'ai vidé le camping-car.Tôt ce matin, un noeud au ventre, j'ai ressorti les valises, les sacs et j'ai enfin retiré les vêtement, les affaires de toilette, la pharmacie, le fond de cuisine, les livres, cd, et tout ce qui était là depuis le début de l'été en vue de notre départ.
Hier j'ai compris que nous ne partirions pas.
Que nous ne partirions pas comme nous l'avions prévu, tout d'abord dans l'urgence, puis plus posément, dans la réflexion.
Je voudrais que ce soit simple a expliquer... Mais en vérité, tout est bien plus complexe que ce que de simples mots peuvent exprimer.
Le Hymer n'est pas près. Je ne jette pas la pierre à Loup qui travaille dessus non-stop depuis plus d'un mois. Il n'est pas mécanicien, ni électricien... C'est juste un prof de philo qui s'est toujours démerdé pour tout réparer en apprenant sur le tas.
Mais là, trop c'est trop, la turbo, le cardan, les freins, le système électrique, le chauffage... j'en passe et j'en passe.
On s'est encore fait avoir avec ce camping-car, comme on s'était fait avoir avec notre maison, avec notre ancien camion, avec cette région, le poste de Loup en Maurienne, et tant et tant d'autres choses qui nous ont claqué dans les doigts.
Est-ce nous ?
Est-ce qu'au fond de nous nous sommes incapables d'amener quelque chose à terme ?
Est-ce que nous sommes définitivement enchaînés à nos erreurs, à notre fatigue ?
Je suis en colère. En colère contre moi.
Je suis en colère d'y avoir cru ! Oui, voilà.
C'est la phrase qui rebondit et rebondit encore dans ma tête depuis que je me suis couchée hier, depuis que nous nous sommes disputé avec Loup, parce que c'est un sujet que nous n'arrivons plus à aborder calmement.
Trop de douleur, trop de peur, trop de déception, trop de fatigue, trop de doute, trop d'enjeu !
Nous sommes dépassés.
Et moi je me retrouve ici, avec mes projets à la poubelle, avec mon courage inutile, avec ma maison à moitié pleine à moitié vide.
Des cartons, des valises, et ce temps devant moi qui s'ouvre sans rien de précis où poser mon avenir.
J'ai envoyé mon fils à Chambéry parce que j'étais sûre de n'être plus là à la rentrée.
Et ce matin je tourne en rond dans sa chambre vide et j'ai envie de hurler !
J'attendais d'être dans le hymer avec Théo pour entamer son apprentissage de la lecture et de l'écriture.
Rien n'a vraiment été fait... toujours dans l'attente... dans l'attente de ce qui ne veut pas venir.
Septembre arrive, avec lui le contrôle de l'inspection académique,
Ce matin je ne crois plus en rien, je ne crois plus en moi, je ne crois plus en nous.
Je nous vois comme de pauvres vieux malades, à la traîne, bien trop abîmés pour rejoindre le flot, mais trop naïfs pour s'en rendre compte !
J'essaye de me dire que ce n'est pas si grave. Que je n'en suis plus à un hiver près ici !
Mais au fond de moi j'ai tant de rage, tant de colère, tant de....
Mes enfants me manquent tant !
Tout ce qui était supportable parce que mon fils était là... comment vais-je le vivre ?!
En même temps, j'ai le sentiment de l'avoir mis à l'abri.
Au moins va-t-il vraiment vivre et non plus végéter ici avec nous, dans ce marécage, dans cette boue, dans ce piège.
Je vois le camping-car par la fenêtre et je le déteste.
Comme tant d'autres projets qui nous ont claqué dans les doigts avant lui.
Il nous aura volé notre avenir, notre été, notre force.
Je ne sais même pas si je crois encore au boudoir.
Je ne ne crois plus en moi.
Et ça, c'est la première fois.
* Illustration : Harold

























Repose toi un temps, mets l'idée de l'hymer de côté un temps aussi, vide ton esprit qui est focalisé sur une "seule marche à suivre", et d'autres solutions viendront à toi.. Prends du recul, détends toi.. Courage, on est là, bisous