belles personnes qui sauront tendre la main aux leurs si jamais le besoin s'en fait ressentir.
Plein de bises pour toi Paki.
Je t'embrasse
Par Cristophe le Vendredi 17 février 2012
Une famille j'en vois une belle : celle que tu formes avec Loup et tes enfants. Le passé basta !
Par George le Vendredi 17 février 2012
Pakita, c'est à couper le souffle. Ce dialogue intérieur m'a remué plus que je ne saurais le dire. Il y a chez vous une telle puissance des mots ! Et surtout une honnêteté inégalée. Cette voix en vous qui sait tout ce que vous avez pourtant du mal à accepter, cette voix, c'est à n'en pas douter cette petite fille qui est restée en vous, si pure et qui illumine ce boudoir depuis des années.
Passez une douce nuit Pakita, loin de vos cauchemars et plus près de vos rêves.
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Bonjour Manon.
Parler à ceux qui ne sont plus.
C'est quelque chose que je trouve beau et que j'aimerais faire, mais décidément, je n'y arrive pas. Je n'y puise rien de particulier sinon, à l'inverse, un sentiment encore plus puissant d'absence.
Ce questionnement que j'ai par rapport à mon père reste certainement le point le plus douloureux de cet abandon familial dont peu ou prou j'ai su me libérer (voir l'édit en fin de billet).
Loup est persuadé que mon père (qu'il n'a pas connu mais dont je lui ai beaucoup parlé) serait intervenu pour m'aider et pour remettre la famille à la place.
Mon père était le patriarche. Il faisait, gentiment, mais fermement, marcher notre famille, tu vois ? Il vient lui-même d'une famille patriarcale, et je vois mes frères reproduire la même chose chez eux.
Lorsqu'il est mort, la famille s'est retrouvé "sans chef". Ma mère qui est une femme de caractère certes a été complètement déboussolée à la perte de l'homme qu'elle aimait plus que tout au monde. Du coup ce fut tout et n'importe quoi. Beaucoup de chose se sont passé dans nos vies à cette époque. Du bon et du moins bon. Je pense que tout ce qui était en latence a pu s'exprimer. le pacs de ma soeur justement, des séparations, des non-dits enfin exprimés. C'est lorsqu'il est mort que j'ai vraiment réalisé à quel point mon père nous maintenait sous sa volonté.
Bref, je ne sais pas s'il s'agit vraiment de douleur. Oui, sûrement un peu. Il m'arrive encore de pleurer sur cet épisode de ma vie. Il m'arrive d'avoir des bouffées de colère.
Mais fondamentalement je m'en suis remise.
Comme je l'explique dans l'édit que j'ai cru bon de rajouter au vu des premiers commentaires, J'ai laissé mes doigts courir... et voilà ce qui en est sorti, sans douleurs, mais sans concession.
Cela dit oui... j'en ai plein le dos, de ça j'en suis convaincue :-)
Passe une bonne journée Manon.
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Il m'avait déjà semblé effectivement, au détours de quelques commentaires laissés au boudoir, que tu n'étais pas une adepte de "la famille", effectivement. En tous les cas telle qu'elle nous est présentée dans ses côtés les plus merveilleux, les plus solides, les plus "chrétiens" en quelque sorte.
Comme toi, maintenant je n'ai plus envie de parler des liens de la famille, et encore moins des liens du sang. Non je parle de famille de pensées, famille de cœur.
Je ne veux faire aucune promesse à mes enfants. Je préfère les respecter pour ce qu'ils sont, pour les actes qu'ils accomplissent, pour les postures qu'ils prennent. Et tu vois, finalement, il reste toujours l'un de mes fils à la traîne... qui n'a pas encore vraiment choisi son camp. Enfin, si , peut-être l'a-t-il choisi, mais il est allé tellement loin dans la trahison, qu'il met du temps à revenir... et moi du temps à le laisser entre à nouveau profondément dans mon cœur.
La famille, alors qu'elle me promettait l'invincibilité, m'a mise à terre comme personne. Voilà ce que j'en retire.
Aujourd'hui je suis debout à nouveau, grâce à Loup, à Lisa, à mes enfants et grâce à moi aussi, ne leur en déplaise à tous ceux qui ont dit que je n'étais qu'un feu de paille, une excentrique qui aimait choquer. une artiste décalée, une moins que rien qui crachait sur ce qu'elle avait aimé durant des années. Et que sais-je encore !
Aujourd'hui, je les regarde et je me regarde et rien, non rien dans leur vie ne me fait envie. C'est limpide.
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Oui Nath, je le vois.
En d'autres temps pas si lointain, écrire un texte comme celui-ci m'aurait mise à terre pour plusieurs heures, va savoir même si ça n'aurait pas été pour plusieurs jours !
Mais hier, ce texte est sorti de moi sans rien casser, sans rien bousculer, ou... si peu en vérité :-)
J'avais de la musique dans les oreilles, mon petit bout qui faisait des dessins sur la table, en face de moi, j'étais en sécurité.
Les mots sont sortis tout seuls sans que je n'y puisse rien, si ce n'est aller jusqu'au bout et regarder ce qu'il en sortait.
Ce qui en sort, c'est comme je me sens autre, comme ces souvenirs sont décalés, presque désincarnés, tu vois ? Cette petite fille pleine de confiance, c'est moi, je le sais, mais ce n'est plus moi. Je suis infoutue de ranger ces souvenirs quelques part correctement dans ma tête et dans mon coeur. C'est un drôle de sentiment que j'ai par rapport à ça.
Je me souviens d'ailleurs avoir commencé le boudoir pour essayer de faire un peu le ménage là-dedans. Et puis tu sais comment c'est, d'un truc à l'autre, j'ai élargi mes raisons d'écrire et de papoter avec vous !
Du coup c'est comme un livre que j'aurais lu sur une petite fille qui grimpait dans les arbres et qui apprenait le goût des arts. Oui voilà, j'ai entendu parler de cette petite fille... simplement je ne sais pas ce qu'elle est devenue.
Reviens vite... qu'on partage ces gorgées de ciel :-)
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Lysa, je sens bien quelques douleurs en toi, profondes, têtues, même si tu te livres peu.
Oui, tu as raison, il y a d'autres mains qui se tendent et je les saisis, tu vois ! Loup, mes enfants, et ici au boudoir, tant de gentillesse et d'attention.
Mais je suis prudente, si prudente...
Je sais à quel point certains mensonges peuvent être sournois et prendre l'apparence de ce qu'il y a de plus tentant.
En fait ce n'est pas "la famille" le problème, ce sont les gens, c'est aussi simple que ça !
Je suis sûre qu'il y a des familles formidables qui ne se mentent pas, qui ne s'égorgent pas, qui ne se piétinent pas.. parce qu'elles sont composée de belles personnes
Ma famille était faite de menteurs. Simplement, je ne le savais pas.
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
oui Cristophe, le passé Basta. C'est ce que je fais de plus en plus, même si, comme hier soir, va savoir pourquoi, il a voulu à nouveau s'inviter à ma table. Mais sans douleur, sans trop de colère même. Juste comme une histoire qu'on raconte, un constat froid et implacable.
C'est juste que j'ai pensé un peu trop fort, un peu trop haut, tu vois ?
Mais voilà, je me suis extirpée de ce schéma familial. Je n'ai pas élevé mes enfants dans cette croyance stupide et inutile. Ils sont libres. Libre d'aimer et de ne pas aimer. Libre de venir ou partir. Libre de penser, de juger, de débattre. La famille aimante, et non la famille enfermante.
Je reviens de loin quand j'y pense ! :-)
Et autant j'ai de la tendresse pour cette petite fille dans son arbre, autant je pense que je n'aurais pas aimé l'adulte qu'on lui promettait de devenir. Je crois que, malgré moi certes, je me suis enfuis à tant de cette famille.
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Bonjour George. Je rougirais presque :-)
Vous avez bien saisi mon dialogue intérieur. Loup a lu mon texte hier et avait peur que ce ne soit pas assez clair.
C'est comme si j'avais pris mes pensées en dictée. En direct, vous voyez ? J'essayais d'écrire, ça ne sortait pas, je me questionnais à ce propos. Et mes mains, plutôt que d'attendre que j'arrive à formuler mes souvenir, se sont saisies de mes réflexions et ont reproduit ce questionnement intérieur.
D'où les quelques mots grossiers qu'en d'autres temps j'évite d'écrire dans mes billets (en général, je me lâche dans les commentaires).
Peut-être qu'en effet cette petite fille est restée pure... ne serait-ce que parce qu'elle a été stoppée net, comme saisie à jamais dans sa pureté. Peut-être que cette fille est restée telle qu'elle était à la mort de son père... Telle qu'il la voulait, telle qu'il l'imaginait. Et puis il est mort... et cette fille a pu suivre son chemin.
Oui... j'y pense. Oui.
Par Mia More le Vendredi 17 février 2012
Je suis heureuse que tu aies pu poser tous ces mots ici Pakita et même les déposer.
C'est important. Pour toi. Pour la famille que toi tu formes. Pour avancer.
Oui, je veux bien croire que tu te sentes finalement bien. Et j'en suis vraiment heureuse.
Je t'embrasse
Par Mia More le Vendredi 17 février 2012
Au fait, rien à voir mais j'ai lu que tu avais pu modifier le pseudo de Corinne (Duval), pourrais-tu faire de même avec le mien car maintenant que l'on se "connait" toi et moi, on pourrait faire moins formel avec un simple "mia" ;)
Par sethangkormwa le Vendredi 17 février 2012
Pakita,
Je ne trouve pas ton récit triste.Je le trouve réel.
S'il est triste c'est parce que la vérité est triste.
Et elle est triste parce que nous nous construisons une vérité fausse, une vérité qui n'est pas la réalité. Et après il n'y a plus qu'à prier toute sa vie que ça n'explose pas, que cette construction artificielle ne s'écroule pas. Et "malheureusement", la réalité crève souvent le décor. Et ça peut paraître étrange que ce malheur fasse du bien. On ne le voudrait pour rien au monde mais lorsqu'il est advenu, on en ressens un soulagement. C'est la force supérieure de la réalité sur le mensonge qui fait du bien. L'humain est écartelé entre une peur inguerissable de la réalité et une attirance irrésistible vers celle-ci.
Par Praline. le Vendredi 17 février 2012
Heureusement j'ai lu l'édit... donc je suis tout de suite rassurée. Il est bon parfois d'extérioriser le passé, de se dépouiller de ce qui peut rester sur notre coeur.
Je suis ennuyée car il y a plein d'épisodes de ma vie que j'ai zappés ! sans doute le fallait-il, mais j'aimerais retrouver des passages.
Bises et bon week-end.
Par manoudanslaforet le Vendredi 17 février 2012
Je n'aie pas penser que tu allais mal, juste en effet que c'est ce qui te venais à l'esprit à ce moment là ... Peut être devrais je essayer ce dialogue avec moi même.... toujours difficile quand même de ne plus croire à ses rêves de petite fille...je t'imagine tout à fait allongée sur le sol tes nattes brunes se balançant en train de dessiner ton arbre balançant aussi tes jambes ....Bises
Par Ella B. le Vendredi 17 février 2012
Le principal est que tu ailles bien ! :) Bisous et bon week end ! ♥
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Hello Mia.
Je crois à la puissance des mots, à la force de l'esprit, à notre capacité à nous remettre de tout ou presque. J'ai toujours aimé tourner les mots dans tous les sens pour voir comment je pouvais me refléter dedans et même si parfois ça semble trop dur, trop douloureux ou même exagéré, au final je sors toujours gagnante, car alors je suis plus lucide et je sais où j'en suis à l'instant où j'écris. Je peux plus facilement mesurer le chemin parcouru.
Je n'ai pas reproduit avec mes enfants ce que j'ai vécu enfant, je n'en avais ni l'envie ni les moyens. Je n'ai pas de "plan" pour mes enfants, si ce n'ai les aider à avoir confiance en eux et à se réaliser pleinement. Je crois que mes parents avaient prévu beaucoup de choses pour nous sans vraiment se demander et d'une si on en était capable et aussi si nous en avions envie.
Et puis tout était basé sur cette famille clanique. A la première grosse brèche, tout s'est effondré ! Et pas que pour moi.
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Euh, en fait je n'ai pas le pouvoir de changer quoi que ce soit. C'est à toi, tout simplement de ne rentrer que Mia lorsque tu écris un commentaire. Si Mia est déjà pris je ne peux rien faire, tu peux soit rajouter un point ou une étoile ou un tiret, bref, un truc qui fasse que ce pseudo ne ressemble pas à l'un des abonnés de Cowblog. J'avoue que j'ai toujours trouvé ça bête de réserver les pseudos des abonnés. Je ne comprends pas vraiment à quoi ça sert.
Donc Mia. ou Mia* ça devrait marcher ! A moins que Mia tout court marche ! auquel cas zéro problème.
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
C'est pour ça qu'il faut apprendre le plus tôt à ses enfants à ne pas se voiler la face. Leur apprendre le courage de regarder en face ce qu'ils sont capables d'entreprendre, ce qu'on peut leur apporter. Il n'y a rien qui fait plus de mal que les désillusions (enfin bon, là, je parle pour moi).
Tu dis quelque chose qui m'interpelle et avec lequel je suis bien d'accord :
"...Et ça peut paraître étrange que ce malheur fasse du bien. On ne le voudrait pour rien au monde mais lorsqu'il est advenu, on en ressens un soulagement..."
Je crois que rien n'est plus confortable que la vérité. Rien n'est plus fort, rien ne nous rend plus fort. Si cette vérité doit se faire par le détour d'une douleur, fusse-t-elle terrible, je crois qu'au bout du compte on peut être effectivement soulagés.
En ce qui me concerne je n'aurais jamais cru possible de perdre ma famille. Je croyais qu'il n'y avait rien de plus terrible. Ensuite, lorsqu'ils m'ont "balancée par dessus-bord" (c'est l'expression que j'aime employer lorsque je parle de cette période) j'ai cru que j'allais crever tellement j'ai eu mal.
Aujourd'hui je pense que jamais je n'aurais pu être moi de manière aussi franche si il n'y avait pas eu cette fracture. Au final, en ce qui me concerne, me détacher de ma famille fut la meilleure chose qui pouvait m'arriver.
Ensuite bien sûr, il faut faire avec les petits détails, ce serait vain et dangereux de les ignorer, du style, les souvenirs justement, les vrais raisons du détachement, ce qu'on a laissé, ce qu'on a emmené, ce qu'on regrette. Enfin bref, encore une fois tout est question d'honnêteté et de courage.
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Je crois en effet qu'il est bon de faire le point régulièrement avec son passé. Il ne s'agit pas de se vautrer dedans non plus, surtout lorsqu'il est douloureux ! Mais je sais que j'ai souvent tendance à me bercer d'illusion, à regarder le verre à moitié plein. Et régulièrement je me prend la vérité en pleine face, et pas toujours avec douceur. Alors je regarde mon passé un peu chaotique il faut bien le dire, et je me rappelle les leçons qui ont servi.
Loup aussi a une mémoire à trou. Il y a de gros morceau de son passé dont il a perdu la mémoire. Je crois qu'il a tellement souffert qu'il a préféré mettre tout ça dans un trou. Mais ça ne lui manque pas. Nous sommes tous différents !
Passe de bonnes vacances avec tes enfants :-)
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Hello Manou. En fait ce dialogue est venu tout seul ! Mais en réfléchissant, je me rends compte qu’intérieurement je me parle souvent. Je m'invective, m'engueule, me questionne. Finalement ce billet, ce ne sont que mes pensés de l'instant... par écrit.
Passe une bonne semaine loin de tout et repose toi bien !
Par pakita le Vendredi 17 février 2012
Merci Ella. Oui, je vais bien. Je sais où j'en suis, ça fait du bien.
Passe un bon week-end toi aussi :-)
Par Véro le Vendredi 17 février 2012
Bonsoir Pakita
La fièvre me laissant un peu en paix, je suis venue prendre des nouvelles au boudoir et j'ai été immédiatement accrochée par ton billet. J'y ai vu toute ta force, tout ton courage, toute ta détermination. J'ai l'impression d'avoir compris plein de petites choses pourtant essentielles sur toi en te lisant ce soir.  Tu dis dans tes réponses aux différents commentaires que tu es devenu une autre femme que ce que cette petite fille laissait présager. Mais moi, en te lisant, en découvrant à travers tes mots cette petite fille, bel et bien, c'est toi que je vois déjà. 
J'aime énormément ce dialogue intérieur  que tu nous livres. Il est vif et pur et plein de vie. On sent si fort en toi cette volonté de rester libre ! 
Je n'ai, pour ma part, pas trouvé ce billet si sombre. Je l'ai trouvé plein de  vigueur, de vie, de dynamisme. 
Et puis je vois que tu as entamé une nouvelle statuette ? Je vais aller voir ça de plus près. 
Passe une bonne nuit Pakita.  
Par Doc GREG le Samedi 18 février 2012
Ton père t'aurait tendue la main,Pakita.
On sent l'amour qu'il te portait dans ton récit.
N'est-ce pas cela qui a fait que "les autres" ne t'aient pas tendu cette main.
Encore un superbe billet.
Quel plaisir de te lire!
Ah,j'oubliais:
Je suis papa d'une fille unique...
...........................................
J'ai été très touché de voir mon nom-pseudo dans "les commentateurs"
Par sethangkormwa le Samedi 18 février 2012
Je vais te dire quelque chose qui risque de te faire bondir : les victimes sont très souvent victimes de gens qui sont eux-mêmes victimes. Ca n'excuse pas ces dernières d'avoir fait de nouvelles victimes mais ça devrait permettre d'aller chercher la solution plus loin.

Il est tout à fait logique pour un être aussi intelligent que l'humain d'avoir peur face à l'insécurité naturelle (risque de tomber malade, d'avoir un accident, de souffrir, de ne pas pouvoir se défendre, etc..). La peur de l'enfant est une preuve de son intelligence. Mais avec une telle intelligence, la vie sociale que l'humain est capable de mettre en place pourrait compenser. Or ce n'est guère le cas et ça montre l'énorme potentiel de progrès encore possible. L'insécurité sociale demeure et l'enfant la ressent. Devoir s'en remettre au hasard de tomber dans une "bonne" famille, dans un "bon" milieu social, dans un "bon" pays avec un "bon" régime , etc...pour avoir une bonne vie crée un sentiment d'insécurité. Les enfants ne sont pas bêtes. Ils savent bien que la chance ne s'explique pas plus que la malchance. N'ayant pas les moyens de changer la réalité, ils s'en construisent une (leur vérité) faisant de la famille un refuge contre tous les dangers qui les menacent. Et leurs parents, bien conscients de leur impuissance à changer les choses n'ont d'autre solution que de les encourager à construire cette fiction.
Les humains peuvent changer les choses mais pas seuls. C'est tous ensembles qu'ils en sont capables.
Par Pastelle le Samedi 18 février 2012
Peut être que c'est l'envers de la médaille. Peut être que c'est le prix à payer. Peut être que plus on est haut, plus on se fait mal quand on tombe.
Mais il ne faut pas oublier comme on était bien quand on était là haut...
Mais non, la famille n'est pas tout. Ce sont des personnes avec toutes leurs imperfections. Et ce sont les personnes qui comptent.
Par pakita le Samedi 18 février 2012
Bonjour Véro, j'espère que tu vas mieux aujourd'hui et que la fièvre te laisse enfin tranquille.
Je pense effectivement que j'avais une certaine "hargne" en écrivant ce billet.
Je n'étais pas victime, mais celle qui demandait des compte.
J'étais en effet dynamique, pleine de vie.
Ce que je voulais faire sortir (je crois car en vérité ce billet est sorti presque tout seul de moi) c'est que l'on m'a menti, on m'a foutue par-dessus bord, mais que je suis retombée sur mes pieds et que je suis entière, bien plus entière en vérité que si j'étais restée blottie dans leurs mensonges.
Alors oui, peut-être que cette petite fille c'était déjà bien moi, telle que je suis aujourd'hui, mais va savoir ce que ces mensonges auraient pu causer comme dégâts. C'est là encore une question à laquelle je n'aurai jamais de réponse.
Et puis oui, j'ai commencé une nouvelle statuette. Je n'en suis qu'au tout début,(avec mon dos je ne peux pas travailler longtemps). Mais il est prometteur je crois car je vais devoir trouver des astuces pour compenser certains problèmes d’équilibre et de gestion du poids de la terre.
Tout un programme !
Et toi ? As-tu retrouvé suffisamment de force pour te remettre à la peinture ?
Par pakita le Samedi 18 février 2012
Hello Doc.
Loup pense comme toi, d'autant que mon père était quelqu'un de droit et de juste. D'ailleurs il est certain que c'est son décès qui a chamboulé toute la famille et permis toutes ces dérives. S'il avait été là, beaucoup de choses n'auraient même pas eu lieu.
En même temps, bien qu'évidement je préfèrerais que mon père soit encore en vie, son départ m'a permis d'être enfin moi, de me "détacher" de ce rôle familial qu'on m'avait assigné et qui me pesait terriblement.
Ce fut un beau foutoir toutes ces années quand j'y repense. Quoi qu'il en soit, je suis heureuse que ce soit derrière moi.
Je t'embrasse.
Par pakita le Samedi 18 février 2012
Je ne bondis pas :-) mais effectivement, attention, c'est une idée dangereuse à manier et les dérives sont faciles quand on commence à chercher des raisons à tout.
Que les coupables soient avant des victimes, oui, parfois. oui, la société fabrique de futurs bourreaux, oui, l'enfant battu, parfois, bat ses enfants. Parfois.
Mais je ne sais pas si c'est vraiment là qu'il faut chercher la solution. je ne crois pas.
Tu parles chez toi de l'inné et de l'acquis (pardon de ne pas participer à la conversation, mais j'ai déjà tellement de blogs à visiter que je dois me préserver aussi) et je crois énormément à la force de l'acquis.
Nous avons le choix, à tout moment, quel que soit notre passé, nos traumas, nos épreuves. Nous avons le choix !
Je refuse de psychologiser les rapports familiaux, d'autres l'ont fait et ça a donné n'importe quoi. Il s'agit d'être humain, point barre et des choix qu'il fait, du courage qu'il a ou qu'il n'a pas.
Je me souviens d'un de mes frère qui disait qu'il ne comprenait pas pourquoi je le mettais dans le même sac que les autres, lui qui ne m'avait rien fait.
Je lui ai répondu qu'il ne m'avait pas défendue, qu'il n'avait pas voulu prendre parti donc, qu'au final, il avait pris parti ! Refuser de s'engager, c'est faire le choix de laisser la victime crever devant soit sans agir !
Je ne crois pas à la neutralité. C'est un choix de lâche ou un calcul vicieux.
D'ailleurs regarde, j'ai été élevée comme mes frères et sœurs et aujourd'hui je peux le dire, je n'ai rien en commun avec eux, car je refuse le mensonge, je refuse l'hypocrisie, je refuse la lâcheté. C'est mon choix à moi.
Pourquoi mes frères et sœurs n'ont pas fait ces choix là ?
Bref, tout ça pour dire que je n'irai pas m'aventurer dans des analyses sans fin sur les raisons des caractères intra-familiaux. Je ne veux pas trouver d'excuses aux coupables et je ne veux pas laisser l’opportunité à d'autres de le faire.
Par pakita le Samedi 18 février 2012
Oui, tomber de haut, de mon arbre en quelque sorte. Grâce à cette confiance que j'avais en la famille, je suis montée sur la dernière branche... et la chute fut rude.
C'est effectivement ce que j'ai voulu dessiner dans mon billet et tu l'as bien saisi.
Mais pour autant, je ne suis pas au fond aujourd'hui. Je l'ai été un temps et je suis remontée jusqu'à être bien plus haut que je l'étais avant.
Je suis née une deuxième fois lorsque ma famille m'a laissée tombée. Je suis née vraiment.
Par sethangkormwa le Samedi 18 février 2012
Pakita,
Tu dis " je crois énormément à la force de l'acquis. Nous avons le choix, à tout moment, quel que soit notre passé, nos traumas, nos épreuves. Nous avons le choix !"
Je suis d'accord avec toi. C'est la raison d'être de mes interventions sue le net !
Sans cela, je passerais mon temps ailleurs. Mais il faut bien dégager de la conversation tous ces arguments venant nous expliquer que les gens sont ce qu'ils sont et que c'est pour cela que tout va mal. Non, les choses vont mal parce que nous ne remettons pas en cause notre façon de considérer l'autre. C'est un problème de civilisation. Ca n'a rien à voir avec l'inné ou des acquis traumatisants. Nous avons le choix de vivre dans un monde meilleur. Tout le débat doit porter sur comment et pourquoi supporte-t-on de vivre dans celui-ci. Et quand on aura trouvé, on remettra le progrès en route.
Par Grand-Langue le Samedi 18 février 2012
Je doute qu'on vous ai menti. L'illusion berçait vos parents. Vos parents croyaient dur comme fer à ce qu'ils disaient. La vie s'est a ramené certaines réalités.

Votre père vous aurait tendu la main. Vous vous sentez bien alors que vous êtes loin d'eux mais vous vous sentez bien aussi recroquevillée dans votre enfance. À ce moment, tout le monde était sincère.

Grand-Langue
Par Mia* le Samedi 18 février 2012
Moi aussi je crois à la force et au pouvoir des mots et plus encore peut-être, tout comme toi, à notre responsabilité, notre liberté de choisir, même dans des cadres imposés et limités...

Ceci dit, en ce qui concerne mon pseudo, à plusieurs reprises, j'avais essayé de rentrer uniquement Mia mais il le refusait sous prétexte que mon adresse mail était liée à Mia More mais à voir si cela fonctionne avec Mia* :)
Bisous
Par Mia* le Samedi 18 février 2012
Yes !!! :D Ça marche
Par jany le Samedi 18 février 2012
le passé forcement construit - renforce le aujourd'hui et d'en avoir décortiqué - assimilé le "contenu" vous a aidée à être un BEAU vous maintenant!
heu! "chapeau" à vous
bonne soirée
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
Cette question que tu pose finalement m'obsède moi aussi. pourquoi la population n'est pas dans la rue, réellement, j'ai même envie de dire "violemment" ?!!! C'est un mystère.
Tous ces mensonges, toutes ces manipulations, ces vols institués, c'est tout simplement insupportables, et pourtant, nous supportons.
Et donc, pour en revenir à l'acquis, peut-être pouvons-nous trouver la réponse dans l'éducation reçu (ou non reçu justement) par notre jeunesse, élevée dans le non respect, dans la consommation, dans le jetable, le consommable.
En même temps je dis ça, mais il y a aussi tous les vieux cons...
Geluck a fait dire à son chat "les jeunes sont cons et ça ne s'arrange pas en vieillissant" :-)
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
Bonjour Grand-langue et bienvenue au boudoir. Drôle de pseudo dis-moi :-) Je ne sais pas si c'est une erreur de ta part, mais le lien sur ton pseudo ne fonctionne pas.
Oui bien sûr, je suis d'accord avec toi. Lorsque je parle de mensonge, c'est pour évoquer la manière dont je l'ai perçu et peut-être au final ce qui habitait leur inconscience (mais bon, je ne suis pas freudienne).
Le mensonge peut être juste une façon de vivre, un état d'esprit.
Je pense effectivement que mes parents croyaient fermement à la force de la famille, et ma mère le croit toujours.
Je suis bien plus en colère contre mes frères et sœurs que je connais bien et que je sais être particulièrement hypocrites et bien manipulateurs lorsque leurs intérêts sont en jeu.
Vous ne pouvez pas le savoir car je ne l'ai pas dit dans ce texte et que vous êtes nouveau (nouvelle ?) au boudoir, mais j'ai toujours été traitée d'emmerdeuse dans ma famille, même petite. On ne cessait de me dire : "toute vérité n'est pas bonne à dire" ou bien "mets ta langue dans ta poche et ton mouchoir par-dessus". Enfin bref, ma propension à dire ce que je pensais n'était pas de leur goût. On disait de moi que j'aimais choquer ce qui est tellement faux ! A l'inverse ! j'aime la paix, l'entente... mais j'aime encore plus la vérité et la sincérité. Honnêtement, sans vouloir paraître parano, j'ai toujours été considérée comme le vilain petit canard. L'artiste sans avenir, l'idéaliste naïve et j'en passe.
Bel et bien, en regardant ce passé plus sérieusement, ce clash se préparait depuis des années.
Si j'étais heureuse dans mon enfance, c'est grâce à ma mère qui était et est toujours une femme pleine d'amour et d'attention tout en ayant un caractère fort et dynamique. Je pense que je lui dois beaucoup.
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
Oui, je sais que nous sommes d'accord là-dessus, nous l'avons déjà remarqué à maintes reprise.
Les mots, lorsque bien sûr ils ne servent pas à faire juste joli :-) mais qu'ils décrivent le mieux possible les pensées sincères peuvent être une arme redoutable. Et quand j'emploie le mot "arme" ce n'est pas une arme destructrice ! C'est aussi un moyen fabuleux pour comprendre, se comprendre, avancer, découvrir, alerter, évoluer... enfin, je n'aurai jamais fini d'énumérer ce qu'ils permettent de beau (et de mal, hélas bien sûr).
Quant à choisir qui on veut être, là-aussi, nous savons bien à quel point nous sommes d'accord. Et il me semble que nous l'avons prouvé :-)
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
T'es trop forte !!! :-)
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
Je crois qu'il est indispensable de se connaître, de ne pas se leurrer sur soi-même.
Je ne sais pas si il est nécessaire de savoir d'où on vient pour savoir où on est et où on va. Non, je n'en ai pas la moindre idée. Je suppose que ça dépend des personnes et de l'équilibre qui compose leur présent.
En ce qui me concerne, ce passé est là, je m'en souviens. Ensuite il y a eu ce clash. Et il y a aujourd'hui où j'ai l'impression d'être quelqu'un d'autre, mais je sais bien que c'est faux.
J'aimerais pouvoir dire que je suis celle que j'ai choisi d'être. Oui j'aimerais vraiment le dire, mais je sais bien que c'est faux ça aussi
Bonne soirée aussi. Euh, enfin, bonne nuit :-)
Par Bettina le Dimanche 19 février 2012
Toujours aussi vraie Pakita, et c'est cela qui me touche beaucoup,
Amitiés
Bettina
Par sethangkormwa le Dimanche 19 février 2012
Exactement Pakita,
C'est un problème d'éducation (rien à voir avec l'instruction). Ces valeurs de cons qu'on transmet inconsciemment d'une génération à l'autre.
La blague de Geluck me fait rire mais je la trouve contestable. La seule véritable expérience due à l'âge, c'est de parvenir à désapprendre les conneries qu'on nous a inculquées. Certes il y en a qui préfèrent sans priver mais c'est pourtant possible.
Transmettre une éducation meilleure passera obligatoirement par là.
Si nous ne sommes pas dans la rue, c'est parce que nous ressemblons terriblement à ceux que nous irions contester. Ce serait aller protester contre nous-mêmes. Et ça, ça ne se fait pas dans la rue, ça se fait dans chaque tête.
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
Bonjour Bettina, c'est gentil de venir me voir alors que je ne prends même pas le temps de laisser de commentaire chez toi :-(
J'en suis pas fière... mais tes billets sont tellement fournis en matière à réflexion que bah... je fuis lâchement. Je fais une grève de la pensée, que je sais pourtant si bien dénoncer chez les autres. Tu sais, une espèce de paresse intellectuelle. Bref, va falloir que je me reprenne.
En tous les cas, ici, au boudoir, oui, j'essaye d'être le plus sincère possible.
Passe un bon dimanche.
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
ok... ça y est, je comprends ton pseudo :-)
Mouais, je ne suis pas vraiment d'accord. Le tous coupables m'a toujours fais chier je l'avoue.
J'ai un autre commentateur qui aime bien cette posture et on se prend souvent de bec (coucou pp)
Je refuse catégoriquement d'être associée avec la masse bêlante qui a mis sarkozi sur le trône. Je refuse de m’associer à ceux qui trouvent très bien la société consumériste qu'on nous a fabriqué.
Alors que j'étais plus jeune et en meilleure forme, je suis descendue dans la rue, combien de fois !!! En 83 pour les réformes de la fonction publique, de l'enseignement notamment !
Je n'ai jamais accepté, je l'ai ouvert plus souvent qu'à mon tour. Et ensuite bien sûr, on nous a bâillonnés, mon philosophe de mari et moi-même, parce que justement, on refusait de rentrer dans les rangs. On nous a isolés, décrédibilisés... au su et vu de tous sans que personne n'intervienne.
Ok, la leçon a servi.
Alors tu vois, le coup de tous se ressembler, d'aller manifester contre soi-même, non merci, ça ne passe pas, ça me fait même méchamment réagir.
C'est un peu comme la théorie du 50/50 dans les conflits. Ouais, parlons-en aux femmes violés, aux enfants battus, aux ouvriers maltraités... 50/50 mon cul si tu me permet ce petit écart de langage.
Par Nath le Dimanche 19 février 2012
Un clash comme un volcan en couvance qui a écarté violemment la terre qui le renfermait.
Je crois que ce que tu es aujourd'hui, c'est grâce aussi à eux. Je m'explique car cette phrase-pensée peut avoir un accent saugrenu.
Un enfant naît dans un terreau , celui de la famille. Il ne sait pas qui il est, on ne sait pas qui il est. Il n'a pas la parole, il est entièrement dépendant et les parents font regardant ce petit ce qu'ils pensent être bon. Püis ils font ce qu'ils n'ont pas conscience qu'ils font, ces gestes, ces regards, ces paroles qui sont " hors d'eux " ou plus justement " bien en eux", derrière une sorte de paravent inconscient. Ils ont été aussi enfants à une période où c'était encore pire pour eux que pour nous je crois.
( bon, attends je relis, rires).
L'enfant grandissant a dans sa veine toute la puissance de la vie qui coule, puis miracle, un cerveau, antre, grotte des questionnements.
Un enfant a envie de parler, de questionner et la famille ( dans son bel aspect ) répond avec ce qu'elle sait et ce qu'elle croit . Sauf, qu'un enfant n'est pas un miroir.
Et dans une fratrie, il y a celui qui a en charge ( autant te dire que je crois beaucoup à la place inconsciente qui est donné à chaque enfant dans une famille) de faire exploser tout ce qu'il y a autour. Rires, tiens et si c'était toi ? J'ai une amie qui a exactement, ou presque, le même parcours...et il y a eu le même clash. C'est peut être un pur hasard, mais il m'interpelle...et bien entendu, vous êtes différentes et l'histoire familiale n'est pas la même.
Ensuite, dans cette fratrie, il y a ce que tu vois et perçois chez tes soeurs ( ?) et frères. ILs sont ce que tu ne veux pas être, ce contre quoi tu t'élèves. Donc ils te permettent de te voir toi et de connaître ça de toi .Et eux , peut être voient en toi ce qui les dérange, donc tu les aides à se voir eux.
En réalité, je pense qu'aucun passé ne peut être oublié. Je pense que nous sommes puisque nous avons été. Imagine toi te réveiller d'un accident et être devenue aménésique ...ça doit être sacrèment galère de ne plus être alors qu'on respire encore.

Personnellement, j'ai été un enfant - miroir . Le même visage que celui du frère pendu. Je le sais car je l'ai vécu, je le sais aussi car maman n'a pu me dire que c'était moi sur une photo, elle voyait mon frère . Moi, je savais que c'était moi et à quel endroit la photo a été prise. Là, j'ai pris conscience encore plus ce jour là du cataclysme que ça a du être pour elle de me voir tous les jours.
J'en ai bien entendu souffert, puis j'ai pris la route de la compréhension. Et depuis quelques mois, maman il me semble, après 35 ans de disparition du fils, me voit , m'embrasse comme sa fille, vivante celle-là. Et là, elle se pose en paix dans les relations très douloureuses qu'elle a eu avec sa mère. Comme quoi, tout arrive, et j'en ai moi aussi ressentie une profonde paix.
Donc, oui, aujourd'hui, je crois savoir qui je suis, qui je ne veux pas être, surtout !, et chaque jour m'amène finalement son lot de questionnements, demain, je ne sais pas encore. Et si j'en suis là aujourd'hui, c'est bien parceque mes premiers pas furent faits là bas, et rires, j'ai dérangé beaucoup parfois, souvent !
Des bisous bleues tendres
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
Oui à tout bien sûr belle poète.
Oui bien sûr, la famille est le nid dans lequel nous commençons par puiser nos forces vives qui nous permettront, ensuite, de nous dégager des autres.
Oui, indéniablement, comme toi, je crois que chacun a une place particulière au sein de la fratrie. Je ne sais pas qui la fabrique, comment tout cela se met en place, mais je l'ai constaté trop de fois, chez moi et ailleurs pour le nier.
Oui aussi, de manière éclatante, j'ai été celle qui les a empêché d'être lâches en rond (j'adore cette expression que j'ai piquée à Loup), d'être hypocrites sereinement (hihi celle-là elle est de moi). Bref, j'ai été celle qui faisait que ça ne roulait pas comme ils l'entendaient.
Je l'ai payé, souvent et plus je le payais plus ça nourrissait en moi ce sentiment d'être différente et plus je refusais ce qu'on me proposait et plus je me construisais.
Oui donc, c'est un rouage qui s'est fabriqué là et dont je suis sortie finalement telle que j'étais lorsqu'on a préféré me laisser sur le chemin plutôt que de me laisser encombrer encore leur présent.
Aujourd'hui ? Sur mes 2 frères et 2 sœurs (oui, 2 sœurs) j'ai retrouvé une sœur et ma mère bien sûre. J'ai un autre frère qui me parle encore mais je ne le supporte pas. C'est un vieux con prétentieux et bête (ce qui va souvent de paire tu remarqueras) mais pas méchant, c'est ce qui le sauve à mes yeux.
Les autres, qui ont été pourtant ceux avec lesquels j'ai été la plus proche peuvent crever en ce qui me concerne. Je n'ai pour eux que dégoût? mépris et colère. Le mal qu'ils m'ont fait est irréversible et si aujourd'hui j'ai su retomber sur mes pieds, ce n'est pas à eux que je le dois, mais à Loup et à moi-même.
Bien sûr, je ne veux pas qu'il leur arrive de mal, mais ça, c'est juste pour ma mère, pour ne pas qu'elle souffre, car elle je l'aime infiniment, comme si, tiens, j'y pense pour la première fois, comme si tout cet amour devenu orphelin s'était reporté sur elle.
Ma mère a ses défauts bien sûr (qui n'en n'a pas) mais elle est merveilleuse et elle m'a donné tout d'elle-même. Je suis parfois en rogne après elle, mais n'empêche, ces dernières années je lui ai menée la vie dure et elle est là, toujours là, encore là. Elle sera là toujours, même, hélas, lorsqu'elle ne sera plus.

Je lis ton histoire personnelle et comme à chaque fois ça me rentre dans le ventre profondément. Quelle détresse... quel imbroglio de sentiments destructeurs et constructeurs, quels tourments !
Mais tu sembles doté d'une nature particulièrement équilibrée, peut-être te vient-elle justement de ce que tu as du trouver la force d'avancer avec cet amour décalé. Je ne sais pas, je ne saurai jamais bien sûr, je suppose qu'il faut en passer par là pour connaître.
Je reconnais en toi la force des blessés qui ont décidé de garder le chemin droit et digne et surtout, oui surtout, de garder pour cap leur humanité. Des gens comme j'aime, tu le sais.
Toute ma tendresse.
Par Nath le Dimanche 19 février 2012
Ah, je suis rassurée, j'ai craint un instant que certains propos ne te posent question..

Je relève tout de même cette phrase qui m'a fait plaisir " sentiments destructeurs ET CONSTRUCTEURS " OUi, oui, constructeurs ! Ma nature profonde est celle-ci, tout me construit, oh j'ai été bancale longtemps, j'ai même eu une maladie qui me faisait boiter, donc c'est dire à quel point !
Rires, vrais et profonds, parceque c'est vrai que ce rire est réel et vient de loin...

Un jour, vois tu, j'écrirai sûrement une sorte de témoignage le plus simple possible sur ce syndrôme de l'enfant - miroir. Mais plus tard, car je ne veux pas que ma maman ait connaissance de ce que j'ai vécu au dedans du moi. Je préfère lui offrir des dessins et des poèmes.Et que nous passions des moments gentils ensemble.
Ce qui encore " me " reste, c'est le doute qui m'envahit lorsque on m'aime, ce doute puissant qui vient bousculer les " repères" que je me crée dans une histoire d'amour.
Et comme la vie est bien faite, mon compagnon du moment, a perdu la femme qu'il aimait juste un an avant notre rencontre. Je ne le savais pas vraiment j'en ai su et découvert la teneur tout à fait par hasard...ah le hasard, ce rendez vous avec soi même sur nos routes !
Là, j'ai dégringolé tout en bas de moi puis j'ai pris la décision de continuer, d'avancer avec lui, de le croire, ( j'allais dire de tenter, mais oui, c'est le terme, j'ai essayé)quoiqu'il en coûte alors que l'envie était forte d'arrêter, de peur que ce ne soit pas moi encore une fois qu'on aime mais que je ne sois qu'un miroir de plus. Tu vois ce que je veux dire ?
J'ai même pu lui dire que si j'avais su vraiment, j'aurais tu mon amour pour lui, j'aurais pris la fuite avec mes bottes de 10000 lieues.
Bon, nous sommes ensemble encore là aujourd'hui, pour longtemps j'espère...
Ma reconstruction passe aussi par cette étape. Savoir et ressentir qu'un je t'aime adressé est bien pour moi !
Bah, j'y arrive, rires, mais il y a encore du boulot ! ( je le sais bien...!)
Le ciel est bleu frais, hum, c'est beau.
Je vais ranger ma maison, tiens, c'est bien ça, c'est une bonne idée !
Rires de coquelicot vers toi !
Nath
Par pakita le Dimanche 19 février 2012
Il me semble que je comprends bien toute cette difficulté à savoir ce qu'il en est du regard sur toi réellement des gens qui t'aiment.
Ou se situe le regret, les souvenirs, les confusions possibles, et tout ce qu'on ne maîtrise pas dans nos sentiments !
Finalement tu as du puiser en toi tant de chose pour savoir qui tu étais sans pouvoir faire totalement "confiance" à ce que te renvoyais le regard de ceux qui comptent pour toi.
Étrange, vraiment ! Que justement tu tombes amoureuse d'un homme qui vient de perdre sa femme ! En même temps je ne veux pas en faire l'illustration d'un signe quelconque. Je crois pour ma part à la présence continuelles de hasard que nous avons souvent envie d'expliquer parce que par nature nous aimons l'ordre, nous aimons contrôler, nous aimons avoir le sentiment de maîtriser ce qu'il nous arrive.
Comme toi, j'attends que ma mère ne soit plus là avant d'écrire un livre sur ma famille. Je ne veux pas la faire souffrir et ce que j'ai à dire sur ma famille la fera forcément souffrir. Le problème ne se pose donc pas pour moi. Il y a, heureusement, des choix qui sont plus simples que d'autres dans la vie :-)
Il n'y a pas de soleil par chez nous, quoi que... Je suis installé à la table de ma cuisine, en face de moi Théo qui est en train de dessiner, Harold qui pianote sur son propre ordinateur et j'entends Loup jouer de la guitare dans la pièce d'à côté. Il y a des soleils qui rayonnent plus que d'autres finalement ;-)
Et puis, je finis de te répondre et hop, je file mettre les mains dans la terre... j'ai un nouveau petit rat qui est en train d'émerger ;-)
Par Axel. le Dimanche 19 février 2012
Bonjour Pakita,

Je n'ai pas lu les commentaires, juste ton petit mot à la fin, et je n'ai pas trouvé que ce billet soit triste.
Peut-être parce que je m'y suis reconnue dès les premiers mots (sauf que je n'ai pas eu à subir de revers aussi douloureux tout de même). Impossible de parler, d'écrire sur mon enfance. Enfin parler à la rigueur, en famille seulement, mais ça finit toujours dans les larmes au mieux, la colère et la rancune au pire, alors finalement non.
J'ai gardé ce sentiment, cette certitude même, que rien n'était plus fort que les liens du sang, qu'il y aurait toujours une main, que nous nous aimerions toujours et sans condition. Et pourtant cela n'a pas été vrai, cela ne l'est pas. Mais j'y crois toujours.

Et c'est exactement ce que j'ai ressenti dans ton billet : tu y crois toujours. Pour ta famille à toi, celle que tu as construite et préservée à tout prix.
Reste une adulte qui hésite à tendre la main de peur de la voir refusée certes, mais qui la tend malgré tout. Le boudoir en serait la meilleure preuve, et les mots que tu y laisses le confirment sans cesse. Même trahie, meurtrie, abandonnée, tu gardes confiance. Une confiance plus sélective mais pas tant que cela. Une confiance fragile d'autant plus émouvante et précieuse.

J'aime beaucoup ce texte. (Et aussi sa forme dialoguée, joli détour je trouve). J'aime en général ces interrogations sur nos blessures et ce qu'elles ont fait de nous...

Ça me rappelle les premiers films de Hal Hartley. J'étais bouleversée mais j'en sortais aussi plus confiante en l'humain, et tous les critiques, absolument tous, parlaient de pessimisme et de noirceur absolue...
J'ai fini par admettre une fois de plus que je n'étais décidément pas "comme les autres". Mais je crois de plus en plus que c'est une illusion, certains autres parlent juste plus fort. - Enfin, c'est hors sujet là ! et je ne parle évidemment pas des commentaires que je n'ai pas encore lus !
Par ppm00 le Lundi 20 février 2012
Ce billet me touche beaucoup, t'imagines. Et je l'aime bien car il ne porte pas de jugement. Tu ne juges pas, même ces enfoirés qui n'ont pas tendu la main, pesant le pour et le contre ou faisant des comptes. Je ne le trouve pas triste, juste réaliste.

De toutes manières, dis toi bien que les mains tendues ont souvent un prix à payer, parfois exorbitant (je vois ce que certains grands enfants supportent autour de moi ...).

Famille ou pas, on ne peut donner que ce qu'on a. Et il faut également se donner à soi-même, même si on a la chance d'être aimé, pour ne pas faire peser sur l'autre d'être le pourvoyeur de notre bonheur terrestre. N'est-on pas heureux de vivre à la base ?

Le sacrifice inculqué donne l'illusion de pouvoir donner au delà de ce que l'on a reçu, de prendre sur soi, on se dépouille en faisant ça.

Bien sûr notre enfant n'a pas demandé à venir sur terre, et nous tentons de donner ce que nous n'avons pas nous-même reçu (de la tendresse, de la présence, une écoute active et bienveillante, et pourquoi pas ce bout de pizza qui nous fait tellement envie).

Mais le cannibalisme économique et sa compulsion de consommation place la majorité des êtres dans une situation de famine émotionnelle : maman doit travailler, et en plus s'occuper de papa qui n'a pas vraiment été aimé par sa mère : de mère en fille la même malédiction et les mêmes victimes. Le "sacrifice pour les enfants" est fait de génération en génération en espérant briser cette malédiction, mais il semble que cela ne fonctionne pas, car ce sacrifice est immédiatement capitalisé par les pères.

Je n'excuse pas ceux qui ont le cœur tout sec, et j'en fais partie. Je me suis évadé de cette société cannibale, je ne profite pas de mon rôle de père ... et je refuse les dictats patriarcaux, j'essaie seulement de laisser les enfants rêver dans les arbres.
Par pakita le Lundi 20 février 2012
Quel beau commentaire ! Je ne sais pas par quel bout le prendre :-)
J'imagine que nous sommes un bon nombre a avoir subi les désillusions douloureuses de la famille et ma foi, j'imagine que la plupart s'en remettent. Peut-être que ce qui a surdimensionné le mien c'est qu'il s'est accompagné d'une suite de grosses galères et que j'ai pu voir sans aucun doute possible à quel point ma famille n'en avait rien à faire ! à quel point leur acte de me tourner le dos était réellement volontaire, assumé. Je n'ai absolument pas pu me mentir, me faire croire que ceci ou cela, non, même si j'avais voulu continuer à croire en eux par le biais d'une mauvaise foi ou d'un aveuglement quasi freudien, je n'aurais pas pu tant leur abandon a été éclatant et violent.
S'il n'y avait pas eu cette déchirure aussi net, va savoir si je n'en serais pas à la même "étape" que toi ! à remettre les choses au clair, mais au sein même de la famille, celle-là même donc sur laquelle tu ne peux plus compter.
C'est étrange je trouve qu'on puisse ainsi préférer souffrir en s'accrochant à cette idée.
Je pense que c'est juste une idée insupportable pour certain d'être abandonné par sa famille et qu'ils préfèrent vivre un cauchemar plutôt que d'admettre qu'en tout état de cause c'est bel et bien le cas, quand bien même persisteraient les réunions, les fêtes, les cadeaux, les discussions... l'hypocrisie en quelque sorte.
Et je me mets dans le lot bien sûr !! Car avant que le clash ne se produise ça faisait des années que je ne supportais plus ce rôle qu'on continuait de m'assigner, alors que des milliers de fois je l'ai refusé ! que je n'ai cessé depuis l'enfance de crier jusqu'à en pleurer qui j'étais, ce que je voulais être !
J'ai accepté cette forme de torture qu'est la négation de son être parce que j'étais persuadée que j'étais incapable de vivre sans famille.
Et puis vois finalement, après quelques années un peu difficiles, comme finalement je me sens mieux !
Tu dis que je continue à faire confiance, oui, c'est vrai, je crois que c'est dans ma nature profonde. Mais le contexte n'est pas le même bien sûr. Ici je suis enfin qui je veux, j'ai le sentiment de rester maître de qui je suis, je n'ai pas de rôle à jouer, je n'ai pas ce poids terrible du refus de mon identité, de mon être tout entier.
Mais c'est vrai que parfois je me demande ce que je suis en train de faire ! M'exposer de la sorte, prendre encore le risque d'une déception.

Je ne connais pas le réalisateur Hal Hartley, mais je vois ce que tu veux dire. Effectivement, ce billet n'était pas pessimiste ni particulièrement sombre, il est cru, surement, un peu agressif car ma colère contre eux est toujours présente, mais il était plein de vie, plein de fougue. J'ai le sentiment d'avoir gagné contre eux, contre cet ancien moi qui a toléré tout ça.
Pour finir, ce dialogue s'est imposé de lui même. Je ne suis pas très douée pour écrire des dialogues mais là, un dialogue intérieur, c'était me semble-t-il le meilleur moyen d'expliquer ce déchirement intérieur provoqué par cet "accouchement" forcé de ma famille, puis la libération qu'est le retour à la vie.
J'aime beaucoup ta dernière remarque.
Je t'embrasse.
Par pakita le Lundi 20 février 2012
Bonjour pp.
Oui, je suis d'accord avec toi, souvent (pas tout le temps, heureusement), les mains tendues finissent par avoir un prix à payer et effectivement, parfois exorbitant !
Tu dis : "...Le sacrifice inculqué donne l'illusion de pouvoir donner au delà de ce que l'on a reçu, de prendre sur soi, on se dépouille en faisant ça..."
L'idée même du sacrifice, alors que je le trouvais normal avant cela, m'est aujourd'hui insupportable !
Le sacrifice en temps de guerre, ou dans des conditions de survie, oui, je le conçois.
Mais le sacrifice familial, juste pour satisfaire une institution archaïque et souvent dénué de sa fonction vitale, je trouve ça intolérable.
Comme tu le fais remarquer, aujourd'hui il est vain d'imaginer pouvoir former les bases des familles d'antan, en tous les cas dans nos pays sur développés, sans même parler des familles éclatées et recomposées parfois à plusieurs reprises.
Et comment les enfants peuvent-ils respecter leurs parents lorsque la société leur marche dessus à tout propos ?! Lorsque les parents sont au chômage, pauvres, désespérés... et les enfants sans cesse tirés vers la surconsommation organisée !
On prône les valeurs de la famille et parallèlement on fait tout pour qu'elle ne soit pas possible.
Combien de drames sont nés de ce simple décalage ?!
Par Ln le Mercredi 22 février 2012
j'ai du mal à laisser un commentaire après une 1ere lecture, tellement tes textes me prennent les tripes. Et y a des fois où même en seconde et troisième lecture, j'ai les yeux embués et les mots mal adaptés. je repasserai ...
Par pakita le Vendredi 24 février 2012
Ne t'inquiètes pas Ln, tu passes, tu lis, tu repars... je sais que tu es là et c'est bien.
Y'a des fois les mots ne sont pas là, ça ne veut pas dire qu'on s'en fout !
Ce texte ne m'a pas fait de mal, il est sorti brut comme ça, mais ne m'a pas remué les tripes, ne m'a pas fait faire de cauchemar, ne m'a pas fait pleurer. C'est là que je constate les progrès phénoménaux que j'ai parcouru depuis l'ouverture de ce blog. Il n'y a pas si longtemps, je ne pouvais pas évoquer ce moment de ma vie sans pleurer comme une madeleine.
Aujourd'hui, reste de la colère, mais de la bonne colère, pas celle qui lamine et prend toutes tes forces, non, celle qui t'empêche juste d’oublier ce qui ne doit pas l'être. Celle qui te garde vivant et en alerte.
Mais peut-être que ce texte te rappelle des choses que tu as vécu toi-même. Auquel cas bien sûr, c'est complètement différent.
Je t'embrasse.
Par Angèle* le Dimanche 26 février 2012
J'ai bien aimé lire ton texte, Pakita, parce que j'ai le sentiment que ça t'a fait beaucoup de bien, consciemment ou pas, de l'écrire; sortir certaines choses, c'est toujours positif, ça fait comme un petit bilan sur le moment.
Il faut que j'avoue quelque chose, le mot " famille " est un mot qui m'a toujours fait rêver: le prononcer dans ma tête, imaginer tout ce qu'il peut représenter, ça peut m'occuper de longues minutes! Effectivement, dans l'idéal, ça doit être le paradis de pouvoir compter sur les gens de votre sang, de partager de l'amour, etc...dans la réalité, j'ai l'impression que c'est du vent chez beaucoup de gens, je le constate dans beaucoup de " familles ". C'est pas parce qu'on a partagé un ventre que l'amour réciproque est acquis.
Par pakita le Dimanche 26 février 2012
Oui ce texte m'a fait du bien, tu as raison.
C'était étrange d'ailleurs car lorsque je l'ai relu pour corriger les fautes, je me demandais pourquoi je ne pleurais pas. Incroyable non ? Je lisais ce qui en d'autres temps m'avait détruite, m'avais laminée, et puis non, c'est comme si bel et bien la porte était refermée là-dessus. Ce n'est plus qu'une analyse, un récit comme un autre. J'ai besoin d'en parler encore pour comprendre, pour ne pas oublier aussi, pour savoir le chemin parcouru ! Mais je me sens forte aujourd'hui face à ça.
Sinon oui, je comprends que tu aies une autre façon d'aborder le mot "famille" tout comme Loup qui n'en a pas eu (ou si peu).
Mais mon expérience n'est pas celle des autres ! La famille, c'est ce qu'on en fait, c'est tout, tout comme les relations d'amitié ou d'amour.
Je sais que je n'ai pas reproduit ces schéma avec mes enfants et que MA famille est beaucoup plus équilibré et surtout que nous sommes vrais les uns envers les autres. ça veut dire que c'est possible.
D'ailleurs regarde celle que tu as faite toi aussi ! Comme elle est belle, comme elle te ressemble, toi,telle que tu as voulu être.
J'aime beaucoup ta dernière phrase.
Je t'embrasse.
 

à vous









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://www.pakita-boudoir.com/trackback/3168609

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

Créer un podcast